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Concours photos @xé libre : des villes, des vies
Dans le cadre de ses 10 ans, le magazine @xé libre, en partenariat avec l’association Open Yür Mind , organise un concours photos en vue d'expositions sur le site, dans des salles parisiennes, en région ainsi qu'à l'étranger à partir de février 2006. Le concours comprend deux thématiques distinctes. Il est ouvert à tous photographes amateurs ou professionnels indépendants.
"Au delà ces clichés : des villes, des regards…"
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@xé libre - Rétrospective Jérome Bosch en Hollande

Jérôme Bosch :

Rétrospective Jérome Bosch en Hollande.

Musée Boijmans Van Beuningen

Rotterdam / Pays Bas

+ 31 10 44 19 400/470

www.boijmans.rotterdam.nl.

L'énigme principale de la vie et de l'œuvre de Jérôme Bosch (~ 1450-1516) réside en ce que le foisonnement exhibitionniste  de ses créatures spirituelles, aberrantes, perverses  et polymorphes, en un mot: humaines, résista à toutes les formes de censures recensées à ce jour.

En effet...

À la question: "Bosch est-il moralement et socialement obscène?"

Les réponses sont:

¨        Portraiturer ce qui manifestement représente des "bien-pensants" déféquer leurs "sous" méthodiquement engrangés face à la pression, si j'ose dire, de monstres  de l'enfer constitue une atteinte insupportable à ce qui se nomme l'ordre (petit) bourgeois, ce, quelles que soient les déclinaisons anciennes ou actuelles de l’appellation

¨        Peindre des êtres humains visiblement heureux dans leur nudité et leur innocence paradisiaque comme parangon de mode existentiel, ne fût jamais un idéal porté à l'ordre du jour des castes dirigeantes. Au contraire (dans l'esprit de: diviser pour mieux régner; brimer les mœurs pour mieux contrôler les individus etc.)

Aux interrogations habituelles: "Bosch fût-il un peintre  aux ordres de commanditaires cléricaux; sa peinture est-elle psychédélique avant l'heure?"

Les répliques sont:

¨        Sa  Foi et la conscience aiguë de la mystique de son temps indubitablement synthétisées par son génie artistique éclairent de cieux azuréens et de sinistres lueurs orangées émanant de contrées infernales les strates multidimensionnelles de son oeuvre. Celle-ci, cependant, recèle une liberté expressive proportionnellement antinomique à un dogmatisme aveugle et sclérosant. Il convient donc d'admettre qu'en amont d'une réputation de respectable Hollandais judicieusement marié, Jérôme Bosch disposa d'un remarquable talent.. d'escamoteur.

¨        Supposer que la relation  occidentale aux psychotropes de toute nature remonte au début du  mouvement Hippie ou, au plus loin, aux expériences Baudelairiennes procède d'une vue de l'esprit assez réductrice.  Par contre, la neurologie admet que les types d'hallucinations déclenchées artificiellement varient considérablement en fonction de la nature profonde de chacun. Ceci implique que si il s'avérait que le peintre du "Jardin des délices" eut des accointances avec des alchimistes de surcroît experts en mycologie,  par exemple,  l'origine exacte de son univers hautement fantasmagorique ne s'en trouverait pas particulièrement plus explicitée.

Ce rappel à l’ordre établi, par quelle passerelle aborder la nef folle de ce peintre insolite et, soit-dit en passant, remarquable technicien ?

Il faut, à tout prix, se rendre au crépuscule d’un jour froid et sec en rase campagne. Seul. Puis s’allonger, torse nu, contre le sol chargé des atavismes monstrueux et sublimes des terres européennes.

Alors, l’œil de l’esprit peut illuminer brusquement notre conscience et lui signifier à quel point certaines frontières mentales sont contingentes de perceptions lucides terrifiantes.

Ceci afin de se souvenir. Que cette fin d’un moyen age à peine remis de ses superstitions millénaristes exhalait  par l’ensemble de ses pores anxieuses les relents nauséabonds d’excréments animaux et humains qui peuplaient l’environnement usuel de nos presque semblables. Que l’inculture, l’empirisme le plus puéril, les brutalités physiques et verbales de toute sorte appartenaient au lot ordinaire des échanges sociaux d’alors. Pour mesurer l’ampleur de cette assertion il suffit, d’ailleurs, d’établir une simple projection, pourtant vertigineuse, avec l’équilibre si fragile de nos sociétés contemporaines.

En conséquence, il devient limpide de réaliser que ce Christ saignant son martyre (Ecce Homo/Présentation du Christ au peuple) ne fut peint par perversion ou sadisme mais par transfert. Ce, par  un artiste visionnaire, en premier lieu, de la réalité quotidienne.

Car les hominiens vivants dans les tableaux de Jérôme Bosch ne proviennent pas de l’imagination d’un aimable conteur narrant à l’aide du luth les passions humaines.

Au contraire, une cohorte d’instruments reconsidérés exécute une symphonie stupéfiante qui  escorte ces Êtres au sortir du réflecteur mental de haute précision que cet interprète hypersensible eut le talent, au péril de son propre déséquilibre, de positionner à l’angle de réfraction le plus véridique situé entre les ténèbres humaines et la révélation scintillante de la peinture.

Que chacun soit croyant ou non, force est de constater qu’une grâce Christique illumine l’autre pendant de l’œuvre de ce peintre du XV° siècle.

Ainsi, les sourires paisibles mais néanmoins avertis de la série des "Saints", dont l’admirable "Saint Antoine" exposé au Prado, irradient la rédemption salvatrice et bienfaisante qui semble si indispensable pour contenir les forces sombres et tentaculaires abondamment brossées par ailleurs.

Et si, en somme, nous devions admettre que les cryptages picturaux de Hiéronymus Bosch dépendent en majeure partie de la fondamentale mais toutefois  fort courageuse analyse que nos consciences individuelles et collectives exigent en permanence du fond de nos âmes ?

L’ Esprit de ce contempteur hors pair pourrait-il, à la fin des temps terrestres,  fort de sa mission accomplie, prendre enfin un repos éternel amplement mérité ?

Thibaud Moinard

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