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French cinéma
Films cultes, courts métrages expérimentaux, documentaires
engagés
Au musée Guggenheim de New York, une rétrospective des quarante
dernières années de cinéma français mettait en lumière quelques-uns uns des meilleurs
chefs duvres de la période.
L'hiver dernier, le Guggenheim de New York affichait sa
francophilie : alors quune exposition sur lart contemporain
organisée en partenariat avec le centre Georges Pompidou occupait les murs de
limposante spirale qui caractérise lédifice, une salle au sous-sol
dévoilait au rythme de deux séances par jour les archives du cinéma français.
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« La rétrospective explore
les uvres produites depuis 1958 et les débuts du cinéma dynamique (dynamite ?
ndlr) de la nouvelle vague. Nous lavons organisée autour du thème de
lespace, tel quil a été traité par les cinéastes de la génération de
Godard ou de Blier » explique John Hanhardt, le commissaire de la
manifestation.
Entre le 17 octobre et
le 23 janvier, la rétrospective a donc évoqué lespace élargi du cinéma
français grâce aux nouveaux moyens de production ou aux nouveaux types de narration (Passion
de JLG, Le Boucher de Claude Chabrol
), puis elle sest baladée dans
lespace personnel, lunivers de lintime comme on dit de nos jours (Cléo
de 5 à 7 de Agnès Varda, Fait Divers de Raymond Depardon
), avant de
dresser un tableau du paysage socio-politique français de la cinquième République (La
Fiancée du Pirate de Nelly Kaplan, L.627 de Bertrand Tavernier
)
Les films choisis
létaient sans complaisance, parmi des productions pour la plupart peu exploitables
ou, en tous cas, peu exploitées. Ainsi, des uvres daccès difficile (Lola
de Jacques Demy, Le Camion de Marguerite Duras, La Jetée de Chris
Marker, Numéro Deux de JLG
), côtoyaient des films cultes comme La Maman
et la Putain de Jean Eustache, Les Valseuses de Bertrand Blier ou encore Le
Mépris (tiré dun autre roman dAlberto Moravia, brillamment filmé en
1963 par JLG loccasion de constater quil était parfaitement possible
dadapter à lécran cet auteur sans tomber dans lennuyeux
)
Ravis de pouvoir
goûter à la " qualité française " sur grand écran dans une
ville où la vidéo a radicalement pris le pas sur les cinémas dart et
dessais les spectateurs new-yorkais ont apprécié, pèle mêle, " lindépendance
de ton " des films, aux histoires " plus humaines,
plus proches de la réalité ". Ils ont été sensibles à la sensualité
qui se dégageait de certains films, voire même à la liberté sexuelle évoquée
parfois, " cest rafraîchissant de voir cette ambiance de douce
nonchalance au cinéma. " Mais cest avant tout la place accordée aux
personnages " naturels, filmés sans filtre de beauté sur la
caméra " qui distingue notre cinéma à leurs yeux : " Le
scénario est bâti généralement autour dune idée simple, ce qui permet
dentrer en profondeur dans lintimité des personnages. Ces histoires ancrées
dans la réalité te font réfléchir sur la vie, sur des situations, des réactions que
lon rencontre au quotidien. Quand tu sors du film, cest comme si tu avais
toi-même vécu lexpérience. Ou au moins comme si tu en avais discuté lors
dune bouffe entre amis
" Quelques cinéphiles ont quand même
regrettés une baisse de régime de la qualité, " Quest-il arrivé au
cinéma français ? On en entend toujours beaucoup parler, mais je nai rien vu
dintéressant récemment ".
Quant à nous, en
admirant la qualité des thèmes et des films choisis, on na pu que déplorer le
manque dinitiative de ce genre à Paris où, hormis à la vidéot
pardon, au
forum des images, la plupart des rétrospectives se contentent daligner les
uvres dun seul réalisateur, sans gros efforts de préparation.
Guillaume Jan
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