Les Indiens sont toujours très présents aux USA, mais ils vivent comme vous et moi et mangent des hamburgers en tout bon américain. Ils vivent principalement dans le Sud Ouest des Etats-Unis : Arizona, Nouveau Mexique, Oklahoma. C’est au cours d’un petit week end au Nouveau Mexique que j’ai pu en apprendre un peu plus sur leur culture, leurs tribus, leur passé et leur présent.
Aujourd’hui, il y a toujours plusieurs tribus. Les plus connues sont les Navajo, les Apache, les Cheyenne... mais je préfère vous parler des Indiens Pueblos. Sans doute, que vous les connaissez moins. Aux Etats-Unis, beaucoup d’Indiens vivent dans des réserves. Ils sont tous, quelque soit leur tribu, très proches de la nature. Les Indiens Pueblos vivent regroupés dans des villages Pueblos au cœur des réserves. Ces villages ne sont pas des petites villes similaires à la vôtre, non. Ce sont des Pueblos qui conservent toutes leurs traditions. J’entends par là, les cérémonies religieuses, secrètes et inaccessibles pour tout étranger, leurs danses et leurs chants, une architecture particulière... Et étonnamment pour nous, acteurs d’une société de consommation poussée, ils n’ont ni eau, ni électricité. Ils boivent l’eau des rivières qui coulent des montagnes (les Pueblos se trouvent principalement dans les Canyons). Chaque Pueblo -il en reste 19 au Nouveau Mexique- à ses propres règles de vie, sa propre langue, ses propres rites... La Pueblo la plus connue du Nouveau Mexique est Taos Pueblo.
Je vais d’ailleurs vous raconter quelques us et coutumes de ce village.
Taos Pueblo se trouve au Nord du Nouveau Mexique, au Nord de Santa Fe. Elle se situe non loin du Rio Grande, dans la réserve indienne de Taos Pueblo. Ce village parle Tiwa, l’une des 5 langues parlées dans les Pueblos (Tiwa, Tewa, Towa et je ne sais plus les 2 autres). Tous les habitants du village la parlent, y compris les enfants. Ces derniers apprennent leur langue maternelle dès leur plus jeune âge. Et l’anglais me direz vous ? Ils l’apprennent une fois scolarisés à l’école maternelle, une sorte d’école « bilingue ». Ainsi, la tradition linguistique est préservée (contrairement aux langues régionales de chez nous qui ne sont plus autant pratiquées).

Au niveau de leur citoyenneté, ils ont une double nationalité. Ils sont à la fois citoyens américains, et par cela participent à la vie des Etats-Unis (attention, les élections présidentielles approchent...) et à la fois, citoyens de leur Pueblo d’origine. Ils votent ainsi les lois, les règlements à l’intérieur même de leur village. Chaque Pueblo possède sa propre police. La police américaine, les « cops » des villes, ne viennent jamais jusque dans ces villages autogérés. A Taos Pueblo, un « gouvernement » de 50 hommes dirige le village. Ces hommes sont élus à vie. Si l’un d’entre eux décède, il sera remplacé par un autre homme élu par les 49 autres. Autant vous dire que les Pueblos sont des villages très très conservateurs ! Et les femmes ? Elles pourraient participer à la vie politique de la réserve, mais cela ne les intéresse pas du tout. Elle s’occupe plutôt de la vie de famille. Je peux vous donner un exemple de décision prise par un conseil de Pueblo. Cette histoire s’est déroulée pendant notre séjour au Nouveau Mexique, mais pas à Taos Pueblo.
A Albuquerque, nous avons rendu visite à des amis Indiens. Ils vivent dans la plus grande ville du Nouveau Mexique, mais sont très présents dans leur culture et traditions indiennes. Elle est Navajo, lui est Pueblo. L’histoire suivante se passe dans son village, à Santo Domingo Pueblo. Quelques jeunes Indiens du village commençaient à se comporter en jeunes délinquants à l’extérieur. Ils étaient devenus membres d’un gang (et oui, personne n’y échappe). Alors, comme punition, le conseil de la Pueblo a décidé d’une punition publique pour ces jeunes. Le village a été fermé à tout étranger pendant une après-midi. Les jeunes ont été fouettés sur la place du village, tous les habitants étant présents lors des faits (Attention, je dis « fouettés », mais ne pas entendre ce mot trop violemment). Nous n’avons pas participé à cette punition mais nous étions chez nos amis le soir même, qui nous ont relaté les faits (libre à chacun d’avoir son opinion sur le bien fondé d’un tel évènement). Voilà, il s’agit d’un exemple de l’organisation sociale des Pueblos. Les anciens veillent toujours sur les plus jeunes.
Parlons maintenant religion. L’histoire de ces peuples est chargée de moments douloureux. Quelques brefs passages de leur histoire me paraissent très intéressants car nous, Européens, en sommes à l’origine. Les Espagnols arrivèrent dans ces régions au 16ème siècle. Dès lors, ils imposèrent la religion chrétienne à ces Indiens, incompréhensifs d’une telle religion. Ceci conduit à de nombreux massacres. « Tu deviens Chrétiens ou c’est la mort ». Beaucoup moururent pour vouloir conserver leurs traditions. Alors aujourd’hui, ne vous étonnez pas que tous les Indiens que vous rencontrez soient Chrétiens ! Mais tous ceux qui vivent dans les réserves ont réussi à préserver leurs croyances, en pratiquant finalement un double culte. Ils gardent leurs pratiques passées, à dimension spirituelle avec la Nature. Par exemple, à Taos Pueblo, vous pouvez voir une Eglise et dans un même temps, les préparatifs de leur cérémonie secrète au Blue Lake, lac secret dans les montagnes derrière le village. Ils sont finalement pris entre deux feux, leur culte originel, et celle que nous leur avons imposée.

Au final, je parlerai de l’art Indien. On ne peut parler des Indiens sans évoquer leurs arts qui sont nombreux. Poteries, chants, danses, dessins, sculptures, tissage... Que de découvertes en un week end ! Ce ne sont pas seulement les Pueblos. Chaque tribu est artiste dans l’âme, chacune avec des signes particuliers. Les Navajos par exemple, sont très renommés pour leurs dessins de sable et leurs tissages. Les Indiens Pueblos sont reconnus pour leur art de la poterie. Ils préservent précieusement leur art en les enseignant aux plus jeunes. On trouve ainsi dans toutes les villes du Nouveau Mexique une multitude de galeries d’expositions et de ventes.
Aujourd’hui, une certaine discrimination persiste à l’égard de ce peuple. Comme pour toutes minorités sociales des Etats-Unis et d’ailleurs. Une organisation des Nations Unies a été crée pour tenter de soutenir ces minorités aux traditions souvent riches, afin d’améliorer encore leur intégration dans la société. Une amie Indienne, Shawna Sunrise, a représenté son peuple à la dernière réunion de cette organisation. Elle y a rencontré de nombreuses ethnies et peuples, du Maori de Nouvelle Zélande au Masaï de Tanzanie, en passant par les Russes de Sibérie... Tous ont envie de vivre aujourd’hui, libres et égaux. Ce n’est pas toujours le cas, même si tous les gouvernements, toutes les sociétés clament haut et fort leur tolérance envers leurs minorités respectives. Aujourd’hui, je tiens à apporter mon soutien à ces minorités. Je souhaite affirmer ma volonté que tous les peuples soient égaux. Je me dis que nous avons beaucoup à apprendre de leurs cultures traditionnelles qu’ils gardent précieusement en les enseignant aux générations futures. La richesse d’un monde vient de ses individus et de sa diversité. Alors cultivons nos différences et apprenons de celles des autres.