> > Open Yür Mind > @xé libre


Commenter, partager, conserver... :        Commenter     Flux RSS Envoyer Imprimer     Réduire le texte   Agrandir le texte     Partager sur Facebook   Partager sur MySpace !      

Découverte pour son interprétation sensible d'une candidate à l'émigration dans Je vous trouve très beau, l'actrice roumaine Medeea Marinescu nous ouvre une lucarne sur son pays. En attendant l'adhésion du pays à l'Union Européenne, le 1er janvier prochain.

MEDEEA MARINESCU

 

Une roumaine à l'heure de l'Europe

   

Si le public français l'a découverte pour la première fois dans Je vous trouve très beau, Medeea Marinescu est cependant loin d'être une inconnue en Roumanie. Le public la connaît en effet depuis ses 6 printemps, alors qu'elle interprétait son premier grand rôle dans la comédie musicale Maria Mirabela, cultissime dans le pays. Cette enfant de la balle a grandi entourée d'acteurs : son père dirigeait des studios de cinéma et sa mère était maquilleuse sur les plateaux de tournage. A aujourd'hui 32 ans, elle ne compte plus les films et les pièces dans lesquels elle a joué. Elle répète actuellement le Bourgeois Gentilhomme en tant que sociétaire du Théâtre National de Bucarest, l'équivalent roumain de notre Comédie française. A quelques mois de l'adhésion de la Roumanie à l'Union Européenne, elle a trouvé le temps de répondre à quelques questions sur son pays et sa capitale, Bucarest.
 
En tant que représentante de votre pays, que pensez-vous de l'accueil que vous avez reçu en France ?
Etre en tête du box-office pendant 2 mois, ce n'est pas rien, d'autant plus que Je vous trouve très beau est toujours à l'affiche. Avec toute l'équipe du film, nous ne nous attendions pas à un tel succès. Je suis venue avec mon univers, ma sensibilité, et le public français a accueilli ce monde inconnu les bras grands ouverts. J'ai reçu beaucoup de courrier et j'ai été très surprise par la réaction enthousiaste et émue des spectateurs, notamment au festival de Sarlat : impossible de retenir mes larmes ! A la veille de l'accession de la Roumanie à l'Union européenne, je suis heureuse que le film puisse donner une vision du pays influençant favorablement l'opinion publique.

Je vous trouve très beau montre de nombreuses candidates à l'expatriation : à quoi aspirent les Roumaines aujourd'hui ?
Ici, les gens se démènent pour survivre. Ils ont peur de prendre des risques, peur du futur. Pour les jeunes, c'est différent. Tous veulent une vie meilleure. Ceux qui partent à l'étranger le font souvent avec l'intention de revenir au pays et de construire des projets.

Que va changer l'Europe pour le pays ?
Je pense que la nouvelle génération parviendra à changer les mentalités héritées du communisme, car ils ont la chance de voyager, de communiquer avec d'autres cultures, et de découvrir comment les autres travaillent, la manière dont ils mènent leur vie et font avancer les choses. L'Europe favorise ce type d'échanges.

Quel est, selon vous, le meilleur ambassadeur de la Roumanie à l'étranger ?
Je trouve que c'est la culture. Il existe une longue tradition d'excellence dans ce domaine : Eugène Ionesco, les écrivains Emil Cioran et Mircea Eliade, le dramaturge Caragiale sont tous des enfants du pays… Nous avons de grand musiciens, de grands acteurs et d'excellentes compagnies de théâtre.

Qu'est ce qui vous rend fière de votre pays ?
Le potentiel humain. Il suffit d'observer l'effervescence culturelle actuelle pour comprendre que la Roumanie a beaucoup à apporter. Bien sûr, après 50 années de communisme, il faudra du temps pour que les choses se mettent en place.


ZOOM SUR BUCAREST

Bucarest a la réputation de ne pas être une belle ville à cause des nombreuses barres de béton héritées de l'époque communiste. Pourtant, la ville a été surnommée un temps "le petit Paris" pour son architecture…
Il est vrai que Ceausescu a détruit de nombreuses maisons anciennes pour construire de grands blocs d'habitation. Cela a choqué de nombreuses personnes. Je me souviens que lorsque j'étais enfant, on a annoncé à mes parents que notre maison devait être démolie : nous avons alors dû déménager.
Mais, architecturalement parlant, de très beaux quartiers ont survécu à cette époque. Aux alentours du boulevard Kiseleff, au nord de la ville, on trouve de véritables petits palais, très anciens. Evidemment, avec le temps, ils ont besoin d'être embellis. Je pense que la variété des styles d'architecture constitue un sérieux potentiel pour que Bucarest devienne très belle.

Pouvez-vous nous faire le portrait-robot du Bucarestois-type ?
Bucarest concentre toutes les administrations et les centres décisionnels du pays (banques, entreprises…). Comme dans toutes les métropoles actives, les gens y son nerveux, anxieux. Globalement parlant, je dirais qu'ils sont très directs dans leur manière d'agir et de s'exprimer : ils ne sont pas très diplomates !

Quel est le comble de l'excentricité pour les Bucarestois ?
Conduire calmement. Le trafic est intense ici, et si vous conduisez sans klaxonner, vous êtes immédiatement identifié comme un non-Bucarestois.

Dans quel endroit de la ville emmenez-vous systématiquement vos invités ?
Je les emmène au théâtre pour voir les grandes pièces du moment. J'aime aussi les emmener dans des restaurants à l'atmosphère classique et élégante : La Cocosatu dans le quartier Baneasa, ou Mc Moni's. On y déguste une excellente cuisine traditionnelle.

Que faites-vous le dimanche à Bucarest ?
Lorsque je ne joue pas au théâtre, je pars à la campagne. C'est le cas de nombreux Bucarestois, qui se rendent dans leur famille ou leur maison secondaire, pour échapper au stress de la ville. Les Roumains sont très proches de la nature et des traditions.
 
Cécile Verdier

Née à Bucarest le 27 mai 1974, Medeea Marinescu a fait d'abord des études musicale (Jazz) avant son entrée dans la prestigieuse Académie de Théâtre et de Films de Bucarest. Sociétaire pendant 7 ans au théâtre National de la ville, elle s'illustre dans un grand nombre de pièces, en Roumanie mais aussi en Angleterre.
Elle mène également de front une carrière au cinéma, avec une vingtaine de films (son premier était à l'âge de trois ans) Véritable star en Roumanie, elle se fait remarquée dès son plus jeune âge. A six ans elle joue dans Maria Mirabela de Gopo, (réalisateur primé par la palme d'or à Cannes en 1959), à 11 ans elle reçoit le prix de la meilleure actrice par l'Association du Cinéma Roumain). Afin de la récompenser pour sa jeune mais riche carrière, elle reçoit en 2004 "l'Etoile Roumaine" pour mérite culturel (décoration officielle).

 

A lire également :

Retour au focus Roumainie - Cultures & Identités

Roms et roumains, à l´heure de l´Europe

Bucarest vu par ses habitants

City-Focus, Bucarest la reconversion électro

Réagir sur le Forum

Sommaire de la rubrique


LES NEWS

PARTENARIAT

IMAGES ALEATOIRES

PUB