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        Jade jacquette

 

Fille 

de 

l'air


Nouveaux et un peu esseulés au sein d’une scène trip-hop hexagonale exiguë, les Lyonnais de Jade n’en produisent pas moins une musique bien léchée. En témoigne leur album quatre titres « Fresh Air ». Les six musiciens captent le courant d’air de Bristol sur le tard, ce n’est pas une raison pour les bouder.

 

 

Apparue au tournant des années 90, nul doute que cette formation lyonnaise aurait eu tôt fait de faire parler d’elle. Entre-temps, l’engouement pour le trip-hop s’est légèrement étiolé. Cela n’a pas pour autant découragés Rémi Selles, le guitariste, et sa bande de trentenaires d’épouser le genre sur le tard. Principale motivation : Laetitia. Nom de famille : Mosca. Les membres qui forment l’ossature du groupe tournent ensemble depuis une petite dizaine d’années en variant les formules quand ils rencontrent en septembre 2002, cette copine de copains de copains. Jusque-là, « Léti » n’avait poussé la chansonnette que dans les cercles familiaux. Lors d’une répétition, l’essai est assez convaincant pour que les gaillards décident de reconstruire le projet autour de cette demoiselle. Celui-ci s’appellera Jade. « On voulait un nom court et qui sonne féminin ». 

Maîtrise du genre

Pierre précieuse, la voix cristalline de Laetitia devient également la pierre angulaire du groupe, à charge pour ces six autres membres de former l’écrin. Après autant de mois d’enregistrement dans leur studio Mix’up, l’équilibre est atteint à partir d’une base trip-hop instrumental et de compositions dont Rémi jette les bases. « Fresh Air », leur album auto-produit se limite à quatre morceaux sur la quinzaine qui forment aujourd’hui leur répertoire. Assez tout de même pour se rendre compte de la grande maîtrise du genre qui se dégage de ce premier coup d’essai. L’ensemble, pourtant éthéré, fait corps. L’atmosphère mélancolique rappelant Morcheeba, s’étire sur des rythmiques évoluant discrètement mais sûrement et non des boucles calibrées de manière définitive, l’assurance vocale de Laetitia rendent aériennes et limpides des mélodies exigeantes comme « Silly Girl » et pour servir ce chant le groupe, remisant les démonstrations individuelles au placard, se soumet à un sacrifice payant. Au quatuor à cordes Ayin d’étoffer agréablement sur « Seven Monday » cette première rencontre avec Jade. 

Rémi Selles

Le combo se doit désormais de restituer cet univers en concert. Autre cadre, autre équilibre à assurer. Les membres de Jade se sont employés à découvrir cette cohérence lors d’une formation scénique à Avignon. Mais puisqu’il s’agit de rencontrer un public, les lieux susceptibles d’accueillir leur musique sur Lyon demeurent assez rares. Rémi doute d’ailleurs qu’il y ait un réseau trip-hop en France et tout particulièrement en Rhône-Alpes comme il en existe pour la scène reggae.

 
Lueur d’espoir. Dans le même registre musical que Jade, les voisins grenoblois de Mig réunis autour d’une belle voix également, celle de Djazia Satour, et un climat oriental ont réussi récemment à attirer le regard de la critique et surtout celui du public. Reste aux Lyonnais de leur embrayer le pas et pour cela « Fresh Air » constitue une bonne mise en jambes.

Texte et photo : Alexandre Duval

 

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