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photo Patrick Herrmann

 

LA PASSERELLE - espace equitable
Un peu à l'écart de l'animation néo branchée d'Oberkampf, dans une petite rue dérobée, un espace pluriculturel c'est installé il y a près de trois ans dans un ancien local industriel. Libraire altermondialiste, restauration bio et commerce3 équitable, expos photos, projection et concerts en font un endroit idéal pour flaner seul ou en groupe…
Rencontre avec Mayo, Caroline et Joël, les associés de La Passerelle. 

 


Pouvez-vous vous présenter ?
Caroline : Polyvalente
Joël : Touriste, homme à tout faire
Mayo : Moi c'est Mayo et je fais de tout… polyvalente, librairie surtout…

Quand la passerelle a-t-elle été créée ?
Mayo : En février 2003, soit 2 ans et demi maintenant.

Qu'est-ce qui vous a amené à créer ce lieu ?
Mayo : Le projet était de développer une expérience un peu alternative, on avait envie de proposer un lieu différent. Moi, je voulais y lier plusieurs activités (librairie et expo) tandis que Jeff était plus branché par la musique. Et, je crois que cet espace était vraiment idéal pour ça. Et du coup, toute l'ambiance de ce lieu est né de ce mariage…

Comment vous avez trouvé ce lieu ?
Mayo : Au départ on est naturellement passés par une agence. Mais comme on n'a jamais eut la possibilité de faire de crédit, on ne pouvait pas acheter le fond de commerce. Et pour cause, on n'était pas du métier. Moi, je sortais de l'imprimerie alternative et des maisons d'édition et Jeff était informaticien au PMU. Ca n'a rien à voir. Je savais même pas comment tirer une bière et je crois que je ne sais toujours pas comment ça fonctionne. Mais c'est pas grave. Ce n'est pas le plus important. - rires - Ici, on a un rapport différent avec les gens et je crois que c'est notre côté spontané qu'ils aiment avant tout. On commence à connaître les habitués, et c'est très important.

Qu'est-ce qu'il y avait avant ici ?
Mayo : Un atelier de réparation de machines à café. Il y a quelques années, le propriétaire a fait faillite en laissant quelques loyers de retard. Sur ce, est arrivé le propriétaire actuel qui a découvert qu'il y avait une verrière à l'étage (ici, au rez-de-chaussée c'était un garage, la grande porte bleue, qui est devenue notre " enseigne " en est la trace). Il a fait 8 mois de travaux puis il a ouvert un salon de thé, Chicha et dépôt vente. Sans grand succès, 6 mois plus tard, en décembre 2002, l'on passait un accord de location. 

Et toi, Caro, comment es-tu arrivée sur ce projet ? 
Caro : J'étais dans la restauration et déjà pas mal investie dans le commerce équitable, notamment sur un projet de bar alternatif. Il y a une personne qui m'a dit " j'ai des amis qui montent un projet un peu dans le même esprit ". On s'est rencontré et on a vite été sur la même longueur d'ondes et voilà….

C'est pas innocent ce choix de commerce équitable et bio. 
Mayo : Oui depuis le début. En fait, nous connaissions depuis longtemps Andines, une coopérative qui fait grossiste dans le commerce équitable . Dès le départ, il était évident, avec notre concept et nos idées politiques, qu'il devait être notre fournisseur. C'est à ce moment qu'est arrivée Caro. L'apport d'une troisième personne, actionnaire en plus, nous a soulagé. C'est d'ailleurs à ce moment je crois que l'on a commencé à faire du commerce équitable, tout simplement parce qu'à trois c'est plus facile à gérer.
Caro : L'idée est d'avoir des produits différents, jus de tomates, jus d'ananas ou de fraise, des cocktails originaux comme " Le filtre d'amour " et une bière de qualité.
Mayo : Je tiens quand même à préciser que sur les produits de commerce équitable on ne fait pas une très bonne " marge ". Quand j'offre un verre de jus de pommes ou autre c'est clair que c'est de la perte sèche. Mais c'est notre façon aussi d'avancer et de faire en sorte qu'on découvre aussi ce genre de produits. Pour nous c'est important. 
Caro : Et c'est pas si évident parce qu'on est en rupture de stock en permanence, on sait pas quand on va être livrés. C'est un suivi permanent…

Vous avez bénéficiés d'aides ou pas du tout pour ce projet ?
Mayo : Aucune aide !

Vous êtes en forme associative, SARL ou SCOOP ?
Mayo : SARL classique.

Et vous arrivez à vous rémunérer ?
Mayo : C'est bien là tout le problème ! Au départ, Jeff et moi étions aux Assedic déclarés créateurs d'emplois. Pendant deux ans on a bénéficié d'une allocation complémentaire. On avait nos salaires qui tombaient déclaré Assedic tous les mois. On a créé quatre emplois. Sauf qu'à partir de fin juin on n'a plus d'allocations chômages complémentaires et on va avoir trois salaires à payer intégralement. 
Nous on n'a jamais pensé à demander une aide. On a créé une structure avec plein de copain, Les Amis de la Passerelle, pour nous aider à racheter le fond de commerce. Mais pour le reste, on s'est débrouillés tous seuls. Maintenant qu'on est au pied du mur, on va faire quoi ? Cette année on sera déficitaires c'est tout.
Caro (sur le ton humoristique) : Ou on va devoir licencier pour se réembaucher nous-même… C'est idiot, mais apparemment c'est comme cela que ça marche.

Concernant le programmation et le reste ça se passe comment ? Qui s'occupe de quoi ?
Caro : J'ai été pendant 2 ou 3 mois à la programmation, Jeff avait la restauration, Mayo la librairie… Après moi j'ai repris la restauration, à la rentrée on tournera de nouveau... En fait, on essaye de tourner à peu près tous les trimestres ou semestres selon le ras-le-bol des uns ou des autres. Parce qu'évidemment certaines tâches sont plus ingrates et qu'on pouvait se les partager. 

Quel type de spectacles vous recherchez ici ?
Caro : Lectures, poésies, débats, projections de films. Il y a des conteurs qui viennent également. On a des spectacles pour enfants. Ce soir on a une soirée de soutient à la Palestine. On fait des semaines thématiques. La plupart du temps, ce sont les gens qui nous contactent directement. On ne démarche que rarement. On travaille plutôt sur des projets avec des associations. A ce moment là, on vient  en soutien de projets qui ont déjà un minimum de moyens parce qu'on n'a pas le temps nous-même de les monter intégralement. On essaye de concentrer ça le mercredi avec les soirées débats, projections de film etc. Le jeudi, c'est concert. 

Quel style de musique en général pour ces concerts ?
Caro : Chanson française, jazz, musiques du monde… Essentiellement pour une question d'acoustique, d'amplification et donc de voisinage. La prog reste limitée parce qu'avec qu'un soir dans la semaine, on est plein jusqu'à octobre. Le vendredi et samedi sont les jours où on peut faire notre chiffre d'affaire avec la restauration et le bar… Les gens sortent plus le week-end et on peut accueillir un maximum de personnes. 
En été, il y a beaucoup moins de monde parce que les gens préfèrent les terrasses ; par contre, en hiver, les gens font la queue pour l'ouverture, impatients de se mettre dans les canapés au chaud pour boire un petit thé.… 

Et donc le lundi c'est relâche ?
Caro : Dimanche et lundi oui !

Photos et propos recueillis par Nelly Reigner et Patrick Herrmann

 LA PASSERELLE - 3 rue Saint-Hubert -  75011 PARIS - + 33 11 43 57 04 82 

 EXPO DES VILLES, DES VIES organisée dans le cadre du concours @xé libre / Open Yür Mind à partir du 21 janvier - vernissage le mardi 21 février à partir de 20 h !

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