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Ni syndical, ni politique, le collectif "PETER PAN" propose en pleine campagne électorale un vote radicalement axé sur la promotion de la culture et la prise de conscience urgente de ses enjeux par les citoyens et les élus. Au-delà du traditionnel vote contestataire souvent profitable à toutes les extrêmes et des nombreuses abstentions prévisibles pour la présidentielle et les législatives à venir, voter PETER PAN serait donc une alternative utilitariste envisageable. Intrigués par cette candidature, nous sommes allés à la rencontre de Pascal Pistone, membre emblématique de ce mouvement, qui se défend pourtant d'être assimilé à une sorte de leader.
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Le collectif PETER PAN "pour la survie des rêves" annonce, en paraphrasant Malraux: "le 21e siècle sera culturel ou ne sera pas." L'obscurantisme étant, schématiquement, l'antithèse de la culture, Peter Pan se mesure-t-il cette fois ci à un adversaire trop fort pour
lui ?
Nous pensons que la Culture est l'affaire de tous. Si le rôle de l'Etat est de susciter une impulsion, c'est à chaque citoyen et surtout à l'ensemble des associations concernées de promouvoir et d'organiser cet essor. Que serait la politique culturelle (au sens large) sans la présence des 700 000 associations françaises ? C'est l'ensemble de ces initiatives associatives que l'Etat doit davantage encourager.
Vous n'avez pas cherché à obtenir les "500 signatures de maires". Celles-ci, rappelons-le, existent pour filtrer les candidatures supposées fantaisistes. Ceci ne semble pas concerner la votre. Pourquoi ne pas avoir tenté d'aller au bout de votre démarche ?
Le but d'une petite liste n'est pas d'être élue, mais de provoquer une prise de conscience de la part des élus et des électeurs, par un débat médiatique. Le vote " PETER PAN " ne demeure pas un canular pour autant. Il correspond à une contestation politique, et surtout à une volonté de la part de chacun de renouer avec ses propres rêves.
Votre manifeste, très sérieusement étayé, dénonce les disfonctionnements flagrants de notre société et propose surtout des initiatives -réellement- citoyennes pour y remédier. Pouvez- vous nous citer celles qui vous tiennent le plus à cœur
?
Notre collectif rassemble des artistes, des intellectuels, des étudiants, des travailleurs, qui partagent l'intime conviction que l'on peut régler bon nombre des problèmes d'aujourd'hui (violence, sécurité, civisme, intégration) par une réorganisation et un véritable essor de la politique culturelle.
En fait, ce n'est pas tant une question d'argent qu'une question de réorganisation de la politique culturelle et des structures qui la gèrent. Les loisirs et la culture sont des éléments capitaux pour l'équilibre d'une société. Il y a beaucoup de projets associatifs qui demandent à être soutenus et qui peuvent augmenter de façon considérable les possibilités de pratiques artistiques ou sportives; et si une minorité d'entre elles voit le jour, cela est bien souvent dû à l'organisation des structures gérant la culture. Un exemple : celui des attachés culturels des mairies d'arrondissements. Ces personnes sont énormément sollicitées par les associations de plus en plus nombreuses et qui ne trouvent pas la plupart du temps le soutien (pas seulement financier) dont elles ont besoin pour la réussite de leur projet. La cause est liée en grande partie au statut des attachés culturels; souvent bénévoles, exerçant à côté une autre profession très astreignante, généralement présents en mairie deux à quatre demi-journées par mois, ils n'ont absolument pas la possibilité de s'occuper sérieusement de l'ensemble des dossiers à traiter (de nombreux Présidents d'associations artistiques ou culturelles ont pu expérimenter cet aspect). Cette lenteur administrative décourage plus de 60 % des initiatives associatives, réduit la crédibilité des institutions, et surtout brise trop souvent l'impulsion porteuse de l'énergie nécessaire pour la réussite d'un projet. La France passe ainsi à côté de bon nombre de ciné-clubs de quartiers, d'associations sportives, de projets d'animations artistiques de toutes sortes.
Il y a actuellement en France plus de 700 000 associations qui regroupent quelques 10 millions de salariés et bénévoles. Ce qui est véritablement surréaliste, c'est le fait que des gens capables de créer une structure juridique, de rassembler des adhérents - afin de développer un rêve, une passion, une activité qui rendra bien souvent service à une collectivité ou un groupe d'individus - se désintéressent aujourd'hui de la vie politique de leur pays ou de leur municipalité. Il n'est pas démagogique de penser que bon nombre de présidents d'associations ont parfois été plus utiles et productifs que la plupart des élus politiques. Et tant que ces élus ne s'appuieront pas pleinement sur l'ensemble de ces initiatives populaires (que représentent les associations), leur travail semblera toujours invisible aux citoyens, ou inefficace. Une trop grande majorité de citoyens sont encore prêts à dire que, quels que soient les partis politiques pouvoir, rien ne change pour eux d'une manière visible.
Soulignons que l'intérêt des citoyens pour la politique - tel qu'il est souhaité par nos élus et par de nombreuses petites listes proposant notamment des référendums d'initiative populaire - existe d'une certaine manière à travers la multitude des projets associatifs. C'est ce que la plupart des politiciens semblent oublier ou négliger.
Pourtant la réduction du temps de travail devrait aller de paire avec une solide politique culturelle. En effet, il s'agira désormais, dans les décennies à venir, de combler le temps de plus en plus important réservé aux loisirs. Après les 35 heures, viendra la semaine de 4 jours, puis peut-être de 3 jours avant la fin de ce siècle. Certains détracteurs de la réduction du temps de travail prétendent parfois que l'Homme est incapable de gérer intelligemment ses loisirs, qu'il ne pourra que s'abrutir davantage devant la télévision. C'est donc bien à l'Etat de lui donner les moyens d'organiser son temps libre, et cela passe également par un apprentissage (le rôle de l'Ecole devient donc essentiel)
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