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Après notre visite de La Scène Bastille et notre rencontre avec les Birdy Nam Nam, il était naturel que nous tombions sur les Nuits Zébrées de la radio Nova, puisque celles-ci présentaient ces derniers... à La Scène. Evidemment, compte tenu de notre curiosité, nous avons souhaité en savoir plus sur ces Lives Out Door qui semblent faire le bonheur des uns et des autres...

Rencontre avec Ruddy, programmateur des Nuits Zébrées.

 

Depuis combien de temps les Nuit Zébrées existent-elles ?
On a démarré les Nuits Zébrés en octobre 2004 sur l'initiative du directeur de l'antenne de l'époque. On a pris le pari de sortir la radio dans un club pour faire la faire connaître à ceux qui ne nous connaissent pas encore afin de leur offrir, ainsi qu'à nos auditeurs, des concerts gratuits dans le cadre d'une promo - ou pas. Ces soirées ne sont pas forcément liées à une actu particulière. On a donc décidé de monter ces nuits zébrées tous les vendredis avec, pour des raisons évidentes de techniques et d'organisations, toujours un même type de plateau. Cela commence par un live acoustique enchaîné par un DJ, puis par un " gros " live, le clou de la soirée - qui est un live éclectique que ce soit de rock, de hip-hop ou de world, pour finir la soirée avec de nouveau un DJ. Sachant qu'on exige que les DJ mixent des disques pour de vrai.

Ces soirées ont commencé directement à la Scène Bastille ?
Oui, parce qu'on s'entend bien avec eux et qu'il y a une proximité évidente - on est à moins de 100 mètres - donc moins de galère de connexion ou de matériel. On a tout de suite un technicien pour nous aider. Enfin, aussi parce que cette salle est pile ce que l'on recherche. C'est-à-dire une salle à taille humaine - c'est-à-dire pas au dessus d'une capacité de 600 personnes. Nova, ça reste quelque chose d'assez intimiste, on ne veut donc pas aller vers des salles de trop grande au risque d'y perdre la chaleur humaine qu'on veut avoir dans ce type de soirées.

 

Si les artistes présents à vos soirées ne sont pas liés par une actu ou à une promo, comment les choisissez-vous ?
On les choisit à plusieurs. Je m'occupe de la programmation mais on travaille à deux. Toute la soirée est présentée par Aline, qui est animatrice à Nova depuis maintenant plusieurs années et qui a plusieurs émissions notamment une le soir qui s'appelle également les Nuits Zébrés, mais à la radio. Donc on décide de la programmation ensemble. On choisit les artistes en fonction de leur intérêt scénique - pour ceux qui sont dans la salle - et de l'intérêt radiophonique. Il faut que pour ceux qui sont derrières leur poste ou dans leur voiture cela soit agréable à écouter. Après, ont choisit aussi les artistes qu'on a envie de défendre qu'ils soient dans la playlist de la radio, ou pas. Il y a des artistes comme celui qu'on est en train d'écouter en ce moment, Peter Van Pol (avec qui les Birdy Nam Nam ont composés Abbesse - NDLR) qui pour l'instant n'a pas sorti de disque. Comme pas mal d'artistes ont eu une histoire avec Nova. Alors quand ils nous envoient une maquette et que ca nous plait, on les programme. Qu'il y ait une maison de disque ou pas derrière.

Un mot sur votre choix de l'éclectisme ? C'est important pour vous ?
Oui bien sûr. C'est à l'image de la radio. Si tu écoutes Nova dans la journée - ou même la nuit - tu vas avoir un morceau de World après un de Folk qui va enchaîner avec un autre d'électro. Tu peux t'attendre à tout. C'est ce qu'on appelle nous des gold. C'est l'idée de sortir et d'imprimer la couleur de notre radio à la Scène Bastille le temps d'une soirée - de quatre heures donc - avec une programmation qui ose faire un grand écart entre chaque plateau. C'est essentiel pour faire plaisir à tout le monde et surtout faire découvrir, à ceux qui sont cantonnés dans un style, d'autres musiques et d'autres sons tout aussi intéressants à écouter.

Pourquoi les Birdy Nam Nam ce soir ?
Parce que c'est dans l'esprit de la radio. Parce que c'est Crazy B. Parce que c'est Pone. Non pas que les autres soient moins bon mais parce qu'on les soutient de manière officielle via un partenariat.

Quel genre de partenariat ?
Un partenariat, chez nous, c'est quand un label vient nous voir, parce que Nova est le média le plus cohérent pour la sortie de l'album. Ce qui fait qu'on s'investi derrière, mais qui ne veut pas dire que cela passe forcément en playlist. Il faut bien scinder les deux. C'est ce qui fait notre force, la programmation est complètement indépendante de la radio. On invite donc les Birdy Nam Nam notamment parce qu'ils ont fait quelques dates à Paris et que pour la sortie de leur album ont étaient ravis des les avoir ce soir. Il y a d'excellents retours aujourd'hui sur ce groupe. Personnellement, je trouvais l'album un petit peu expérimental et un peu dur à écouter, mais en live c'est carrément énorme.

Que penses-tu du fait que de plus en plus de salles hésitent aujourd'hui à programmer des soirées Hip-hop ?
Ce que j'en pense ? Mes origines musicales, de 14 à 18 ans, se situent dans le rap. Essentiellement le rap français. Et c'est vrai que beaucoup de monde qui en écoutait, en France, on fini par s'en éloigner un moment du fait de la vulgarisation qui en a été donné par certaines radio dont je tairais le nom et qui ont complètement pourri et tué le rap. A toi de deviner de quelle radio je parle… Voilà je continue malgré tout à écouter beaucoup de rap. C'est marrant parce qu'il y a aujourd'hui deux courants. Il y a ceux qui sont restés dans un mouvement pur et dur comme il y a pu y avoir à un moment donné - parce que pour moi il n'y a plus de NTM ou de I AM même s'il y a quelques indépendants qui résistent. Ensuite tu as la nouvelle scène hip-hop qui s'est formée et qui a pris une tangente complètement différente comme TTC ou les LOOSER. Les TTC sont à un très bon niveau par rapport à ce qu'on peu entendre ailleurs. Après, même si je suis moins fan, il reste LA RUMEUR, Saïan Supa Crew et quelques autres indépendants. En tout cas, nous on n'est jamais réticent à programmer un bon groupe de rap parce que soit disant c'est un mauvais public. On a même programmé du grind et ça c'est toujours très bien passé. Il faut savoir faire confiance aux gens.

Quels sont les prochains rendez-vous des Nuits Zébrées ?
On en est à la sixième édition de l'année. On va, comme l'année dernière, en faire deux en province, puisqu'on a des fréquences en province. On va en faire une à Montpellier le 2 décembre et une à Nantes le 20 janvier. Là, même principe. A Montpellier, par exemple, je vais faire descendre un groupe parisien qui les Montpelliérains n'ont pas forcément la possibilité de découvrir, et qui jouerons avec deux trois artistes de la scène locale que nous avons envie de défendre. Sinon, à Paris, on reçoit, le 26 novembre, Mathieu Boogaerts, un song writer français. En décembre on reçoit une formation de dub / reggae qui touche un peu à tout, les Fat Freddys Drop. Ils viennent de Nouvelle-Zélande. C'est assez énorme.

Ils sont nombreux, non ? Ils font tous le déplacement ?
C'est dans le cadre d'une tournée promo, oui bien sûr ils seront tous là. Les artistes acceptent tous de venir jouer gratuitement. On fait en sorte que les artistes s'y retrouvent en termes de promotion. C'est-à-dire qu'on fait un truc carré pour qu'en sortant l'artiste en promo qui a accepté de ne pas être payé se dise « Je me suis fait plaisir et il y avait du monde. » Avec donc un public qui est, sans faire de prosélytisme, magnifique et ouvert. C'est donnant-donnant entre eux et Nova. On se fait confiance. C'est toujours blindé. On n'a jamais souffert, lors d'une soirée, de manque de monde dans la salle. D'ailleurs ce soir, cela m'ennuie parce que je sais qu'il va y avoir du monde qui va rester dehors.

   

Comment cela se passe-t-il pour les invitations ?
On met les invitations à disposition au public le lundi matin à la radio. Quatre cent en l'occurrence. L'année dernière les invitations partaient en trois jours, cette année elles partent en deux jours. Ce qui est du coup un peu compliqué pour les gens qui travaillent. On a donc instauré un nouveau système et on lâche 30 places en plus les deux derniers jours pour ceux qui n'ont pas eu le temps de passer avant.

D'où vient ce nom de Nuits Zébrées ?
Il vient en parti du fait qu'il y a plein de peau de zèbres dans le studio où les animateurs font les émissions. Ces peaux qui avaient été ramené par notre boss, Jean-François Bisot, qui en avait plein chez lui. Ensuite, Aline, qui avait auparavant une émission qui s'appelait Nova Mix, invitait des artistes, à venir jouer à la radio que ce soit en Live ou en DJing. Et, à la fin des émissions, on les prenaient toujours en photos sur ces peaux de zèbre. Après, je ne pourrais pas vous dire exactement comment on est arrivé au nom, c'est venu en fait assez naturellement.

Propos recueillis par Patrick Herrmann

Notre article sur les Birdy Nam Nam

Notre article sur La Scène Bastille

Le site de la radio Nova

Le site de La Scène Bastille

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