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Depuis
mon 1er séjour à Sarajevo, en mai 2002, je m'étais promis que
jamais ne se passerai une année sans que j'y passe au moins
quelques jours. J'avais quitté ma ville le 11 septembre 2004,
après un séjour de 6 mois, la date limite approchait, il
fallait donc trouver une solution. Après de maintes interrogations sur la question du transport, (comment, à quel prix et avec qui),
je proposais à Patrick de m'accompagner et donc de partager les
frais de location et d'essence.
Or, ce vendredi 12 août, je devais fêter mes 25 ans, et le faire
à Sarajevo mon amour était le plus beau des cadeaux. Je décidais
donc de récupérer mes RTT et de prendre mes 10 jours pour partir
me ressourcer avec Pat. Mais avec plus de 2000 Km, un seul conducteur et 5 frontières à traverser, le voyage s'annonçait
périlleux… Que ne ferait-on pas pour aller en Bosnie...? ;)
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Départ, donc, le jeudi 11
août au sortir
de mon travail. Heureusement, la voiture de location est tout
confort, équipée d'un bon sound system (nécessaire pour les 30
heures de route qui nous attendaient !). Nous avions prévu les
provisions de nourritures & CDs... C'est parti…
Évidement, 2000 Km serait un peu long à raconter… On aurait pu parler de la recherche en pure perte du
Formule 1 de Mannheim aux alentours de minuit et du détour par
Karlsruhe pour trouver un hôtel à un prix abordable, mais à dire vrai les choses sérieuses ne commencent réellement qu'en Bosnie. Avant, tout se passe relativement bien : une route relativement dégagée ce qui nous permet des petites pointes de vitesse au-delà des limites autorisées (hum) ; la fameuse nuit en Allemagne (dont les autoroutes sont d'ailleurs mal fichues !) et puis l'Autriche, les montagnes, la Slovénie avec une petite pause à Ljubljana qui nous fit du bien malgré un temps grisonnant…
Mais voilà. Si Patrick s'aurait bien vu faire une pause sommeil
mérité à Zagreb, je voulais absolument arriver dans la soirée à Sarajevo…
pour mon anniversaire … Or, il est déjà 17h passé quand nous quittons Ljubljana, les heures de pointes, on se perd…
Heureusement, il y a une minute détente et un fou rire un peu
vert quand nous croisons une voiture effectuant une marche arrière sur l'autoroute en direction d'une sortie qu'elle avait
ratée !
Toujours sur l'autoroute, nous filons droit sur Zagreb, puis
direction Belgrade. Il est 20h30 passé
quand enfin nous sortons prendre une des rares routes qui pénètre en Bosnie.
Évidement, c'est une petite route de campagne avec une circulation qui se densifie progressivement ; Heureusement
Origin of Symmetry de Muse est là pour réveiller le conducteur car la nuit est déjà tombée… A force de se densifier, la circulation devient embouteillage puis immobilisation totale. Il nous faudra quelques minutes pour comprendre : la frontière bien sûr… Si on se doutait que cela allait être relativement long, mais on n'imaginait pas y passer plus d'une bonne heure… Pardonnez l'expression, c'était un vrai bordel ! Mais, en Bosnie (même si nous y sommes pas
encore), on apprend vite la patience...
Il est prêt de 22h quand, enfin nous entrons réellement en Bosnie. Les routes sont étroites, il fait nuit noire et bien sûr, il n'y a pas d'éclairage … Nous traversons
Banja Luka (principale ville de la partie serbe de Bosnie), nous avons quelques doutes quant à la direction… Quand il y a des indications, elles sont en cyrilliques et Sarajevo est rarement indiqué… Bon an mal an, nous pénétrons dans les montagnes…La route slalome dangereusement pour s'enfoncer profondément entre crêtes
recouvertes des sapins et gorges encaissées…
Patrick commence sérieusement à être fatigué, il fait nuit noire… Et ce qu'il n'avait pas encore compris en regardant sa minuscule carte d'Europe
(essayez donc de chercher à la dernière minute une carte détaillée de la Bosnie à la FNAC !), c'est que nous n'étions pas prêts d'arriver. Nouvelle surprise : au détour d'un lacet à
prés de 180°, qui nous fait passer d'une vallée à une autre, la circulation est de nouveau immobilisé. On s'arrête, on coupe le moteur comme tout le monde : un accident. Deux voitures sont au milieu de la route, impossible d'avancer, il faut attendre les dépanneuses… Attendre, encore et toujours… Nous sommes bien sûr les seuls étrangers sur cette route de Bosnie perdue au milieu des forêts…
Enfin, après 45 minutes d'attente, nous pouvons enfin repartir. On roule encore et toujours, ça tourne encore et toujours…
Alors que je m'efforçais de tenir la conversation pour maintenir éveiller le conducteur,
je fini par piquer du nez un moment. Je ne verrais pas la nouvelle surprise que nous réserve la route : devant nous, dans le brouillard dense qui vient de se lever, une voiture dont le pot d'échappement se met à flamber dangereusement,
slalome curieusement…
Je me
réveille plus loin pour un contrôle de routine de la police
Bosniaque. Papier, passeport, carte grise, carte verte... Le toutim.
Nous repartons sans encombre. Patrick a mal estimé la distance restant à parcourir et le niveau d'essence baisse dangereusement. Mais…
nous sommes en Bosnie… Trouver une station d'essence
passé minuit en pleine montagne est aussi facile que de trouver une buvette en pleine montagne suisse !
Il est 3h, quand enfin nous arrivons dans le canton de Sarajevo -
mon amour… Mais, il fallait bien un dernier incident pour célébrer dignement cette arrivée ! Au détour d'un carrefour donnant sur la
Sniper Allée, nous nous faisons arrêter par la police. Nous aurions franchi le carrefour au feu rouge selon eux. Un rouge qui semblait bien
orange à nous yeux… Il est donc 3h30 du matin, je tente d'expliquer en bosniaque
(ce qui les surprend un peu) que le feu était orange, que de toute façon
nous n'avons pas de liquide avec nous, que nous voulons rentrer nous
coucher, que c'est mon anniversaire… Ca prend pas mal de temps… Il devient manifeste que la contravention est en
fait plus une sorte de demande de bakchich. Mais, après 15 minutes d'âpres
tractations mon bagou fini par payer. Désabusés, ils nous laissent partir.
Nous arrivons donc, harassés, chez Sébastien qui nous loge à Grbavica, dans les hauteurs de Sarajevo d'où Patrick découvre cette ville magique…
Puis, malgré la fatigue, nous décidons tous les deux de descendre boire un verre en ville. Mais voilà, nous sommes le week-end du 15 août et tout le monde est sur la côte croate : la ville est déserte, tout est fermé sauf peut-être le
Clu-Jazzclub. Mais trop déprimé, nous rentrons à la maison pour une nuit de repos bien méritée…
Elo
B
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