Dubrovnik, ancienne république de Raguse, principale ville de la
Damaltie, connaît aujourd’hui un boom touristique important. Pourtant
l’Histoire et le prestige de la ville sont bien plus anciens. Pendant 5 siècles, elle fut même une république aristocratique indépendante, une cité-Etat, grande rivale de Venise.
A l’extrême sud de la Croatie, à la frontière avec le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine, Dubrovnik fut construite à flanc de falaise, coincée entre la
Méditerranée et les montagnes calcaires qui l’entourent. La ville, de 45 000 habitants, se compose en fait de deux parties : la vieille ville
(Stari Grad) construite entre le XIVème et le XVIème siècle, entourée de rempart, et la nouvelle ville
(Novi Grad).
Les
Vénitiens, les Ottomans ont tenté chacun leur tour, de conquérir Dubrovnik mais la cité a toujours négocié afin de conserver sa liberté et a, pour cela, dû payer parfois de lourds tributs. Mais en 1806, Napoléon débarque et met fin à la « République indépendante de Raguse ».
En 1815, la Dalmatie, avec Raguse, et les provinces Illyriennes revinrent à l'Autriche. Cette courte période de domination française avait cependant réveillé des aspirations nationales. La vie intellectuelle reprit : on chercha alors à faire revivre les traces littéraires et historiques de la nation croate. La langue, modernisée, fut remise
à l'honneur parmi l'élite du pays, principalement sous l'influence du clergé. Après des années de déception par rapport à la politique de Vienne, les Croates envisagèrent
l'union avec les autres Slaves du Sud et donc la destruction de l'empire austro-hongrois. Ce fut
d'ailleurs l'un des éléments déclencheurs de la Première Guerre mondiale. En 1918, les Croates s'unirent aux Serbes et aux Slovènes pour former le royaume de Yougoslavie. Mais les Serbes dominèrent bientôt le nouvel Etat, et la politique centralisatrice de Belgrade ne tarda pas à éveiller l'hostilité des nationalistes croates. Après l'assassinat en plein Parlement de Belgrade du député du Parti paysan croate, et sous l'impulsion d'Ante Pavelic, les «oustachis», partisans ultranationalistes d'une Croatie indépendante, se livrèrent à des actes de terrorisme : en 1934, ils assassinèrent à Marseille le roi Alexandre de Yougoslavie, puis, durant la Seconde Guerre mondiale, profitèrent de l'occupation de la Yougoslavie par les puissances de l'Axe pour se détacher de la Serbie et instaurer un Etat «indépendant» dirigé par Ante Pavelic ; cet «Etat» fut reconnu par Hitler et Mussolini dès sa fondation, en avril 1941. En 1945, la Croatie devint une des républiques constitutives de la République populaire fédérale de Yougoslavie. Mais les Croates avaient le sentiment que les particularités de leur langue n'étaient pas respectées. Le gouvernement de Tito réprima alors les manifestations et procéda à de nombreuses arrestations d'opposants et à une vaste épuration dans les rangs croates (on mentionne les chiffres de 741 exclusions et 411 démissions).
La mort de Tito en 1980, puis la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, l'écroulement de l'Union soviétique et le traitement répressif de la crise du Kosovo par le Serbe Slobodan Milosevic ne firent qu'accélérer la détérioration des rapports politiques au sein de la Fédération. En septembre 1990, les Serbes de Krajina proclamèrent leur autonomie sous le nom de « Région autonome serbe (RAS) de Krajina » et entrèrent en rébellion ouverte. Le 25 juin 1991, la Croatie fit sécession à son tour ; elle dut aussitôt faire face à une attaque des forces armées de la Fédération yougoslave soutenues par les organisations paramilitaires serbes. En moins de deux mois, les Serbes s'emparèrent du tiers du territoire croate. Ils bombardèrent massivement les villes les plus importantes de Croatie, mirent le siège devant Vukovar (27 août-18 novembre) et Dubrovnik (octobre-novembre) et expulsèrent les non-Serbes des territoires conquis.
Mais dans la guerre de Bosnie, qui débuta en avril 1992, le président croate Franjo Tudjman joua à l’inverse la carte de la partition territoriale et soutint les Croates sécessionnistes d'Herzégovine. Cependant, sous la pression américaine, il finit par souscrire au plan d'une fédération croato-musulmane (mars 1994). La guerre reprit en Croatie en 1995 après une période de relative stabilité. Tudjman n’avait cependant pas confirmer l'annexion par les Serbes des territoires conquis en 1991. En mai, l'armée croate passait à l'offensive et s'emparait de la Slavonie occidentale, puis en août de la Krajina. La modification du rapport de force sur le terrain favorisa la conclusion d'un cessez-le-feu en septembre, prélude à l'ouverture des négociations entre les présidents serbe, croate et
bosniaque.
Celles-ci aboutirent, le 21 novembre, à la signature, sous l'égide des Etats-Unis, du plan de paix de Dayton qui réglait la question bosniaque. En juillet 1996, la Croatie fut admise au sein du Conseil de l'Europe et un accord de reconnaissance mutuelle fut signé en août avec la République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro).
Mais les lendemain de conflit sont toujours difficile et le pays ne s’est remis que progressivement de ses stigmates. Alors que la Croatie connaissait un important flux touristique, notamment autrichien et allemand, ce n’est qu’à partir de 2002 que leur retour fut réellement significatif.
Aujourd’hui, la côte dalmate attire de nouveaux de nombreux visiteurs et Dubrovnik et redevenue le joyau de l’Adriatique.