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Découverte pour son interprétation sensible d'une candidate à
l'émigration dans Je vous trouve très beau, l'actrice roumaine Medeea
Marinescu nous ouvre une lucarne sur son pays. En attendant l'adhésion
du pays à l'Union Européenne, le 1er janvier prochain.
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MEDEEA MARINESCU
Une roumaine à l'heure de l'Europe
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Si le public
français l'a découverte pour la première fois dans Je
vous trouve très beau, Medeea Marinescu est
cependant loin d'être une inconnue en Roumanie. Le
public la connaît en effet depuis ses 6 printemps, alors
qu'elle interprétait son premier grand rôle dans la
comédie musicale Maria Mirabela, cultissime dans le
pays. Cette enfant de la balle a grandi entourée
d'acteurs : son père dirigeait des studios de cinéma et
sa mère était maquilleuse sur les plateaux de tournage.
A aujourd'hui 32 ans, elle ne compte plus les films et
les pièces dans lesquels elle a joué. Elle répète
actuellement le Bourgeois Gentilhomme en tant que
sociétaire du Théâtre National de Bucarest, l'équivalent
roumain de notre Comédie française. A quelques mois de
l'adhésion de la Roumanie à l'Union Européenne, elle a
trouvé le temps de répondre à quelques questions sur son
pays et sa capitale, Bucarest.
En tant que représentante de votre pays, que
pensez-vous de l'accueil que vous avez reçu en France ?
Etre en tête du box-office pendant 2 mois, ce n'est pas
rien, d'autant plus que Je vous trouve très beau est
toujours à l'affiche. Avec toute l'équipe du film, nous
ne nous attendions pas à un tel succès. Je suis venue
avec mon univers, ma sensibilité, et le public français
a accueilli ce monde inconnu les bras grands ouverts.
J'ai reçu beaucoup de courrier et j'ai été très surprise
par la réaction enthousiaste et émue des spectateurs,
notamment au festival de Sarlat : impossible de retenir
mes larmes ! A la veille de l'accession de la Roumanie à
l'Union européenne, je suis heureuse que le film puisse
donner une vision du pays influençant favorablement
l'opinion publique.
Je vous trouve très beau montre de nombreuses
candidates à l'expatriation : à quoi aspirent les
Roumaines aujourd'hui ?
Ici, les gens se démènent pour survivre. Ils ont peur de
prendre des risques, peur du futur. Pour les jeunes,
c'est différent. Tous veulent une vie meilleure. Ceux
qui partent à l'étranger le font souvent avec
l'intention de revenir au pays et de construire des
projets.
Que va changer l'Europe pour le pays ?
Je pense que la nouvelle génération parviendra à changer
les mentalités héritées du communisme, car ils ont la
chance de voyager, de communiquer avec d'autres
cultures, et de découvrir comment les autres
travaillent, la manière dont ils mènent leur vie et font
avancer les choses. L'Europe favorise ce type
d'échanges.
Quel est, selon vous, le meilleur ambassadeur de la
Roumanie à l'étranger ?
Je trouve que c'est la culture. Il existe une longue
tradition d'excellence dans ce domaine : Eugène Ionesco,
les écrivains Emil Cioran et Mircea Eliade, le
dramaturge Caragiale sont tous des enfants du pays… Nous
avons de grand musiciens, de grands acteurs et
d'excellentes compagnies de théâtre.
Qu'est ce qui vous rend fière de votre pays ?
Le potentiel humain. Il suffit d'observer
l'effervescence culturelle actuelle pour comprendre que
la Roumanie a beaucoup à apporter. Bien sûr, après 50
années de communisme, il faudra du temps pour que les
choses se mettent en place.
ZOOM SUR BUCAREST
Bucarest a la réputation de ne pas être une belle
ville à cause des nombreuses barres de béton héritées de
l'époque communiste. Pourtant, la ville a été surnommée
un temps "le petit Paris" pour son architecture…
Il est vrai que Ceausescu a détruit de nombreuses
maisons anciennes pour construire de grands blocs
d'habitation. Cela a choqué de nombreuses personnes. Je
me souviens que lorsque j'étais enfant, on a annoncé à
mes parents que notre maison devait être démolie : nous
avons alors dû déménager.
Mais, architecturalement parlant, de très beaux
quartiers ont survécu à cette époque. Aux alentours du
boulevard Kiseleff, au nord de la ville, on trouve de
véritables petits palais, très anciens. Evidemment, avec
le temps, ils ont besoin d'être embellis. Je pense que
la variété des styles d'architecture constitue un
sérieux potentiel pour que Bucarest devienne très belle.
Pouvez-vous nous faire le portrait-robot du
Bucarestois-type ?
Bucarest concentre toutes les administrations et les
centres décisionnels du pays (banques, entreprises…).
Comme dans toutes les métropoles actives, les gens y son
nerveux, anxieux. Globalement parlant, je dirais qu'ils
sont très directs dans leur manière d'agir et de
s'exprimer : ils ne sont pas très diplomates !
Quel est le comble de l'excentricité pour les
Bucarestois ?
Conduire calmement. Le trafic est intense ici, et si
vous conduisez sans klaxonner, vous êtes immédiatement
identifié comme un non-Bucarestois.
Dans quel endroit de la ville emmenez-vous
systématiquement vos invités ?
Je les emmène au théâtre pour voir les grandes pièces du
moment. J'aime aussi les emmener dans des restaurants à
l'atmosphère classique et élégante : La Cocosatu dans le
quartier Baneasa, ou Mc Moni's. On y déguste une
excellente cuisine traditionnelle.
Que faites-vous le dimanche à Bucarest ?
Lorsque je ne joue pas au théâtre, je pars à la
campagne. C'est le cas de nombreux Bucarestois, qui se
rendent dans leur famille ou leur maison secondaire,
pour échapper au stress de la ville. Les Roumains sont
très proches de la nature et des traditions.
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Née à Bucarest le 27 mai 1974,
Medeea Marinescu a fait d'abord des études musicale (Jazz)
avant son entrée dans la prestigieuse Académie de Théâtre et
de Films de Bucarest. Sociétaire pendant 7 ans au théâtre
National de la ville, elle s'illustre dans un grand nombre
de pièces, en Roumanie mais aussi en Angleterre.
Elle mène également de front une carrière au cinéma, avec
une vingtaine de films (son premier était à l'âge de trois
ans) Véritable star en Roumanie, elle se fait remarquée dès
son plus jeune âge. A six ans elle joue dans Maria Mirabela
de Gopo, (réalisateur primé par la palme d'or à Cannes en
1959), à 11 ans elle reçoit le prix de la meilleure actrice
par l'Association du Cinéma Roumain). Afin de la récompenser
pour sa jeune mais riche carrière, elle reçoit en 2004
"l'Etoile Roumaine" pour mérite culturel (décoration
officielle). |
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