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Électronique brute

Nils Petter Molvaer groupe, au New Morning
le mardi 21 mars 2000 après JC

« Un peu court » serait on tenté de dire en voyant Nils Petter Molvaer et ses acolytes regagner les loges du New Morning pour la dernière fois en ce mardi 21 mars.  Pourtant, un bref coup d’œil sur l’heure permet de contrecarrer cette impression et de réaliser à nouveau à quel point la performance délivrée par le trompettiste norvégien et sa formation fut intense ce soir la.

 

 Hormis un rappel sonnant trop explicitement comme étant le dernier de la soirée (et joué d’ailleurs en formation restreinte : trompette, guitare, basse, batterie ), le Nils Petter Molvaer group a délivré une prestation d’une qualité rare en s’appuyant sur une cohésion permanente au service d’une énergie qui rend tous ses droits au live.

Tout au long du concert les visages fermés, comme celui du guitariste (Eivind Aarset), témoignent d’une profonde concentration qui en dit long sur la connexion qui se fait sur scène entre les différents éléments du groupe.

Témoignage en définitive d’une grande qualité d’écoute entre les musiciens qui rend possible cette complète interactivité à laquelle il n’est pas fréquent d’assister. cet échange manifeste l’attention portée par les membres du groupe à leur leader qui influence l’atmosphère musicale par ses choix (en outre) d’ajouter ou non des effets au son de sa trompette. Mais c’est également l’avidité avec laquelle les deux batteurs attendent et reçoivent les boucles sonores que leurs jeux viennent ensuite faire évoluer, la continuelle progression des lignes de basse, l’imbrication sans défaut des samples. Enfin c’est surtout la manière générale dont les sons se renvoient sans cesse les un au autres qu’il faut souligner. Ainsi certaines séquences d’échange entre la guitare et la trompette de Nils Petter Molvaer rappelaient l’intuition qu’eut Miles Davis durant les sessions d’enregistrement de Bitches Brew et qui veut que chaque musicien laisse un autre continuer l’idée qu’il a ébauché. On est d’ailleurs pas si loin de l’esprit de cette musique tant par l’épaisseur sonore que par l’aspect torturé de l’ensemble.

Si cette tension est présente, on en voit pour autant pas moins les visages s’illuminer alternativement en des moments précieux ou le groupe (et non un individu isolé) atteint le fameux « hit » des jazzmen. Cette expression peut paraître ici dater pourtant sa signification prend toute son actualité dans l’énergie qui émane en certaines occasions de la musique du Nils Petter Molvaer group. Que l’on nomme comme on voudra (ou tout simplement que l’on ne les nomme pas) ce type d’instant et de musique, la formation phare de la scène électronique norvégienne ne mérite pas moins que l’on aille l’apprécier en live. C’est dans ce conteste que celle-ci prend une toute autre dimension que sur disque en évitant la répétition et en n’hésitant pas à se faire « rentre dedans » notamment grâce au jeu des deux batteurs, voire même dansante comme en ce soir du 21 mars.

En attendant de vérifier sur pièce deux éléments de comparaison :

Le concert de Bugge Weseltoft’s (et sa New Conception of Jazz) le lundi 3 avril à la Maroquinerie.

Le deuxième album de Nils Petter Molvaer « Solid Ether »dont la sortie est prévue début mai sur le label ECM.

Alex Georg Duval.

  Nils Petter Molvaer, l'interview

  Solid ether- ECM- 2001


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