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Hormis un
rappel sonnant trop explicitement comme étant le dernier de la soirée
(et joué d’ailleurs en formation restreinte : trompette,
guitare, basse, batterie ), le Nils Petter Molvaer group a délivré une
prestation d’une qualité rare en s’appuyant sur une cohésion
permanente au service d’une énergie qui rend tous ses droits au live.
Tout au long du
concert les visages fermés, comme celui du guitariste (Eivind Aarset),
témoignent d’une profonde concentration qui en dit long sur la
connexion qui se fait sur scène entre les différents éléments du
groupe.
Témoignage en définitive
d’une grande qualité d’écoute entre les musiciens qui rend
possible cette complète interactivité à laquelle il n’est pas fréquent
d’assister. cet échange manifeste l’attention portée par les
membres du groupe à leur leader qui influence l’atmosphère musicale
par ses choix (en outre) d’ajouter ou non des effets au son de sa
trompette. Mais c’est également l’avidité avec laquelle les deux
batteurs attendent et reçoivent les boucles sonores que leurs jeux
viennent ensuite faire évoluer, la continuelle progression des lignes
de basse, l’imbrication sans défaut des samples. Enfin c’est
surtout la manière générale dont les sons se renvoient sans cesse les
un au autres qu’il faut souligner. Ainsi certaines séquences d’échange
entre la guitare et la trompette de Nils Petter Molvaer rappelaient
l’intuition qu’eut Miles Davis durant les sessions
d’enregistrement de Bitches Brew et qui veut que chaque musicien
laisse un autre continuer l’idée qu’il a ébauché. On est
d’ailleurs pas si loin de l’esprit de cette musique tant par l’épaisseur
sonore que par l’aspect torturé de l’ensemble.
Si cette tension est
présente, on en voit pour autant pas moins les visages s’illuminer
alternativement en des moments précieux ou le groupe (et non un
individu isolé) atteint le fameux « hit » des jazzmen.
Cette expression peut paraître ici dater pourtant sa signification
prend toute son actualité dans l’énergie qui émane en certaines
occasions de la musique du Nils Petter Molvaer group. Que l’on nomme
comme on voudra (ou tout simplement que l’on ne les nomme pas) ce type
d’instant et de musique, la formation phare de la scène électronique
norvégienne ne mérite pas moins que l’on aille l’apprécier en
live. C’est dans ce conteste que celle-ci prend une toute autre
dimension que sur disque en évitant la répétition et en n’hésitant
pas à se faire « rentre dedans » notamment grâce au
jeu des deux batteurs, voire même dansante comme en ce soir du 21 mars.
En attendant de vérifier
sur pièce deux éléments de comparaison :
Le concert de Bugge
Weseltoft’s (et sa New Conception of Jazz) le lundi 3 avril à la
Maroquinerie.
Le deuxième album de
Nils Petter Molvaer « Solid
Ether »dont la sortie est prévue début mai sur le label
ECM.
Alex
Georg Duval. |