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La fanfare de Mannheim redescend de son piédestal. Pour se frotter
au peuple. Exit la vie de pacha, les folles virées en motor boat,
les voix perchées sur des rythmiques G-funk. La fanfare qui aime
bien donner une trame cinématographique à ses productions est
revenue de son rêve hollywoodien qui constituait la toile de son
fond de Heat, son précédent opus. Mardi Gras a de nouveau poinçonné son ticket " rétro " et pris la direction années 20. L'imagerie du livret est celle de
Metropolis mais la Babylone que revisite la musique de 29 Moonglow est bien la Nouvelle Orléans. Mais là où l'on attendrait la fanfare au coin d'une rue, c'est dans les bouges de la citadelle métissée qu'elle nous dépeint qu'il faut la débusquer.
On la retrouve réunie autour d'un piano stride, dans la
pénombre d'un cabaret, des balais s'agitent, de furtifs accords de
guitares sont esquissés. Sur Bitter's Sweet, la clarinette se fait évidemment nasillarde. La voix surenchérit car, à l'heure d'entonner
The gramophone song, le timbre suranné est de mise. L'orchestration délaissant les effets de masse met le chant de Doc Wenz
encore plus en avant qu'à l'accoutumée. Celui-ci se fait crooner
pour porté le poignant et décalé Valley of tears, son phrasé
se fait bancal sur le blues de guingois qu'est Wrong bottle. D'un fanfare avec chanteur est-on passé à un chanteur avec fanfare ? Pas si évident.
Reste que nous tenons là sûrement l'album le moins remuant du Mardi Gras et ce malgré ce que laisserait envisager son sous-titre punchy
reason in revolt, now thunders. Le côté jazzy, voire un petit
peu Aristochats de l'instrumentation pourra également décevoir ce que le son fifties du brass
band avait enthousiasmé. Au moment de nous quitter, la fanfare fait
d'ailleurs plus qu'un clin d'œil à Alligator Soup, l'album
sous influence garage qui la rendu célèbre. En reprenant Babylone revisited, elle effectue par là même un détour sans précédent dans son propre répertoire. Si cette version dégage moins de volume que la précédente, elle n'en reste pas moins à l'image de cet album enthousiasmante.
En évoquant la Nouvelle Orléans si directement Mardi Gras B.B. reprend une route a priori plus balisée pour une fanfare mais elle le fait toujours avec un souci d'originalité et d'érudition musicale. Surtout, elle se démarque ainsi des productions de ces acolytes du label Hazelwood : Kool Ade Acid Test.
Les deux formations avaient tendance à se marquer à la culotte dans
leur révérence envers Prince. Il paraîtrait d'ailleurs que la
fanfare va poursuivre le filon twenties pour les besoins de la série X-Files. Bref, un vrai retour vers le futur.
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