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Quand un premier album se révèle être une jolie surprise tant par ses musiques que par son
écriture, qu'on y découvre une vraie personnalité et que ce disque est enregistré live, on se demande bien sur quel registre son auteur pourrait encore avoir à faire ses preuves. Voilà brossé à gros traits le cas de la Nantaise Jeanne Cherhal dont le second opus sort alors qu'elle est en pleine tournée. Durant son enregistrement, elle a reçu l'appui du
"grand frère", l'insatiable Vincent Segal, violoncelliste recherché et arrangeur sur cet album.
Dans ce nouvel album, on découvre Le petit voisin, chronique tendre et lucide du nid douillet et enfumé de la vie étudiante qui permet de vérifier que la générosité de la chanteuse n'est pas resté au seuil du studio.
Contrairement à ses confrères masculins, commentateurs plus ou moins acides de leurs contemporains et de leur quotidien, Jeanne Cherhal exprime ses sentiments à la première personne comme sur
Sad love song
ou Chien de faïence. Pas de fausse pudeur. Jeanne Cherhal est une femme, Jeanne Cherhal signe une ballade sur l'horlogerie interne des femmes :
Douze fois par an, titre éponyme.
Côté musique, on pourra trouver Parfait inconnu, un poil balloche mais ce sont surtout certains textes qui semblent en
deça du talent de Jeanne Cherhal, rendant bancals certains morceaux. Les presque sept minutes de
La station
sont un peu longues pour faire revivre de manière exaltée les visites en famille d'une station d'épuration. Plus simple et plus juste, le tendre duo avec Jacques Higelin qui conclut l'album. Deux couplets, pas plus, pour installer une atmosphère et évoquer ce qui nous trotte dans la tête les nuits d'insomnie. Une économie de mots salutaire dont l'album reste un peu trop souvent privé. Le discours semblant, pour l´instant, jaillir moins naturellement en studio que face au public.
Alexandre Duval
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