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La Ruda (Salska)
L'interview !

On commence à chaud par le concert d'hier soir au Palais d'Auron… A chaud, parce que la température était relativement élevée !

Il faisait très chaud oui, sur scène comme devant ! Une ambiance quasi tropicale. On ne s'est pas rendu compte de grand chose, mais le gros check collectif d'après concert s'est conclu par un énorme " Yes ! " On avait devant les yeux quelque chose d'incroyable ! Une salle remplie de bas en haut, de la fosse aux gradins… Les gens dansaient de partout… Très impressionnant ! Nous, on était là, en train de faire " Whaaaa ! " et devant ça répondait tout de suite et plus fort " WHAAAA ! "

Un concert de la Ruda Salska se passe des deux côtés ? On sent une véritable communication entre le groupe et le public… C'est dû, selon toi, à votre musique, à votre manière de la jouer ou à une attitude du groupe qui se veut vraiment proche des gens ? 

Le deal, c'est de faire de notre mieux. On a encore des points faibles, on a encore envie de progresser, parce que dans nos têtes on n'est pas encore au point. Il nous faut encore travailler l'aspect disque, pousser les productions encore plus loin… La communication - c'est marrant que tu emploies ce terme, parce que Pierrot ne tchatche pas trop entre les textes. Le set a été construit de manière assez massive, la plupart des morceaux s'enchaînent par un simple " un, deux, trois, quat' ". Mais, c'est vrai qu'il y a une sorte de communion. Ce qu'il s'est passé hier soir est assez indescriptible… Pour ma part, j'ai ressenti des choses que je n'avais encore jamais connu sur scène !

Par exemple ?

Peut-être une impression de pouvoir balancer une énergie folle tout en restant très zen. Le concert se fait à l'arrache, dès que l'on pose les pieds sur scène. Mais là, il me semblait avoir vraiment la maîtrise des choses et de l'impact de ce que je jouais sur le public.

L'ambiance est joyeuse et la musique festive…

C'est ouvert et très dynamique, plutôt que festif. Sur le dernier album, " Passager du réel ", on a voulu une couleur vachement plus rock. Depuis nos débuts, on considère que l'on fait du rock qui sonne ska et du ska qui sonne rock ! Les deux premiers disques étaient très festifs, mais je pense que l'on s'en dégage un peu, maintenant. On essaye d'avoir plus d'assise sur le côté rock'n'roll du truc et de dire d'autres choses.

Le dernier album justement, " Passager du réel ", a bénéficié d'un gros travail de studio ?

En fait, c'était une véritable expérience de studio pour nous ! La première pour la réalisation d'un album complet. C'était aussi la première fois que l'on travaillait avec une oreille extérieure . Cela s'est passé d'une manière très humaine avec Andy Lyden. Il était déjà venu nous voir cinq ou six fois en concert, sans savoir qu'il allait travailler avec nous. On a pu enregistrer de la manière la plus live possible, sans trop de retouches. A la " old-school ", en quelque sorte…

C'est quelqu'un qui a travaillé avec pas mal de monde ( Bob Marley, U2, Wampas). Est-ce que vous aviez une appréhension avant de confier votre musique entre les oreilles et les mains de quelqu'un d'autre ?

A partir du moment où Andy est venu nous trouver, on s'est renseigné : c'est qui ce gus-là ? On a appris qu'il avait travaillé dans le rock, dans le reggae. Déjà, on se retrouvait bien dans ces deux couleurs-là. Et puis il avait déjà bossé avec des cuivres, en enregistrant Fela. On a pris ça comme une chance qu'un gars comme lui s'intéresse à nous. On n'a pas été déçus par cette collaboration. On sait maintenant dans quelle direction avancer. Autour du texte, qui reste le pilier du groupe, ou encore autour du mixage et de la manière de le prendre en compte dans les futures compos… On fait les choses moment par moment. Là, on vient de passer un cap. Maintenant, on va chercher à travailler différemment, sans s'enfermer huit heures par jour dans le local de répète…

Quel regard porte le groupe sur l'évolution de la scène française ? Les années alternatives sont loin derrière, les groupes s'exportent…

Aujourd'hui, grâce à Internet, tout le monde se met en contact beaucoup plus facilement. Et puis il s'est passé plein de choses… En France, on commence vraiment à être bien structuré au niveau de l'accueil des groupes, de leur promo, ou tout simplement pour faire connaître les groupes de sa région. Il y a dix ans, rien de tout cela n'existait !

Il y a eu une grosse partie de travail déblayée par la vague alternative. Des gens comme les Bérus ou la Mano ont pas mal défriché le terrain…

C'est clair ! Toute l'indépendance de la musique est née avec eux dans les années 80. Regarde, les Garçons Bouchers ont même monté leur propre structure. Tout le monde a cherché sa véritable indépendance et cela concerne aujourd'hui des gens qui décident par eux-mêmes de ce qu'il va leur arriver. On s'exporte car on a maintenant les moyens et les contacts pour aller jouer en Italie, en Suisse ou en Allemagne. Pour nous, ça reste encore très européen !

***

Dans la même collection, à paraître au mois de mai dans la série " Réel Supra Tour " : Panique à Besançon, Grabuge à Saint-Vallier, Du rififi sur les docks (édition marseillaise), Montauban tu verras la mer, Toulouse et rien à gagner, Voir Clamecy Epinal, Ca flanche à Avranche, etc.

Textes et Photos : Greg Carmen
Printemps de Bourges 2002

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