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© Elo B

Devenu aujourd'hui l'un des meilleurs producteurs français, signé sur de nombreux labels d'outre-manche, c'est pourtant pour ses mixes éclectiques que Redeyes a d'abord été reconnu. Rencontre...

 

Tes influences musicales sont plutôt afro-américaine, comment as-tu découvert la Drum'n'Bass (DnB) ? Quand as-tu commencé à mixer ?
J’ai découvert la Drum’n’Bass en 1996-97, disons naturellement dans la continuation de ce que j’écoutais à cette époque : Hip Hop, Trip Hop, Breakbeat,... J’écoutais souvent la radio (FMR, Campus) alors que Le Lutin, Kush, Peyo,... animaient les 1ères émissions Jungle. Puis, il y a eu les soirées Jungle Fever au club Bikini organisées par le Dragon Crew. J’ai tout de suite accroché cette musique qui rassemblait un peu toutes mes influences. Le chavirement total eut lieu avec la sortie de l’album Reprezent de Roni Size "New Forms" : je devenais accro !
L’envie de mixer m’est venue lorsque j’ai vu DJ Food ici à Toulouse lors d’une soirée Ninja Tunes, en 1996 je crois. Ils étaient deux, avec quatre platines, l’un en face de l’autre : bloodclat ; j’avais jamais vu ça ! C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à acheter des disques et que j’ai squatté les platines des potes ; les MK2 étaient bien trop chère à l’époque… Remarque, j en ai toujours pas aujourd’hui… ;)
J’ai donc commencé par mixer un peu de Hip Hop et des morceaux du label Ninja Tunes. C’est à partir de 1997 donc que j’ai commencé à acheter mes premiers disques Drum’n’Bass (Warhead, Funktion,...).
Puis l’envie de produire m'est venue progressivement. Une fois que tu sais mixer, t’as envie de passer a l’étape supérieure, c'est une évolution logique, quelque chose de vital quand tu es passionné par cette musique. Mais pour ça, il fallait se payer un ordi… C’est donc aux alentours de 2001-02 que je me suis enfin acheter un portable et que j ai commencer à faire mes armes dessus...

Tu as intégré Central Massive en 2004 : Comment s’est faite la rencontre ?
A Toulouse, tout le monde se connaît, il n y a donc pas vraiment eu de rencontre précise. Si ce n’est qu'un soir, lors d’une soirée avec Hive, où tout le monde était plus ou moins éméché, Brooxs et Youthman ont débarqué et m’ont parlé de leur projet Central Massive, blah blah producteurs blah blah, DJs blah blah.... Leur but était de former un mini collectif basé sur des bons DJs / producteurs et surtout avec des gens simples…

Quel a été ton investissement dans la compil ? J’imagine qu'il y a eut des galères, des bonnes nouvelles… : une anecdote à raconter ?
Ma mission dans cette compil était de faire le mix, ce qui est déjà pas mal !
Le projet est né il y a deux ans et on a, depuis, passé tout ce temps a faire des essais, on voulait pas se planter. Et puis il est vrai que nos morceaux étaient un peu "jeune" au début. Cela a donc été en notre faveur d’attendre le bon moment : d’avoir les bons tracks pour le faire et la bonne sélection qui va avec.
Après, je ne m’étends pas sur les histoires de tracks qu’il ne faut pas mettre dedans pour X raison, les problèmes de pochettes, de masterings,... Parce que c’est sûr, des galères t’en a tous les jours avec ce genre de projet ! Et d’ailleurs, c’est pour cela que l’on est fier du résultat. Quand on se replonge deux ans en arrière, il n’y en a pas beaucoup qui auraient cru qu’on en soit réellement capable…

Tu es aujourd’hui l’un des meilleurs producteurs français, signé sur de nombreux labels étrangers, comment s’est fait le passage outre-manche ?
Cela s’est fait petit à petit. D’abord avec quelques contacts tel Danny Wheeler qui était déjà venu jouer a Toulouse. Mais tout c’est vraiment déclenché lorsque j’ai été playlisté sur la radio 1xtra.
Je faisais alors des sonneries de téléphone. J’avais un track en écoute sur www.lavibe.org et j’ai envoyé le lien à des producteurs, DJs, labels,...  ; des messages via les forums à Bailey, Skitty, Horizons,..., sur le site Dogs on Acid. Progressivement ma liste contact a pris forme. Mes tracks ont finalement étaient jouées sur la BBC. Or, quand un de tes morceau est joué par Bailey, Flight ou Fabio, tu peux être sûr que dans la semaine qui suit un label voudra te le signer !
Et puis il est vrai que d’avoir été signé sur BINGO – le label de DJ Zinc – en premier m’a bien aider aussi, car la plupart des labels ne veulent pas trop prendre de risque avec les nouveaux producteurs. Le marché du vinyle n’étant pas au meilleur de sa forme, du coup la plupart des labels attendait que le track sur Bingo sorte pour planifier mes sorties.

 

Et donc tes prochaines sorties ? Des remix ? Des featuring ?
Le prochain EP à sortir est "When will it ever end" dont 2 traks ont été faites en collaborations avec Sweed et Alix Perez. J'ai aussi signé "Leaving this planet" sur le label Brigand ; "The main chance" sur Intrinsic ; "What u gave up" sur Innerground, et "Theres not too many more" sur Vandal...
Au niveau des featuring, je travaille régulièrement avec mon homie Peyo. Mais je suis aussi sur des projets avec Youthman, Alix Perez, Sweed, Hugabass Funktastics Stunna de Chicago, Mutt du Canada, Basic Operation des USA, Jenna G, etc...

Que penses tu de l’évolution de la scène DnB ? De la scène française en particulier ?
Je préfère parler de la scène française. Je laisse Andy C et les autres parler du reste ;)
Je trouve que la scène française se porte plutôt bien, surtout grâce aux nombreux producteurs qui montent tels Funktastics, FX909, Stalefish, Sweed, Brainfuzz, Dirtyphonics... Il y a de plus en plus d’activists dans toutes les régions, de grosses soirées tels Black Label ou I Love Jungle en à Paris, de labels qui se bougent comme Haze, Step Express, Oxygen, Vandal,.., et de bons MCs tels Youthman, Taiwan, Youthstar...
On sent que le mouvement arrive a se détacher des autres courants alternatifs auxquels on nous rattache souvent (Hardtek, free party,...).

On dit que les producteurs français doivent affirmer leur style par rapport aux anglais : comment décrirais-tu la "Drum française" ?
Je ne pense pas que tel ou tel pays doit avoir un style en particulier. Est-ce que Makoto sonne comme de la Drum’n’Bass japonaise ou Kabuki comme de la Drum allemande ?
Je pense que c’est plus un problème de maturité dans le son et de qualité. Il faut arrêter de dire qu’on fait du Dillinja quand on utilise une basse "square". On est tous influencé par les Anglais parce que le son vient de là-bas : il a été créé là-bas et la scène est là-bas.
La Drum est aujourd’hui répandue dans le monde entier ; tous les pays ont leurs producteurs qui sont signés, nous y compris. Elle est universelle, on fait de la drum, point !

Des jeunes talents français à surveiller de près ? Et étrangers ?
J’ai peur d’en oublier et je m’excuse par avance… !
Je vais commencer par le plus français des Anglais : Alix Perez, il a a peine 21 ans et il est bourré de talent. Après chez nous il y a : Audio Unit (même s’ils sont plus tout jeunes hehe), Sweed, The Funktastics, Brainfuzz, Nano Hana, Peyo, Dirtyphonics, Stalefish, Offset, Infraktus, Tarik’n’Djamel, Arggll et plein d autres je suis sur :)
A l’étranger : Mutt, Sabre, Random Movement, Syncopix, Soulmatic, Skitty... et des tas d’autres mais tout le monde les connais après...

Tes producteurs et DJs favoris ?
Producteurs : D-Bridge, Calibre, Ill Logic , Marcus Intalex, Commix, Logistics, Makoto, Kabuki, Martyn, etc.,.......
DJs : Marky, Zinc, Andy C, Marcus Intalex, Fabio, Bailey... rien de bien nouveau ;)

Ton meilleur souvenir de soirée ?
Je sais pas vraiment…
Peut-être celles que j’ai fait avec Youthman au Nouveau Casino et à la Scène Bastille à Paris. C’était à chaque fois des soirées éclectiques avec des lives, des DJ Electro, Hip Hop, etc... On était donc à chaque fois confronté a un public différent, et c’est super motivant de conquérir un public non acquis au départ.

Propos recueillis par Elo B

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