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Music Is Not Fun




Procès verbal de leur concert
du 2 octobre à Mains d'œuvres

 

Rencontre d'un jeune groupe de jeunes gens faisant partie de cette génération MySpace qui bouscule les lignes traditionnelles de production et fait le pari d'une brit-pop musclée dans le bocage lyonnais.

Pari osé qui pourrait bien être en passe d'être tenu, après seulement 2 ans et demi d'existence, Music Is Not Fun assume et justifie le choix e la langue anglaise tant ils se désespèrent de ce que la France prend à la légère la mélodie au détriment des paroles.

Des ados vite montés en graine qui ne sont pas aussi vides du crane que l'image d'un groupe à peine post-pubère dans le vent qu'ils se traînent ne laisse présager. Emblématique par son utilisation du net, intrinsèque, tant qu'à 20 ans, le net est un objet aussi familier que le carnet moleskine du temps d'Hemingway.

Un groupe au label 2.0 qui, posture ou démarche profonde entend utiliser au maximum de ses possibilités le réseau pour construire le pont direct reliant le producteur et le consommateur.

Rencontre avec Lucas, le batteur et Julien, le guitariste.


Alors Lucas, pourquoi ce choix de chanter en anglais ?

Effectivement c'est un choix un peu difficile à assumer mais nous on assume, en fait l'album s'appelle British Rendez-vous et est sorti lundi dernier. C'est 12 chansons qui sont des cartes postales de l'Angleterre, tous les stéréotypes de l'Angleterre vue par des français, dans un album, 12 chansons, 12 cartes postales. Du coup on a utilisé la brit pop comme format musical, des chansons efficaces et des mélodies fortes et l'anglais pour finir la dernière couche. À la différence des autres groupe « anglais » en France, qui se la jouent anglais, comme si c'étaient des vrais anglais, nous on est vraiment des français, on le cache pas du tout et on en parle de temps en temps dans les chansons, c'est juste un témoignage sur l'amour qu'on avait pour l'Angleterre et par mimétisme on a utilisé la brit pop, l'anglais, le code vestimentaire anglais. Voilà, chanter en anglais c'est un désavantage mais ça fait vraiment partie de notre processus créatif.

Ça fait un peu référence à : « À nous les petites anglaises » ?

Ouais voilà, c'est exactement ça ! C'est un peu burlesque, les titres des chansons sont assez évocateurs, c'est du cliché, London, Big Ben, on parle aussi des Essex girls, qui sont les filles un peu faciles en Angleterre, les filles un peu coquines. C'est du burlesques, du cliché mais on fait ça comme de la musique, c'est pas une blague.

Mais le prochain album, vous allez faire 12 cartes postales sur l'Écosse ?

C'est une bonne question, pour la petite histoire, notre disque est sorti le 28 septembre et il y aurait un album miroir qui s'appelle Rendez-vous français, qui va être distribué gratuitement pour les gens qui viennent en concert, avec un système de bracelet et de code et sur ce petit disque vol. 2, virtuel il y aura des titres qui parleront de la France.

Vous jouez beaucoup avec le net, en proposant un contenu supplémentaire aux gens qui viennent vous voir, alors un sujet dont on parle beaucoup en ce moment : HADOPI. Quel est ton point de vue ?

En toute honnêteté, on a vraiment préparé la sortie de l'album jusqu'à il y a 20 minutes, du coup je ne sais pas du tout ce qui a été voté, pourtant je suis le premier concerné.

Un groupe comme le votre, si on le télécharge, même gratuitement c'est tout bon ?

Carrément, nous en fait on est pour le téléchargement, pour un groupe en développement c'est très bien. Quant à la façon d'encadrer cette pratique, c'est une bonne solution de payer un abonnement global auprès de ton FAI. Il faut laisser la création se répandre, cela dit les artistes existent et ils ont besoin d'être rémunéré.

Licence global donc ?

Ouais.

Passons maintenant à Julien le guitariste et parlons guitare !
C'est quoi ta guitare de prédilection ?

La meilleure guitare du monde, que je me suis acheté avec ma première paye : une Epiphone, modèle Sheraton, des années 80, bordeaux, magnifique ! Je l'avais chopée dans un Cash Converter en Suisse, tous les groupes que j'aimais bien – les Libertines, les Mondo Diao... - avaient des guitares demi caisse. Je l'ai gardé un petit moment et j'ai flashé sur la Gibson Melody Maker, qui venait de ressortir aux États Unis donc j'ai revendu ma Sheraton pour m'acheter la Melody Maker que j'ai fait venir des États Unis. Du coup j'ai pas mal joué avec, elle avait un son assez claquant, du fait des micros simple bobinage, et je l'ai bien ruinée dans les clubs maintenant on croit qu'elle a 20 ans. Et puis y une marque à Lyon, Custom 77, avec qui on s'entend bien, donc ils nous ont filé des guitares, la nouvelle que j'ai c'est la , qui est une imitation d'une Fender Telecaster Custom, avec deux gros micros, vraiment cool.

Comme ampli ?

J'ai un vieux Fender Deluxe, un peu rincé, et un Laney Lionheart sur 4 vox, je joue avec les deux amplis, du coup ça fait un son vraiment cool.

Vous avez quelqu'un pour porter tout ça ?

Non on les porte nous même et on commence à avoir des gros bras !


Texte et photo : Yan Pradeau


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