|
Le
groupe avait réussi à surprendre et charmer tout le monde il y a 8 ans
lorsque son oeil s'était ouvert sur les scènes hexagonales. Il a été
le premier à trouver une alchimie sincère entre la violence du propos
punk, le gros son du métal, les envolées de scratches du hip-hop et les
ambiances chaloupées jonglées sur 4 cordes.
Oneyed
Jack a essuyé les plâtres, annonçant un virage dans la famille du rock
français, donnant à sa production les moyens de passer les frontières.
Une sincérité et un engagement jamais remis en cause, qui éclatent
maintenant au grand jour. La formule a été reprise par beaucoup, avec
plus ou moins de chance, prouvant par là que le groupe était bel et bien
un précurseur.
Mais
bien que reconnu comme tel, par l’ensemble des acteurs de la scène
rock, il semble que ONEYED JACK ait du mal à se faire comprendre par
tous. Si le public « rock » a désormais complètement assimilé
l’idée qu’un groupe puisse mixer sur des riffs de grattes, le public
Hip-hop reste plus fermé.
« C’est
un public qui ne vient pas nous voir… le public Hip-Hop reste dans sa
cité. Mais bon, nous, au moins on aura fait la démarche et l’effort de
s’ouvrir aux autres ! Après s’ ils ne
veulent pas adhérer tant pis pour eux… » analyse
Guillaume le DJ.
Un
état de fait qui n’est pas à mettre sur le dos des groupes. De très
nombreux rapprochements ont été tentés entre les deux scènes. Mais
disques ou concert commun, la sauce ne prend pas souvent.
« Ca
nous est arrivé de jouer avec un groupe rap à Orléans…se
souvient Kone. Pendant que les rappeurs étaient sur scène, les
rockers étaient au bar. Quand
Oneyed a jouer, les foules se sont inversées…c’est nul…mais
y’a pas grand chose à faire contre ça… »
Pas
grand chose à faire effectivement, quand un public, quel qu’il soit,
refuse de tendre l’oreille dans une autre direction.
« Y’a
beaucoup de progrès à faire en France vis à vis de l’écoute musicale,
explique Lionel, le batteur. Les gens
considèrent comme une trahison l’idée de
s’écarter de leur style de prédilection … Alors que nous,
c’est justement dans les différences que nous progressons. »
ONEYED
JACK ne forcera donc personne. Libre à ceux qui le souhaitent de venir et
d’écouter, le groupe avance de toute façon et signe son retour avec un
« Prepare to reactivate » fidèle à la démarche originale,
la maturité en plus.
« Les
deux premiers étaient plus hargneux, instinctifs, celui-ci est plus réfléchi,
mieux préparé… les tempos sont plus bas, moins agressifs » explique
Guillaume.
|