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Il
ne s’agit pas d’un squat. Il conviendrait, enfin, de redéfinir le
contenu de ce terme, tant il est chargé d’une teneur souvent négative.
Pour mémoire: le pire de la grande époque punk et skinhead, les
seringues utilisées à des fins strictement fonctionnelles, les
expulsions manu militari, etc ...
Si
l’immeuble haussmanien de la rue de Rivoli est effectivement un lieu
habité par des personnes n’ayant ni les motivations ni le profil type
de locataires conventionnels, ses occupants n’en méritent pas moins
la plus grande considération. Car
ce qu’ils tentent d’établir, de force, face au diktat de l’argent
et dans le cadre de tolérance maximale défini par le pouvoir politique
porte un nom : liberté. Et l’acception de ce mot, ici, ne
comporte rien de galvaudé.
Remplaçons
donc le terme squat par lieu de rencontres et de créativité collective
ou par espace de liberté, au sens le plus fort de ces désignations.
Pour
vérifier, comme je l’avance, l’exactitude de ces formules, il
faut, évidemment, se rendre soi même sur place. Ce, pourquoi pas,
comme je l’ai fait par un beau début d’après-midi printanier en
semaine, en ayant le privilège de parcourir ce lieu d’expositions
pour moi presque seul alors que les artistes et les visiteurs déjeunaient
ou se réveillaient, encore ailleurs. A
l’entrée de l’immeuble, se tiennent en permanence et en musique
quelques membres du collectif qui accueillent les visiteurs. Leur " bonjour "
empreint d’une volonté de dialogue et de transparence situé aux
exactes antipodes de cette même formule de politesse utilisée par des
commerçants aux seuils de leurs épiceries de tout ordre reflète
l’exact état d’esprit des lieux.
Car,
en attendant de faire la une de la presse people, les artistes résidants
sont parfaitement disponibles pour discuter de leurs œuvres et de leur
condition matérielle et existentielle.
Nous
voici donc en bonne place.
L’ascenseur
étant définitivement hors service au rez de chaussée, pour cause de
reconversion en cabine muette ou sont éclairées au néon des
radiographies, il faut donc emprunter l’escalier, lui aussi redéfini,
pour accéder aux cinq étages ou sont réinvestis les anciens
appartements en ateliers d’expositions appartenant aux différents créateurs.
Et
ici, lecteur d' @xé libre ;
permets-moi de te frustrer un peu en n’en disant pas d’avantage et
ce, dans la meilleure perspective de stimuler ta curiosité.
Les
photos numérisées ci-jointes sont quelques repères supplémentaires
destinés à t’enthousiasmer définitivement pour faire ton propre
voyage progressif dans ces lieux.
Un
portrait individuel d’artistes résidants à ELECTRONS
LIBRES, dûment sélectionné pour les internautes d’@xé libre,
et par amour de la plus grande objectivité artistique car, disons-le,
le meilleur côtoie souvent le plus discutable 1 au sein de ces
espaces, se trouvera prochainement sur le site.
Thibaut
Moinard
1:
Défaut de jeunesse du principe ? Vive la prochaine révolution
artistique, en ce cas !)
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