|
Betty
Davis , à ne pas confondre avec Bette Davis, l actrice aux lourds yeux
noirs du film Eve , devait son patronyme à un
personnage quelle avait épouser alors quil sessayait de plus en
plus à lélectrique : Miles Davis, tout simplement. Son visage
apparaît dailleurs en couverture de Filles du
Kilimandjaro , album
du second quintet de Miles Davis Aux yeux de Miles, Betty était,
paraît-il, un peu trop au goût dun autre génie de lélectrique :
en 1969, Jimi Hendrix côtoyait en effet le couple Davis. Tout ça pour
situer dans son époque celle qui enregistra à San Francisco un album
explosif au nom redondant, Betty Davis , et ne laissa guère
de trace discographique par la suite.
Au
cours de cet album et sur fond de riffs gras de guitares, Betty Davis ne ménage
pas sa voix. Elle use de toutes les inflexions de la voix (suffocations,
accents nasillards, voix rauque, mots étirés jusqu'à livresse) pour
évoquer lessence même du funk et cela sonne juste. Tout le contraire
des envolées vocales appuyées et faussement sincères des grandes
voix de la bande FM. Le funk transpire donc par sa voix comme
dans Anti love song , où elle lâche un très
suggestif I know you could have me shakin mi - soupir, mi -
geignement.
Lalbum
ne contient que huit titres et ne dure que 30 minutes mais cest un véritable
concentré de funk porté par les lignes irrésistibles de Larry Graham,
bassiste de Sly&the family Stone. Si vos pieds ne décollent pas sur
Ooh yeah , vos jambes ne vous le pardonneront pas. Il
faut signaler que la production avait été soignée. Pas moins de
quatorze instrumentistes (guitares, claviers, section cuivre, percussions)
et huit chanteurs et chanteuses sont réunis sur cet album pour étancher
la soif de pulsions sonores de Betty Davis. Cette énergie collective attisée par la présence de Betty Davis
donne son aspect si charnel à cette album éponyme. De They
say I'm different à Nasty
Gal,
les autres albums de l'espiègle diva viendront préciser cette identité,
on l'aura compris, un brin polissonne.
Alexandre
Duval
|