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Au final, le dub était là. Prêt pour devenir le soleil des dance floors ! Succès immédiat puis passage obligé pour tous les groupes : faire appel à ces petits génie de la bricole pour proposer des versions Dub de leurs morceaux.
C'était au temps des Sound
System, radio ambulante et DJ live s'en allant porter la bonne parole du reggae sur les routes jamaïcaines à bord d'un vieux camion pourri…
Les temps ont changé depuis… Lee Perry devenant DJ très en vue dans les
boîtes de Londres. Enfin les progrès techniques, l'évolution des sons et du matos ont permis au genre de se développer.
Aujourd'hui, à l'heure de la techno et de la recherche de la transe, le dub fait un grand retour, devenu collectif il monte sur scène. Fait intéressant, la scène hexagonale est peut-être l'une des plus innovantes.
Le rasta serait content de savoir que le dub a aujourd'hui
a conquis les pentes de la Croix Rousse. : gros plan sur High-Tone, collectif lyonnais de neuf personnes, qui a rajouté de l'image au dub en intégrant un VJ, (video jockey) sur scène.
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Interview avec Julien, guitariste
l
High tone joue du Dub, une musique de studio et High tone est un groupe de scène…
Oui c'est un peu le paradoxe… on fait du dub, on le revendique, mais en même temps on fait un peu l'inverse puisqu'on le ramène sur scène.
C'était à l'origine une musique de studio parce qu'il n'y avait qu'en studio que l'on trouvait les moyens techniques de faire… remixer les bandes avec plein d'effets… Aujourd'hui, avec la démocratisation du matériel et la baisse du prix, on a pu faire du dub sur scène, qui était l'idée de base que nous avions au début du groupe. Puis on a voulu faire quelque chose de plus personnel, ne pas faire que repiquer le son Anglais ou Jamaïcain…
Autre paradoxe, à l'origine, le Dub c'est un gars tout seul dans son petit coin qui bidouille sur sa console et vous, vous êtes huit…
Oui, c'est vrai que le Dub originel se limite à un technicien son qui gère tous les instruments, nous on a voulu y apporter une dimension humaine. On trouvait frustrant de voir les anglais
tout seuls derrière leurs machines. On voulait développer l'esprit de groupe au travers d'un son electro- acoustique et de son électronique…
Peut-on dire qu'il s'agit d'une base reggae plus les bidouillages ?
Non, j'espère que c'est un peu plus que ça. Le reggae c'est bien sur la formule rythmique qui nous
plaît et que l'ont adopte, mais après il y a différentes attitudes… On se
rapproche du punk de temps en temps, c'est sûrement la raison de notre présence sur la tournée avec
Burning Heads et NRA… mais on cherche également du côté de la musique ethnique, électronique… Donc ça va quand même beaucoup plus loin que le reggae !
Depuis vos débuts, et de très nombreux concerts autour de Lyon.. Il semble que les choses bougent bien pour vous…
Le public de Rhône Alpes c'est notre premier public. Celui qui a reçu le truc en premier et qui nous a soutenus. Maintenant, c'est vrai, que le phénomène s'est reproduit partout où l'on est passé. Et maintenant on s'attaque à l'étranger…
Passer les frontières, c'est un bon apport pour le travail du groupe ?
De toute façon on est partis du simple groupe au collectif vers le label… Donc tout un travail pour rester indépendant… On est donc vigilants à ne pas trop gonfler le truc en France pour éviter les phénomènes de mode. Maintenant on aimerait bien développer un circuit indépendant avec l'étranger. On a vendu 10 000 albums sur la France, soit ce qu'un indépendant peut espérer de mieux, mais on a envie d'en rester là pour garder un public proche de nous.
Mais le succès même relatif, c'est tout de même ce à quoi tout le monde aspire…
C'est clair que c'est quand même l'aboutissement d'un long travail. On a donc bien
sûr cette satisfaction de le voir reconnu…
Retour sur l'aspect scénique avec l'apport de la vidéo…
Là-dessus, on persiste et on développe… Au départ on travaillait avec une compagnie de théâtre de rue " Complexe capharnaüm " à Villeurbanne. Ensuite on a pris quelqu'un à temps complet qui s'occupe de faire le direct live.
Ce sont donc des mélanges d'enregistrements filmés ou récupérés par nous, mixés avec des prises de vues live avec une camera sur scène… Et c'est donc le V-Jay qui mixe tout
ça pendant le spectacle.
Le V-Jay ?
Ouais, le Vidéo-Jockey ! On trouve que cela nous apporte beaucoup, parce que nous n'avons pas de chant et que la réunion vidéo, lumière et son quand elle est bien calée est vraiment un bonne fusion…
Il y a également le coté " trippant " ?
C'est vrai que le public hallucine bien… Surtout en Ardèche d'ailleurs !
Textes et photos Greg Carmen |