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Pour Elo, qui avait suivi sa reconstruction jusqu'au jour de son
inauguration, le voyage n'était pas anodin. Pour moi, il s'agissait
bien évidement d'une découverte.
Notre première 'surprise', après quelques jours passé dans un
Sarajevo vidé d'une partie de sa population - et relativement peu
fréquenté par les touristes, fut évidement la foule qui arpentait
les pavés du centre de la vieille ville, de part et d'autre du
'nouveau vieux' pont. L'intégration de Mostar aux circuits
touristiques croates n'y est évidement pas pour rien dans le fait
que la plupart de ses visiteurs viennent principalement de la côte
dalmate.
Et pour être sincère, si le tourisme apporte une manne financière
non négligeable à la ville ainsi qu'à la région, cela fut une
expérience relativement déplaisante pour nous. Elo avait tissé avec
la Bosnie en général, Sarajevo et Mostar en particulier, un lien
privilégié qui s'accommodait que très modérément avec l'esprit du
tourisme de masse. Et pour ma part, il m'est toujours apparu
difficile de pouvoir appréhender l'esprit d'une ville entourée d'une
horde de touristes en short et chaussettes dans les sandales !
Enfin, c'est sans doute mon côté ours qui refit alors surface.
Cependant, après avoir enfin pu traverser ce magnifique pont hérissé
d'une foultitude de touristes, il devint rapidement manifeste que
les vacanciers n'osaient guère s'aventurer plus loin dans ville.
Notamment en direction de l'avenue qui fut la ligne de démarcation
entre zone Croate et Bosniaque durant le conflit qui les opposa à
partir de 1993.
Changement radical de décors. Ici, plus de touristes. Les
rénovations y sont loin, très loin d'être achevées. La
quasi-totalité des bâtiments bordant l'avenue sont mitraillés,
défoncés, éventrés, explosés ou rasés… Et donc inhabité…
Insensiblement, nous pénétrons dans la partie croate de Mostar. Ici
la ville ne s'est pas mise à l'heure du tourisme. C'est le centre 'industriel'
et d'affaire de Mostar. Rappelons rapidement ici que nous
sommes toujours en Bosnie-Herzégovine, et qu'il convient donc de
'relativiser', comme on dit, cette notion d'industriel et de centre
d'affaire !
La deuxième surprise, surtout pour moi, fut de découvrir à quel
point le 'nationalisme' croate s'affiche sans modération !
Cathédrale-bunker en béton armé et drapeaux croates aux dimensions
démesurées…
Ce
fut, en ce qui me concerne, une nouvelle blessure infligée par la
bêtise de tous les nationalismes, régionalismes et sectarismes de la
belliqueuse et, ici particulièrement traitresse, histoire humaine.
Nous y reviendrons plus loin.
Après
donc cette furtive escapade, nous décidons de reprendre notre route
en direction du sud afin de trouver le temps d'apprécier les
paysages qui nous mènerons à Dubrovnik…
Patrick
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sur le Festival Interculturel de Mostar
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