Samedi
16 juillet de l'an 2000. Dans le cadre du festival Paris,
quartiers d'été PIERRE HENRY, auteur d'un improbable hit des
sixties: Messe pour le temps présent, officia piazza
Beaubourg face au centre Georges Pompidou. La sonorisation impeccable
distilla ses ondes à travers une grande partie de ce quartier central
de Paris. Des visages crispés de certains aux sourires extatiques de la
majorité, cette magistrale prestation de musique électronique méritait
quelques (tentatives d') explications.
Le principe type de ces concerts (musée
des arts premiers, cathédrale d'Evry, Beaubourg) est simple: le maître
œuvre sur place, en commandant une installation électroacoustique en
apparence minimaliste mais composée en fait d' éléments d'excellente
qualité. Les effets d'éclairage et de composition scénographique sont
réduits au strict minimum. Ceci implique probablement que cet expert es
machines sait pertinemment ou se trouvent les galaxies des points archimèdiques
d'une composition musicale et des effets qu'ils procurent sur les
auditeurs. A propos de ceux-ci, Jean Cocteau prétendait que la fleur
symbolique de l'opium se déploie en nous proportionnellement à notre
nature profonde... En fonction de ce principe nous ne tenterons pas de
faire l'apologie d'une musique d'ailleurs fort imparfaitement appelée
"concrète". A chacun sa sensibilité musicale et les
sensations qu'elle induit. Par contre, il serait intéressant de
comprendre, enfin, la nature intrinsèque de ces sensations. Parce que
"ça remue des choses" la musique de PIERRE HENRY. Et d'une
grande profondeur de surcroît. Il s'agit d'un monde, de premier accès
aussi déconcertant que la lecture d'un Picasso ou d'un Kandinsky, et
une fois à l'intérieur la sémantique est plus impuissante que jamais
pour décrire les impressions ressenties. En ces sphères musicales nous
sommes projeté dans notre propre tableau mental. Cette projection, avec
une bonne approche de la musique contemporaine électronique peut
s'effectuer sans l'artifice de psychotropes de tout ordre... à
condition qu'elle soit de haute qualité naturellement. En ce sens les
œuvres de PIERRE HENRY, mis à part quelques passages discutables,
avouons le, répondent présent. Il n'existe pas de cohérence apparente
dans sa musique parce qu'il n'existe pas de structure rationnelle dans
le monde des rêves ou du subconscient - à preuve de démonstration
scientifique inverse- et pourtant ceci semble procéder d'une formidable
pertinence structurelle. Nous voici donc face à un plaisant dilemme: se
boucher indéfiniment les oreilles devant de telles œuvres ou tenter de
s'en servir, avec le meilleur humour, comme d'une sorte de stéthoscope
cérébral de premier ordre. En attendant que tu ais résolu cette équation,
cher internaute, voici une première approche discographique en espérant
le prochain concert de ce sexagénaire de génie. Je me permets
l'utilisation de cet adjectif car il serait tout de même regrettable
qu'il ne soit usité par le grand public qu'au prochain siècle.
THIBAUT MOINARD
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Mouvements, rythmes et
études PHILIPS ***
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Symphonie pour un homme
seul PHILIPS *****
-
Livre des morts
Egyptiens PHILIPS ****
-
Messe pour le temps présent
PHILIPS ***
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