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Leur arrivée s’est faite en fanfare : soubasophone, trombone,
clarinettes, sax et batterie. Un orgue, de barbarie
naturellement, vient compléter cette relecture du répertoire du
duo mythique Page/Plant.
Ces Mongols se sont mis en route il y a deux ans, un an après
avoir défini leur objectif. L´identité
de la troupe prend forme au croisement de différents projets :
une fanfare pour gamins qui s’oriente vers un répertoire
inhabituel, au début le rythm&blues, Jean-François au
soubasophone est, lui, bien branché Led Zeppelin et Dominique
écrit déjà des cartons de musique pour orgue de barbarie. Un
calembour va donner le ton à l’ensemble.
Là-dessus se greffe un parallèle entre l’arrivée de Led Zep sur
la scène rock ronronnante de la fin des années 60 et l’image de
barbares que l’on associe généralement aux mongols, suite à
l’épopée de Gengis Khan.
Cette transposition du répertoire de Led Zep en fanfare est,
d’après le groupe, cohérente car l’écriture des compositions de
Page et de Plant est suffisamment travaillée. Reprendre le
répertoire des Rolling Stones où le son et l’énergie prime
aurait été plus délicat.
La montgolfière en plastique qui orne le toit de la yourte de
ces envahisseurs sonores donne tout de suite le ton. Une photo
de Led Zep au grand complet trône comme une icône au milieu
d’une installation kitsch à souhait où fleurs en plastique le
disputent à des coquillages et autres guirlandes électriques
Cette petite irrévérence visuelle ne se retrouve pas dans la
musique. Nulle volonté de parodie ne transpire dans la musique
de ces six mongols. Pour preuve, l’ambiance qu’ils créent autour
de l’incontournable “ Stairway to heaven ”. Sur fond
d’orgue de barbarie, le trombone expose la mélodie tandis que le
reste de la troupe invite le public (les petits s’il y en a) à
faire éclater du papier bulle. L’idée est de rapprocher les
gens. Une atmosphère de recueillement ,en phase avec la musique,
plane dans les airs. Pour certains le bruit du papier bulle
évoque le crépitement du feu, pour d’autres le grincement
originel du vinyl. Au-delà de sa fonction scénographique, le
papier bulle à une signification bien précise pour ces six
mongols. Dans le film “ Urga ” de Nikita Mikhalov, un homme,
parti en ville (urga en mongol), revient chez lui dans les
confins de la Mongolie les bras chargés d’objets inconnus dans
sa région. Toute la famille est réunie devant la télévision. La
grand-mère, elle, est fascinée par l’emballage du poste de
télévision et notamment le papier bulle qu’elle éclate de
manière compulsive. Ces mongols ont décidément le sens de
l’allusion.
Le respect de la cohorte mongole pour la musique de Led Zep va
jusqu'à la reprise des solos originaux. Le vibrant solo de Jimmy
Page sur Since I’ve been loving you est ainsi repris tel
quel au saxophone. Patrick, le tromboniste, explique qu’il y a
trois ans, ils avaient vu Page&Plant en concert et que
l’assistance, composée d’une bonne proportion de jeunes,
chantaient même les solos. Ceci a motivé la reprise, non
systématique, des solos au même titre que les mélodies.
Les Huns et les autres viennent de la musique (Arfi :
Association à la recherche d’un folklore imaginaire) mais aussi
du spectacle (Cirque Gulliver, Compagnie du Facteur Soudain...).
Le jeu de mots qui les fédère court, lui, dans le milieu musical
hexagonal depuis l'album Akagera du trio jazz Humair/Texier/Jeanneau.
Au final, ces fiers Mongols offrent une performance qui
s’apparente au spectacle de rue. Au menu de leur tribu : bulles
de savon, une infatigable danseuse et une étrange mixture
préparée dans la douleur par ces barbares.
Les différents horizons qu’ils ont su intégrer à l’intérieur
d’un même spectacle leur ouvrent des pistes variées . Ils
s’apprêtent ainsi à inaugurer des journées consacrées au
montgolfières, envisagent de réaliser un CD, et voient se
préciser la possibilité de faire la première partie de
Page/Plant lors d’une date en France. Un rêve de gamin pour
Patrick qui a la grande époque attendait impatiemment la sortie
de titre comme Black Dog en 45 tours.
Ils pensent également de plus en plus à faire retentir leurs
cuivres jusqu ’ en Mongolie. Pour ce qui est de se déplacer, le
groupe est rodé. Réparti dans l’est de la France entre la
Lorraine, la région lyonnaise et la Provence, le groupe se
réunit à Mâcon pour répéter, soit à 400 km de chez Dominique.
Mais la verticale qui relie Nancy à la Provence va en prendre un
sacré coup. Eric, le saxophoniste émigre à Paris. Alors
n’hésitez pas, faites comme Jimmy Page et rendez-vous cet été
dans le 10 arrondissement et venez donner un coup de main lors
d’un déménagement qui risque d’être très, très barbare.
*Formations spécialisées dans les reprises d’un artiste
ou d’un groupe
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