> > Open Yür Mind > @xé libre


Commenter, partager, conserver... :        Commenter     Flux RSS Envoyer Imprimer     Réduire le texte   Agrandir le texte     Partager sur Facebook   Partager sur MySpace !      

 
Diaporama Icones kieviennes du temps présent, par Gérard-Alexandre Sanchez-Allais Diaporama Icones kieviennes du temps présent, par Gérard-Alexandre Sanchez-Allais Diaporama Icones kieviennes du temps présent, par Gérard-Alexandre Sanchez-Allais

City Focus : KIEV, UKRAINE
Icones Kiévennes du temps présent

Fin 2004, la capitale de l’Ukraine fut le témoin, ou l’acteur, de cette Révolution Orange, dont la vox populi ouest-européenne et américaine célébra le caractère joyeux et spontané, comme l’annonce de jours forcément meilleurs, pour ce pays frappé par le sort à maintes reprises. De la famine du début des années 30, en passant par la seconde guerre mondiale, ce pays perdit tragiquement, en deux décennies plusieurs millions de ses habitants, pris entre le feu des totalitarismes et des guerres génocidaires. Comme si la France avait perdu 10 à 12 millions d’habitants entre 1930 et 1945. Survint la catastrophe de Tchernobyl, 20 ans déjà, qui jetait une lumière crue sur le danger nucléaire, le manque de transparence, la fragilité de nos équilibres, et la capacité héroïque des sacrifiés de l’atome, les 600 000 liquidateurs.
La vie s’était arrêtée à Tchernobyl, et toute la planète avait les yeux tournés vers l’Ukraine. La population fut déplacée et traumatisée. Kiev n’est pas si loin de Tchernobyl, une petite centaine de kilomètres, plus au Sud. Et rien ne semble indiquer que le feu nucléaire continue de couver, à une petite heure de voiture.

L’arrivée par l’aéroport est une bonne surprise : tout n’est pas encore trop moderne, ou trop sophistiqué, et l’on sent déjà des mutations entre la bureaucratie envahissante, mais résignée, et une effervescence empressée, bon enfant, témoignée par l’accueil souriant des gens. Passées les formalités administratives, et la sélection d’un taxi, le gigantisme soviétique, héritage fort présent, vous accueille, entre 2 rangées de conifères, à l’alignement impeccable, qui bordent la route infinie et si large, reliant l’aéroport à Kiev. Très vite, le système D local apparaît : occupants poussant leur voiture en panne sur la chaussée à 4 ou 5 voies, dans l’attente d’une dépanneuse, ou conducteur plongé dans le moteur de son automobile, en pleine réflexion. Aucun misérabilisme, aucun complexe, aucune lamentation : le trafic continue.

La ville est très verte, qu’il s’agisse des parcs, des rues, ou des allées d’immeubles, dans le centre, comme à la périphérie.
Les arbres, partout présents, n’ont pas encore laissé toute la place aux cohortes automobiles, et agrémentent l’espace urbain d’aires ombragées reposant, que les habitants et estivants peuvent apprécier en flânant dans la ville 

Le centre-ville semble comme neuf, ou apprêté pour la revue d’apparat. Une visite laissera découvrir des musées consacrés à l’Art en général, ou à l’Histoire du pays, de beaux édifices religieux et des immeubles bourgeois cossus. Après la seconde guerre mondiale, tout ou presque, a été reconstruit ou rénové, donc peu de bâtiments dans leur jus. L’ensemble, est finalement très concentré autour de cette artère commerciale et active qu’est le boulevard Khreshchatyk. 

Un lieu théâtral résume les paradoxes de l’histoire récente du pays, et d’un futur incertain : un centre commercial, et ses boutiques de luxe, constitue l’arrière-plan de la Place Maidan Nezalezhnosti, où se déroulent une grande partie des manifestations patriotiques, dont la Fête Nationale du 24 août. Entre les slogans politiques et commerciaux, l’enrichissement des uns ne laisse qu’une maigre place à la spoliation et à la frustration politique et économique des autres, c'est-à-dire la plus grande masse. Les Kiéviens considèrent que le pays n’abritera bientôt plus que deux classes : les très pauvres et les très riches… Nouveaux horizons et nouvelles fractures sociales…

Heureusement, la ville construite comme Rome sur 7 collines, offre d’autres visages, toujours verdoyants, et parfois champêtres… Vues imprenables sur le Dniepr (Dnipro en Ukrainien), ou sur certains quartiers de la ville, dont on comprend qu’elle est très étendue, à la tarification des taxis de la ville, qui va jusqu’à 100 kilomètres. 

Les échoppes, les boutiques des marchés, les centres commerciaux, témoignent d’un passage à l’économie de marché, qui n’est pas effréné, et auquel les Ukrainiens se préparent, avec un sens certain de l’adaptation et de l’improvisation. Il semble encore régner une autre manière de concevoir le temps, moins productiviste et plus chaleureuse. Une population, pleine d’humanité et qui semble encore prendre le temps de vivre… 

Dans ce temps de vivre, se situe sans doute l’enjeu de l’atmosphère de cette ville, à la fois capitale et champêtre, slave, russe et ukrainienne, moderne et traditionnelle,………………………………
Que la population s’équipe massivement en automobiles, et tout ce bel ordonnancement, où l’imbrication de la pierre, du béton et de la verdure, est omniprésente, et donne sa chaleur à la ville, son humanité, verra son équilibre se rompre, et avec lui, son charme.
Pourtant d’autres augures planent. L’avenir dira si l’Ukraine rejoindra ou non l’Union Européenne, si elle suivra une voie particulière, ou se tournera de nouveau vers la Russie. Le mouvement a été lancé pour imposer la langue ukrainienne à tous, à la place de la langue russe. Cette politique volontariste, et le souhait gouvernemental d’adhérer à l’Union Européenne, peuvent-ils mener à la refondation sociétale d’un pays intiment et fraternellement lié à la Russie, ouvrir de nouvelles perspectives pour les minorités russophones, en particulier, et pour toutes les minorités, de manière plus générale, notamment en matière de droits civils et politiques. Ou au contraire, créer une situation de tension avec ce grand et puissant voisin qu’est la Russie. C’est peut-être là que se situe un des chantiers majeurs de l’Europe culturelle et politique : les faits culturels ne peuvent être soumis à la seule volonté politique de type autoritariste et centraliste, et c’est un équilibre dynamique qui doit être trouvé. Au-delà, quand la question de l’adhésion de la Turquie dans l’Union Européenne est à l’ordre du jour, celle des liens entre l’Europe et la Russie devra l’être aussi, à tous les niveaux, et dans bien des domaines. L’Ukraine peut nous aider à recréer des liens humains et culturels avec l’ensemble russe. C’est un formidable laboratoire pour la citoyenneté culturelle en Europe.

Gérard-Alexandre Sanchez-Allais, 
Ibrido Paneuropeo


Voir le diaporama...

 


LES NEWS

PARTENARIAT

IMAGES ALEATOIRES

PUB