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Parigos métissés au détour
des faubourgs de la capitale. |
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On va directement éviter les « La
vache, quel album ! » et autres « Vache de vache, un album
sublime ! », jeux de mots pompeux qu'on laissera au garagiste du
coin pour leurs préférer, et de loin, l'image de la vache
sacrée. Dans l'hindouisme, les Brahmanes considèrent d'ailleurs
que tout ce qui émane de cet animal sacré possède des vertus
purificatrices, ce dont a bien besoin le contexte géographique
qui entoure la musique du groupe, après ce qu'a pu vivre les
Balkans.
Ca sent le Tzigane, la Manouche, une vraie B.O. pour un film
d'Emir Kusturica. On voyage de traditionnels roumains, en
traditionnels arméniens, passage par la Grèce, retour aux pays
balkaniques (ex-Yougoslavie, Macédoine…), influences
algériennes…nous attend bel et bien une vraie traversée à dos
de mule, à qui l'on chante la sérénade, pour la flatter et la
remercier de bien vouloir ramener dans ses paniers autant de
richesses musicales. Nous sommes ici en présence du deuxième
album et on y retrouve les couleurs " balkano-arméno-klezmer "
du premier. Les quatre musiciens, en baignant dans l'ambiance de
la Goutte d'Or, ont su tendre une oreille vers le traditionnel
pour mieux tendre l'autre vers les musiques actuelles. Un
mélange de psychédélisme, de valse, de dub, de klezmer, de
samba, de funk,…la pochette en mosaïque nous affiche d'ailleurs
l'éclectisme profond contenu dans la recherche musicale de cet
album.
Sévane Stépanian, franco-arménienne, joue d'un accordéon
survolant les âges, nous offrant enfin l'occasion d'écouter cet
instrument sans l'a priori auditif que possèdent les oreilles de
nos générations vis-à-vis de ses sonorités.
Adrien Rodrigue, franco-congolais, flatte notre oreille à l'aide
de son violon, son alto ou encore ses flûtes…
François Roche-Juarez, franco-mexicain, trimbale son trombone et
sa guitare tout du long des 12 titres enregistrés.
Tandis que Frédéric Birau, franco-polonais, nous balance la
pulsation à la batterie et aux percus pour le bonheur de nos
gambettes. Tous participent plus ou moins aux voix.
C'est réellement un bonheur de pouvoir entendre un chant
traditionnel yougoslave (culture tout de même très peu connu
dans nos contrées !), sous fond d'ambiance expérimentale,
balancer à sa suite un gros dub roots influencé par un
traditionnel macédonien. On se dit alors qu'un autre monde est
possible, même si l'ambiance peu parfois nous faire penser au
plombant dernier morceau du dernier album de Noir Désir : L'Europe. Mais ici, il n'y a de place que pour l'humain, le
festif et avant tout, l'espoir. Les racines au service du futur,
pour un feuillage foisonnant.
On a également l'occasion d'écouter des compositions plus "
franco-française ", une petite halte dans nos bons vieux cafés
pour peut-être mieux repartir vers d'autres horizons. Et ça
marche ! On sent émaner l'atmosphère enfumée des troquets dans
Le Métro de Paris ou encore Johnny, tu n'es pas un ange.
Rien d'étonnant pour un groupe qui a débuté à Barbès, où l'on
peut voir des fans de Rap dansaient sur cette musique, qu'il se
considère avant tout comme citoyen du monde. Voilà d'ailleurs
comment ils décrivent leur démarche : « on s'immisçait
d'emblée dans la variété musicale : arabe, africaine,
yougoslave, antillaise ou encore portugaise. On ne fait pas de
la musique démonstrative mais de la musique de corps, qui
accompagnera un moment où tu peux chavirer, boire un verre pour
discuter, où les gens ont toute la marge de liberté de pouvoir
faire ce qu'ils veulent. »
La diaspora et toutes ces choses-là font bien sûr parties des
thématiques implicites d'un album aux couleurs volcaniques des
pays balkaniques, arméniens et méditerranéens… Mais place à la
fête, et n'oublions pas d'aller voir cette formation si elle
passe dans les parages lors de sa tournée dans le cadre de L'année Arménienne, accompagné par
Bratsch, Papiers d'Arménies
ou encore Duo Saz Peloul.
Si vous voyez la vache et la mule dans nos campagnes, ce n'est
bien sûr pas la tournée du petit Jésus (je sais, c'était
facile…) mais bel et bien un groupe formidable à soutenir
prestement.
Bon, il est quand même temps maintenant de vous dire ce qui se
cache derrière ce nom de groupe. Et bien, tout simplement un
pain traditionnel arménien à partager entre amis, et plus si
affinité !
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