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Album d'une rare et
exceptionnelle intensité dans l'univers des song-writers.
Certains
formats musicaux gardent toutes leurs percussions sonores.
Voyage au
pays des mélodies âpres et douçâtres. |
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« I left myself, I left myself on the heath, in the grass, in the
sunshine and I watch myself as I stab myself in the back with
the question mark »
(Kamlyn, pist 8)
De son passage aux Nuits zébrées de Nova en mars dernier et
de ces concerts en avril au Triptyque et au Nouveau Casino, ce LP sorti début avril renoue avec force à la recette simple et
efficace de la guitare acoustique folk et de quelques friselis
electros. Ce Biscuit for Breakfast est le deuxième de son
auteur et compositeur, que l'on connaissait pour une première
fournée musicale plutôt connu pour être un DJ de la scène clubbing de la ville phare de Brighton.
Contre-pied radical pour une musique épurée de petites
merveilles de songs-writer, que l'on écoute avec grâce. Voix
âpre et suave qui cisèle chaque ballade dans une suite blues pop
et nous emmènent dans des paysages ténus (“ pretty little things ”),
la chaleur des mots prétend à un goût charnel. Détaché
pourtant pour nous plonger dans des variations de rythmes qui
s'envolent et pépient dans une journée pas si grise que ça - le
lien est mien et tien. Nos poches sont pleines de tickets de
métros, de photos dans notre portefeuille, de nos cartes, de
petits morceaux que l'on retrouve dans un bout de notre mémoire.
Non pas de la nostalgie mais autre chose qui nous étreint en
confiant des mots à nos sentiments (“ You gotta choose ”). Le nombre dégringole dans notre voyage qui s'attarde au flux
du courant et nous emporte parfois loin de la rive à laquelle
nous avions envie d'aborder. Le titre éponyme de l'album
“ Biscuits for Breakfast ” joue du détachement et de cette douceur
pour le plaisir du change. Vous prendrez bien un peu de cake ou
du chocolat avec une tasse de thé ? Un livret des textes
accompagne et nous offre ces petites pépites de paroles.
« She had long
fingers, and a long caress…» (“ So long ”). Voyage dans les
miroirs, les mensonges et les secrets des rires de la dernière
nuit. (“ Sorry, I am late ”).
Le mois de mars nous avait fait aussi découvrir Jehro avec sa pop
calypso electro folk, mais cette fois-ci, Fink retrouve la voix
nouvelle dans la longue tradition guitare et chant. De loin, le
meilleur album de chansons à textes de langue anglaise depuis un
bout de temps dans une tradition légèrement appesantie après le
mythe Bob Dylan. L'éclectisme de Fink fait voler tous les
préjugés sur tous les sentiers battus du genre. Rien n'est à
jeter, toutes les songs sont d'une telle beauté et d'une tel
climat qu'on ne peut que se le passer en boucle. Biscuit for
Breakfast est un album rare et exceptionnel.
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