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Rencontre avec
ONEYED JACK

« Après 2 années d’absence officielle et 2000 prises de tête officielles… les affaires reprennent… »

C'est par ces mots que Kone, chanteur de Oneyed Jack, débutait le communiqué annonçant le retour « officiel » de son groupe sur le devant de la scène, au mois d'avril 2001. Retour comprenant, dans un paquet cadeau, un nouvel album et une tournée.

Un enchaînement de concerts débuté au mois de mai qui se poursuit actuellement et se poursuivra « jusqu’à épuisement total des forces », selon le chanteur.

Le groupe avait réussi à surprendre et charmer tout le monde il y a 8 ans lorsque son oeil s'était ouvert sur les scènes hexagonales. Il a été le premier à trouver une alchimie sincère entre la violence du propos punk, le gros son du métal, les envolées de scratches du hip-hop et les ambiances chaloupées jonglées sur 4 cordes.

Oneyed Jack a essuyé les plâtres, annonçant un virage dans la famille du rock français, donnant à sa production les moyens de passer les frontières.

Une sincérité et un engagement jamais remis en cause, qui éclatent maintenant au grand jour. La formule a été reprise par beaucoup, avec plus ou moins de chance, prouvant par là que le groupe était bel et bien un précurseur. Mais bien que reconnu comme tel, par l’ensemble des acteurs de la scène rock, il semble que ONEYED JACK ait du mal à se faire comprendre par tous. Si le public « rock » a désormais complètement assimilé l’idée qu’un groupe puisse mixer sur des riffs de grattes, le public Hip-hop reste plus fermé.

« C’est un public qui ne vient pas nous voir… le public Hip-Hop reste dans sa cité. Mais bon, nous, au moins on aura fait la démarche et l’effort de s’ouvrir aux autres ! Après s’ ils ne  veulent pas adhérer tant pis pour eux… » analyse Guillaume le DJ.

Un état de fait qui n’est pas à mettre sur le dos des groupes. De très nombreux rapprochements ont été tentés entre les deux scènes. Mais disques ou concert commun, la sauce ne prend pas souvent.

« Ca nous est arrivé de jouer avec un groupe rap à Orléans…se souvient Kone. Pendant que les rappeurs étaient sur scène, les rockers étaient au bar.  Quand Oneyed  a jouer, les foules se sont inversées…c’est nul…mais y’a pas grand chose à faire contre ça… »

Pas grand chose à faire effectivement, quand un public, quel qu’il soit, refuse de tendre l’oreille dans une autre direction.

« Y’a beaucoup de progrès à faire en France vis à vis de l’écoute musicale, explique Lionel, le batteur. Les gens  considèrent comme une trahison l’idée de  s’écarter de leur style de prédilection … Alors que nous, c’est justement dans les différences que nous progressons. »

ONEYED JACK ne forcera donc personne. Libre à ceux qui le souhaitent de venir et d’écouter, le groupe avance de toute façon et signe son retour avec un « Prepare to reactivate » fidèle à la démarche originale, la maturité en plus.

« Les deux premiers étaient plus hargneux, instinctifs, celui-ci est plus réfléchi, mieux préparé… les tempos sont plus bas, moins agressifs » explique Guillaume.

 

Et si le fond reste le même, c’est selon Lionel, parce que « les préoccupations n’ont pas changés. Donc, toujours le  coté hardcore, mais développé différemment. Selon nos sensibilités on peux faire évoluer le truc avec des touches de dub ou de reggae, de la techno ou  du métal… »

Le but du jeu étant de coller au plus près aux envies du moment, c’est d’ailleurs on l’aura compris le moteur du groupe.

« C’est pour cela que notre musique est  complètement inclassable, reprend Guillaume. Elle reflète tout à fait notre état d'esprit. Mais il reste encore plein de choses à faire, par exemple ça fait un bon moment que l’on cherche à faire un délire salsa. On n’y arrive pas encore, mais ça donne déjà quelques touche « Latino » à certains morceaux. »

Vaste bricolage musical donc, que l’univers de ONEYED JACK. Un chantier en perpétuelle évolution où le plombier serait un rappeur, l’électricien un keupon, le peintre un jazzman, le manœuvre un rasta et l’architecte un grand « raveur »…

Et comme si cela ne suffisait pas, la plupart des membres du groupes bossent et concrétisent d’autres projets. Kone et Guillaume ont sorti  « Fuck you large, baby ! » sous le nom de Kronick bass, duo axé sur le hip-hop et le scratch. Le bassiste, lui, a signé la bande originale du film « Les  aliénés ».

Oneyed jack en tournée actuellement près de chez vous. Et chez vos disquaires. Discographie : Cinik (1995) ; Arise (1998) et Prepare to reactivate (2001).

Greg Carmen

Guillaume - Les deux premiers étaient plus hargneux, instinctif, celui-ci est plus réfléchi, mieux préparé… les tempos sont plus bas, moins agressifs.

Lionel - Le fond reste le même… parce qu’on a toujours les mêmes préoccupations. Donc toujours un coté hardcore, Mais suivant ta sensibilité tu peux développer le truc de différente manières. En passant par exemple par du dub ou du reggae de la techno et du métal…c’est un peu comme différentes technique libératoire, qui permettent d’enlever toute les couches négatives que tu as en toi…c’est d’ailleurs la raison d’être du groupe.

Guillaume - C’est complètement inclassable je pense que cela reflète bien notre état d'esprit. Par exemple çà fait un bon moment qu’on a envie de faire un délire salsa, on y arrive pas encore, mais ça donne déjà quelques touche « Latino » à certains morceaux.

Guillaume(Oneyed Jack) –Le public Hip hop ne vient pas nous voir.. Le public Hip hop restent dans sa cité.. Mais bon, nous au moins on aura fait la démarche et l’effort de s’ouvrir aux autres ! Après si les autres ils veulent adhérer tant pis quoi…

Butcho (Watcha)– C’est pour çà que le public il est bien… c’est des gens qui peuvent tout écouter, rap, techno, jungle…Et moi de toute façons je préfère jouer devant un public comme çà plutôt que devant des gens qui resteront fermés toutes leur vies…Ca me ferais chier de jouer devant un public uniquement Métal, qui veut rien savoir…

Fab (Oneyed Jack) – Nous ça nous est arrivé de jouer avec groupe rap à Orléans… pendant que les rappeurs étaient sur scène, les rockers étaient au bar. Et quand on a jouer, les foules se sont inversés…c’est nul…mais y’a grand chose à faire contre ça…

Lionel (Oneyed Jack) – Y’a beaucoup de progrès à faire en France vis à vis de l’écoute musicale. Ils ont l’impression que s’ils s’écartent un peu de leur style de prédilection c’est une trahison… Alors que nous c’est dans les différences qu’on peut apprendre des choses et comprendre qui on est nous même et ce qu’on fait.

Guillaume(Oneyed Jack) – Des musiciens on en a rencontrer des centaines sur la route…Tous les gens avec qui on a jouer, souvent dans divers style musicaux on se retrouvait tous ensemble pour danser sur n’importe quoi… les musiciens de toutes façons ne se prennent pas la tête sur le fait de pas aimer au contraire ils aiment plein de truc… Nous on est tous des fan de musique…

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