plan du site | forum | information | publicité | web design | annuaire | partenaires | on parle de nouscontact

News :  Vendredi 20 janvier 2006.  Nous vous proposerons, pour un événement exceptionnel pour trois anniversaires uniques : les 10 ans du magazine @xé libre, les 1 an de l'association Open Yür Mind et les 5 ans du Réseau Junglistic Sistaz : une Live’n’Mix Session « Girls on Fire ». Autant dire que pour cette soirée de la rentrée, les filles vont mettre le feu sur la Seine à bord du bateau Nix Nox…  EN SAVOIR PLUS !

Voir le diaporama de la soirée précédente

  Rechercher sur @xé libre :

 
> accueil > musiques > benoit_delbecq
open yür mind arts plastiques  scènes   littérature   média   galeries   annuaire   forum

   Burning Heads

   NRA

   High Tone

   Tiken Jah Fakoly

   Legendary Pink Dot

   Uz Jsme Doma

   Girlschool

   Eric Barbezan

   Sriracha, de la rage...

   Amon Duul II

   Les Phonogénistes

   Oneyed Jack 

   L'âge d'or des castrats

   Pink Martini

   Lena Kann

   Led Zeppelin & mongols

   Joao, fado et piano

   Afrique, le retour...

   Les archives

 

  Akosh Szelenényi

   Birdy Nam Nam

  Bugge Wesseltoft

  Benoît Delbecq

  Daipivo, le reggae engatsé

  DJ Momo, le retour du...

  Eric La Blanche

  François Hadji-Lazaro

   HitchcockGoHome!

   Hubert-Félix Thiefaine

   Jadallys, rock féerique ?

   Jef Sicard

   Kontra, DJs from Sarajevo

   La Ruda Salska

   Lulendo

  Nathem

   Mass hysteria

   Massilia sound system

   Nils Petter Molvaer

   Paolo Fresu

   Philippe Bas

  Pleymo

   Sanseverino

   Sayag Jazz Machine

   Tarik'n'Djamel

   Vendetta

   Les archives

 

   Asso : liFe liVe

   OpenYurEars : Drum'n'Bass

   OpenYurEars : Hardcore

   OpenYurEars : Jazz

   OpenYurEars : le split

   Festival : Vieilles Charrues

   Lieu : La Scène Bastille

   Lieu : Le Nix Nox

   Lieu : La Passerelle

 

   Akosh - Kebelen

   A.S Dragon - Spanked

   Bad Comfort - Postplatz EP

   Bugge Wesseltoft - Moving

   DJ Krush - Zen

   Erik Truffaz - Mantis

  Karin Clercq - FemmeX

   Liquid - Fairtune

  Massive A - 100th window

   Muse - O of symmetry

   Bedouin, As Above 
   As Below

   X-Syndicate

   Slayer - God Hates US

   Llorca - New comer 

   Jamiroquai - A funk O.

   The Strokes - Is this it

   Radiohead - Amnesiac

   Sayag - Anachromic

   Les archives

 

   Nusrat Fateh Ali Khan

   George Michael

   Betty Davis - B Davis

   Miles Davis - Tutu

   Deftones - Adrenaline

 

   Steve Lacy

   Jazz électronique

   Classic Jazz

 

 

 

 

print

Benoit Delbecq

Interview 

Benoît Delbecq
Né en 1966, le pianiste Benoît Delbecq est l’une des nouvelles voix de la scène créative du jazz en France qui s’est développée depuis 1990 autour du club Les Instants Chaviré de Montreuil sous Bois. Outre plusieurs participations dans diverses formation comme Ambritroniques du collectifs HASK, Benoît Delbecq dirige son propre quartet : Paintings.

@xe libre : Comment es-tu arrivé à utiliser les nouvelles technologies ?

 

Benoît Delbecq : Depuis l’âge de15 ans, j’ai toujours programmé des synthés. Quand j’étais au bahut, je programmais déjà des DX7… L'utilisation de machine semble être quelque chose de nouveau pour beaucoup de gens mais pour moi çà ne l’est pas du tout. Si pendant dix ans je me suis concentré sur le piano, c'est parce que mon imaginaire y était lié… Il y a 6 ou 7 ans, on jouait en Angleterre avec The Recyclers et je trouvais que la scène pop redevenait créative. J’étais coupé de cette scène depuis dix ans, ça m’a donné envie de prolonger mon travail du piano préparé au sampleur. Le sampleur permet de réutiliser les travaux précédents… de les recycler en quelque sorte.

Peux-tu nous expliquer brièvement ce que tu cherches à faire dans ta musique.

On cherche à faire exploser les structures de composition, à déstructurer la musique en lançant des rythmes différents les uns dans les autres…

Ambitroniques sur scène c’est 4 musiciens, comment ça se passe ?

 

Avec Ambitroniques il n’y a rien d’écrit, c’est que de l’impro. On a commencé à jouer avec Steve en duo, çà s’appelait déjà Ambitroniques mais depuis Hashley et Req nous ont rejoint.

 

Le propre d' Ambitroniques c’est l' improvisation. C’est différent du quintet pour lequel j’ai composé des musiques et avec lequel on réfléchit sur le lien entre ce qui est écrit et ce qui est improvisé ( On travaille sur l’écriture comme déclenchement de l’improvisation ). Au sein d’Ambitroniques, on construit au fur et à mesure, Steve se sample lui-même par exemple. Après on recycle nos bandes…moi dans les samples je prends un micro bout de concert, d’une texture sonore qu’il y a eu à un moment et je vais l’intégrer comme un nouveau timbre et le prochain concert je vais jouer avec çà.

C’est une réinjection permanente, tu ne pars donc pas machines à vide ?

 

Je ne peux pas partir machines à vide, j’ai des disques, du zip avec des trucs. Avant chaque concert, je vais mettre des sons que je n’ai jamais utilisés…c’est çà qui était déplorable avec la sortie du DX7 et de tous les sons d’usines, combien j’ai entendu de disques avec le son numéro 11… maintenant chacun peut chercher ses propres sons. On est vraiment dans une phase de nouveau créative.

En fait vous fonctionnez en réseau ?

Il y a un réseau entre Ambitroniques mon quintet et Cadiot. C’est avant tout des humains, des gens que j’ai croisés au fur et à mesure, des gens qui m’ont fait connaître des choses que je ne connaissais pas et çà c’est déjà un réseau. Req par exemple, c’est quelqu’un qui a une approche de la musique pas du tout de l’ordre que je peux avoir moi, Steve ou Hashley, qu’est un truc lié a l’enfance, l’adolescence…Req a découvert les platines après voir fait plein d’autres choses comme du graf et de la dance break beat. Donc il a une oreille qui vient d’un autre réseau et çà m’intéresse. Comme moi je suis très intéressé pour travailler sur la mémoire de l’auditeur…la mémoire à court terme, la mémoire vraiment vive et la mémoire collective avec les vinyles notamment. Tu balance un bout de Duke Ellington et pour peu que t’ai un oncle qui écoute Ellington, çà te replonge dans des trucs : çà c’est le sample du passé et puis il y a le sample privé que tu vas prendre dans ton propre réseau et réutiliser avec d’autres. C’est une façon de concevoir la musique qui est très basée sur l’amour du collectif et c’est en même temps une philosophie Deuleuzienne, je pense à un bouquin qui s’appelle milles plateaux  qui parle de la notion de rhizomes donc de réseau qui s’entre communiquent, c’est un peu une grande boucle pour moi .

Tout l’essor des musiques électroniques a fait que l’intérêt des 18-25 pour les musiques improvisées a changé ces dernières années. On commence à voir des gens de cette génération venir à nos concerts et qui acceptent complètement des sonorités particulières, complexes et riches par le fait que dans une certaine scène techno ou trip-hop il y a déjà çà, et du coup çà relance la curiosité chez certains. Les réseaux commencent ici à se former, il se passe quelque chose au niveau de l’ouverture d’esprit. On peut voir les mêmes gens qui vont en free et à un concert  d’Ambitronix, alors peut être que je rêve mais les frontières ne m’intéressent pas. »

J’ai eu l’impression que votre prestation avec Ambitroniques était davantage trip hop que jazz ?

 

On a joué notamment au festival de Shelenham, devant 600 personnes et tout le monde dansait…donc selon ou on joue et ce qui se passe dans la salle, il se passe des choses. En Angleterre les gens, qui ont une culture du clubbing, se mettent à danser, si tu joue à Banlieues Bleues çà se passe pas comme çà parce que c’est une salle de concert. Donc nous on ne se pose pas plus de question que çà.

Je vous avais déjà vu l’an dernier et votre prestation m’avait d’avantage parue tenir du free jazz ?

 

Le mot free, faut s’en méfier, parce que à partir du moment ou on a franchi la structure harmonique fixe on appelle çà du free, mais c’est très dangereux, çà entraîne classification et rejet. Ce qui est important c’est qu’il y est un public qui suive, çà permet de continuer de chercher et çà c’est génial, alors après que du joue pour la fête d’un village ou dans une boîte à Londres c’est pas très important.

Est-ce que la démarche avec ton quintet est complémentaire de ton travail avec Ambitroniques ?

 

Ce que l’on fait avec le quintet apparaît comme une musique qui n’est pas mesurée dans le temps, mais en fait c’est complètement mesuré. C’est a dire qu’on crée des illusions, on donne l’impression qu’on ne sait plus ou est le rythme, il faut choisir quand on l’écoute.

Alors la différence c’est que dans le quintet, le rythme, il est proposé et notamment dans le fait que l’on superpose les vitesses. Au bout d’un moment, l’auditeur va taper du pied a sa vitesse, et si tu regarde plusieurs pieds çà ne va pas être la même vitesse. C’est çà la Liberté de choisir tel beat ou tel autre.

Est-ce que le dancefloor t ‘intéresse ?

 

Quand tu assistes a un truc ou il y a un mec qui mixe de façon créative et que tu as 2000 personnes en situation de concert…bien sûr que çà m’intéresse . Sauf que le DJ a un retour direct, les gens dansent plus facilement

C’est sans doute grâce au beat régulier ?

 

Avec Ambitroniques ont a un beat beaucoup plus présent et clair qu’avec le quintet, la richesse de son est crée par la richesse des timbres qu’on va aller utiliser et le timbre c’est de la couleur et le rythme c’est de la couleur aussi sauf que l’échelle de temps n’est pas la même…çà revient au même. Alors après que le beat soit régulier, pas régulier…y a une école du free qui dit « faut pas jouer tempo » et une école dancefloor qui dit « faut pas jouer free » moi, tout çà j’en ai vraiment rien a foutre.

Les 2000 personnes qui dansaient, c’était dans la salle de chill-out du festival, on était ravi de jouer et le beat, j’adore çà

Pour moi la musique doit rester proche de la danse, alors c’est vrai qu’il y a des trucs de techno que je trouve franchement facho, un même artiste qui va faire 3 morceaux, il y en aura un qui ne va pas du tout m’intéresser, je le reçois comme une agression, par contre il va y avoir dans un morceau un truc qui va me faire tripper complètement et que je vais trouver complètement génial.

 

 

C’est parce que j’ai tendance a faire une dichotomie entre concert et dancefloor…

 

On nous a proposé a une époque ou on jouait au Cithéa de venir jouer dans des raves…on a dit oui et jusqu’à aujourd’hui çà se n’est jamais fait, je le regrette vraiment, parce qu’on aurait jouer différemment. D’autre part je trouve totalement intolérants les gens qui, au titre de l’esthétique vous disent que jouer un beat régulier c’est réac ou facho…intellectuellement s’empêcher de jouer un beat régulier…c’est grave : moi je joue ce qui me plait.

C’est dommage qu’on ne joue pas plus dans les boîtes à Londres, Hashley disait un truc « c’est facile de faire danser dans une boîte vu le volume », souvent quand les gens voient faire, ils dansent moins…on avait remarqué çà au Cithéa ; Dès qu’on arrêtait de jouer et que le DJ envoyait un disque, tout le monde dansait. C’est un truc auquel on réfléchi…mais ou doit-on jouer ?

Magazine en ligne oblige : est-ce que tu te sers du net ?

 

Oui bien sur, j’ai une utilisation qui est vraiment liée à mon travail et çà m’arrive quand j’ai besoin d’un truc d’aller le chercher sur le web et l’e-mail évidement pour nous c’est hyper important…on est loin les uns des autres, c’est absolument génial. Mais je ne suis pas un surfeur, je me sers du net avant tout pour le travail. Un site que j’aime bien c’est le site du FENEC sur la musique improvisée. Tout ce qui est MP3, site de vente ne m’intéresse pas tellement parce que je n’ai pas le temps. Avec notre collectif, on a un site mais on ne vend pas de disques parce qu’il faut quelqu’un pour s’en occuper.

Quel est le disque qui a du mal a sortir de ta platine ?

 

Il n’y en a pas, çà fait des année que j’achète pas de disque…j’en achète 3 par mois. Je connais des choses qu’on me fait écouter, çà peut aller du mec à la fin d’un concert qui me demande si je connais tel artiste, alors je demande à un pote s’il a pas un disque…au bout du compte tu finis par connaître beaucoup de chose comme çà. En tout cas je ne suis pas un bon client des magasins de disques.

Alors ce que j’écoute en ce moment…(il ouvre la platine cd) c’est Ligeti, le fils du compositeur Lucas Ligeti dont je suis fan depuis que je suis ado. Son fils m’a appeler un jour, on s’est vu et il m’a donner çà, il vit entre NY et Abidjan et fait des trucs avec des musiciens africains…on a fini par jouer ensemble.

Ce disque n’est pas distribué en France, j’ai beaucoup de disques qu’on trouverait jamais en France, sur des labels obscurs par les rencontres que je fais dans mes voyages. Souvent je rentre de tournée, j’ai quinze disques…du Japon, du Canada. Au Japon il y a des trucs de martiens, vraiment incroyables.

Je vois un Charlie Haden et un disque Ocora les un sur les autres.

 

Un vieux Chick Corea, un Paul Bley, Noir Désir, Coltrane…j’achète autant Fat Boy Slim que des chants d’Ouganda.

Un label préféré ?

 

Je pense qu’il y a pas mal de labels qui font un super travail, ils manquent de force commerciale, et nous aussi …et puis les journalistes sont aussi des gens qui n’arrivent pas a gagner leur croûte, tout est lié. Il y a une espèce de confrérie dans le milieu des musiques improvisées, qui n’est pas du tout fermée, et qui donne une ambiance chaleureuse. Cà aide parce que c’est dur de ramer pendant quinze ans…je vis de la musique que je fais, c’est génial, mais c’est incroyablement difficile…

Peut-être faut-il faire de la dance…

 Il y a une différence entre les gens qui font de la musique pour çà et ceux qui font de la musique pour eux. La musique est avant tout liée à l’idée d’un rêve, moi je rêve la nuit de musique, si je joue comme çà c’est parce que j’en ai rêvé. Alors c’est pas du jour au lendemain que tu joues comme çà, entre ce que tu rêve et ce que tu sais faire, il y a évidemment des années de travail. Le tout c’est d’avoir dès le départ du travail, c’est ce que je dis quand j’enseigne, une idée de ce que tu veux faire, même si t’as peu de moyens techniques il faut déjà t’entraîner à penser à ce que tu veux jouer dans cinq ans. Actuellement je joue avec Ambitronix, mon quintet, avec Caterine et plein d’autres trucs…mais je pense déjà à la suite.

Tu peux aussi faire de la musique comme un métier au sens propre c’est à dire avoir un savoir-faire et te faire payer ce savoir-faire…moi ce n’est pas ma façon de travailler, je vis de ma musique mais j’ai plus une approche d’amateur.

The last one : Qu’est ce que tu me poserais comme question si on inversait les rôle une minute ?

 

Il me semble que je te demanderais comment t’es venu à faire ce que tu fais, comment c’est déclenché l’appel…

 

Je te pose ta propre question.

 

J’ai eu envie très jeune de faire de la recherche. J’ai la chance ado de rencontrer des gens qui m’ont fait découvrir plein de chose et surtout d’aller à Paris assister à des concerts ou je voyais la musique que je trouvais d’une immense beauté se jouer devant moi, çà me touchais très profondément. J’ai fais des études d’ingénieur du son puis je me suis rendu compte que j’avais envie de jouer, pas d’être derrière. Cà et les rencontres m’ont conduit à faire ce que je fais. La somme des expériences et des rencontres, c’est humain avant tout et la façon dont tu vas répondre à quelque chose qui t’interpelle…et le plaisir. Le plaisir de jouer est immense, pour moi le plus dingue musicalement c’est l’époque de la découverte et ce qui est génial c’est que quinze ans après, après toute la phase de travail, tu as à nouveaux la pensée qui est dans la globalité, quand tu joue tu ne réfléchi plus. Tu retrouve un état de spontanéité adolescent, avec une liberté énorme. 

 

Pour en savoir plus :

           

 

 

 

C’est ce je dis aux élèves : Travaille à être libre plutôt que de t’attacher à des idiomes. Par exemple Herbie Hancock, c’était un musicien ce mec, il n’y a pas deux pianistes comme lui dans le siècle et je l’adore, mais jamais je ne pourrais, jamais je n’ai voulu mémoriser des phrases de lui. Il y a beaucoup d’apprentissage du jazz qui est fait sur la mémoire, le sampling mémoriel, sauf qu’après on dit que c’est du jazz moderne, mais c’est pas moderne du tout t là c’est le marketing qui prend une place énorme…avec Ambitroniques ont est à des kilomètres de çà.

Propos recueillis par Laurent Vuillaume
Photos


Galeries Photos


Les Vieilles Charrues


Teknival Marigny

 
Summer Breeze


Sziget Fesztival

 

Inscription à la NewsLetter


 

Vos intérêts : 

Concerts & soirées

magazine

Photos

 Vos commentaires : 
        

 
 

copyright© 1999 - 2005 - @xé libre / Open Yür Mind (association loi 1901)

 Bureau : 21 avenue Secrétan - 75019 PARIS