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LES PHONOGENISTES

Laurence Bouckaert, professeur à l'EMN de La Rochelle

À un moment ou l’écho protéiforme des Musiques Électroniques devient de plus en plus proche du commun de mortels comme les récentes manifestations, entre autres, de La Villette le démontrent, les PHONOGÉNISTES apparaissent comme un groupe emblématique d’un genre musical en passe d’acquérir sa pleine maturité. Cet ensemble explore les possibilités insoupçonnées d’instruments de toute nature, électroniques ou plus exotiques. Le résultat correspond à une remarquable cohérence sonore et surtout à une "musique" captivante. 

Schönberg, Pierre Henry, Tangerine Dream, sont-elles d'illustres galaxies à dépasser? Vos influences se situent-t’elles ailleurs ?

Pierre Couprie-Phonogénistes : Les influences sont multiples et nombreuses, elles proviennent d'une part de la formation musicale de chacun -classique pour certains, rock et arts plastiques pour d'autres- et, d'autre part, des musiques que l'on écoute (musique dite classique, musique électroacoustique, contemporaine instrumentale, musiques du monde, rock, etc.). Laurence s’inspire aussi beaucoup de la vidéo dans son travail. Toutes ces influences ressortent lors de nos improvisations tout en étant complémentaires. Il n’y a jamais de dissension quant au style entre nous. Parfois nous évoluons en même temps et nous changeons chacun de style dans le même sens sans nous concerter. 

Lors de votre récent concert aux Instants Chavirés, j'ai vu sur la scène que vous utilisez parmi les claviers électroniques conventionnels, un châssis de haut-parleur retourné, un avertisseur sonore à poire et des instruments traditionnels orientaux. Si nous parlions un peu technique?

Il est vrai que, techniquement parlant, notre dispositif sur scène est assez complexe. En effet, l’acoustique et l’électronique sont mélangées pour trois d’entre nous (Francis : corps sonores, synthétiseur, boîte d’effets; Jean-Baptiste : cithare, flûte, corps sonores et processeur d’effets et Pierre : hautbois, flûte, didgeridoo et boîte d’effets). Quant à Laurence, elle utilise un échantillonneur et parfois un lecteur de CD avec transformation en direct. Mais ce mélange électronique-acoustique est aussi la source de notre originalité. À cela il faut ajouter le mode d'approche ou de jeu de ces "instruments" : en effet, ce qui est important n'est pas tant l'instrument que l'on utilise mais ce que l'on arrive à lui extirper. D'autant plus que tout objet est susceptible de devenir musical. Ce n’est pas la technique qui est importante, mais c'est la manière dont on arrive à la détourner afin que le son devienne musical ! Cette façon de procéder est certainement due à notre activité de compositeur de studio (musique concrète). Chaque corps sonore possède des potentialités sonores et musicales qu’il faut aller chercher en le triturant dans tous les sens, ne jamais se satisfaire de la première découverte, aller toujours plus loin. C’est peut-être finalement la raison de notre dispositif complexe : essayer de manipuler chaque son dans toutes ses caractéristiques (acoustique, amplifiée, transformée, modifiée, etc.).

Apparemment, vos prestations donnent une grande place à l'improvisation. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de ce choix ?

En fait, Les Phonogénistes ont commencé avec la musique concrète. Nous sortions, à l’époque, du conservatoire et c’était notre préoccupation principale. Mais, assez rapidement, nous avons intégré des parties réalisées en direct lors de nos concerts. Le concert des Instants Chavirés est en quelque sorte notre troisième évolution : l’improvisation totale. C’est très stimulant à faire et nous y avons trouvé un autre univers sonore, un autre moyen d'expression. On peut dire que nous nous y réalisons pleinement aussi bien en tant que musiciens que compositeurs. Il est aussi fort probable que ce travail d’improvisation influence aussi les musiques concrètes que nous faisons chacun de notre côté.

Pardonnez cette question profane, mais quelle notation musicale utilisez-vous pour transcrire vos morceaux. Ou pour faire plus simple : comment vous y retrouvez-vous, à quatre, pour assurer une telle cohérence sonore?

Dans l'improvisation que nous pratiquons il y a peu ou pas de notation (ou alors il s'agit d'un projet spécifique). Le travail se fait essentiellement à l'oreille. On apprend à s'écouter les uns les autres et à sentir. Quelquefois, on peut se donner des directions de travail ou plus simplement des progressions musicales, basées sur un travail de dynamique, de timbre. La cohérence sonore vient aussi du fait que chacun connaît parfaitement la personnalité musicale des autres. La maîtrise de notre méta-instrument, né de nous 4, demande beaucoup de travail de répétition et de ré-écoute afin de construire progressivement la personnalité musicale du groupe. 

Des disques, des concerts et des projets en perspective?

On en est un peu au stade des prévisions pour cette année.

 

Propos recueillis par Thibaut Moinard

 

Les Phonogénistes sont :
Laurence Bouckaert
Pierre Couprie
Jean Baptiste Favory
Francis Larvor

 

 

Le site officiel des Phonogénistes : http://phonogenistes.free.fr

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