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Concours photos @xé libre : des villes, des vies
Dans le cadre de ses 10 ans, le magazine @xé libre, en partenariat avec l’association Open Yür Mind , organise un concours photos en vue d'expositions sur le site, dans des salles parisiennes, en région ainsi qu'à l'étranger à partir de février 2006. Le concours comprend deux thématiques distinctes. Il est ouvert à tous photographes amateurs ou professionnels indépendants.
"Au delà ces clichés : des villes, des regards…"
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@xé libre - Un art populaire - Fondation Cartier

DANS L'HISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE, PHOTOGRAPHIE DOCUMENTAIRE ET PHOTOGRAPHIE PLASTICIENNE CONVERSENT.. OU SE SITUE LA FRONTIERE DE L'UNE A L'AUTRE ? NI LE TEMPS NI LE MOT NE LIMITE L'IMAGE...LA PHOTOGRAPHIE N'APPARTIENT PAS SEULEMENT A L'HISTOIRE DE L'ART. ELLE A AUJOURD'HUI UN PASSE SUR LEQUEL IL SERAIT GRAND TEMPS DE S'APPUYER POUR SORTIR DE CETTE SUBORDINATION ABUSIVE AUX ARTS PLASTIQUES, ET SE DELIVRER DU DEBAT SCLEROSANT : CELUI DE LA FIGURATION ET DE L'ABSTRACTION.

Anonyme, 1845, Londe, 1895, Bragaglia, 1928, Funkat, 1931, Lange, 1936, Klein, 1955, Ghirri, 1973, De Jaeger, 1980, Ackermann, 2000, Ducruet, 2001, Saquet, 2001, Ceccaroli, 2001, Goujon, 2001, Fernandez, 2001, Fraicher, 2001, Nizio, 2001

Duel photographique

On croyait en être définitivement sortis. Eh bien nous nous sommes bien trompés. Sortis de quoi ? Du débat sur la photographie comme art, ou non. On se souvient tous des prises de positions de Baudelaire, de la réponse de Walter Benjamin à Marinetti (même si l'on a, pour une partie d'entre nous, oublié en quoi cela avait concerné le second), des débats houleux qui ont animés le siècle, autour particulièrement  des Rencontres entre photographie et art contemporain.

La photographie à l'épreuve de sa pérennité... Pour un support qui défend  la permanence de l'éphémère, c'est un peu perturbant.
Mais de quoi parlons nous au juste ? Eh bien nous parlons de l'art photographique. Ah ! L'art photographique me direz-vous. Oui, parce qu'il existe un art photographique. On en a longtemps douté.

On a placé la photographie du côté du document, de la marque, de la trace, de l'inscription, du mémoriel, de la dénonciation aussi, d'une réalité. Photographie de famille, photographie de paysage, puis photographie de ville, photographie de guerre, photojournalisme... Toute cette photographie, sociale, humaniste, anthropologique, essentielle, qui est, a présidé à La Photographie, c'est à dire  non pas à ce qu'elle n'est plus mais à ce qu'elle est : un Art, à part entière.

Et alors, que se passe-t-il, l'aurait-on oublié-e ?

...Qui ? Cette photographie ? Non, me répondrez-vous, regardez, elle revient ! Bruxelles, Bâle, Venise, Arles ! Elle est partout. L'Anonyme disait Arles ? La photographie humaniste vient à la rescousse ! A croire parfois qu'elle fait de l'humanitaire, la photographie. Pourquoi de l'humanitaire ? Parce que tout le monde en fait, de l'humanisme.  De cette "sorte de photographie "moyenne" dont la fonction dans une exposition d'art contemporain n'est pas clairement établie" (Régis Durand in Le journal des arts n° 130).

...Quoi ? Qu'elle a donné naissance à un art à part entière et notamment au travers d'autres formes, comme la photographie-platsicienne ? Peut être bien.

Mais ne vous méprenez pas. Nous considérons, nous, la photographie anthropologique, de reportage, réaliste, documentaire, paysagiste, comme un Art. Au fil des pages du dernier Ceccaroli, publié le mois dernier chez Actes Sud, nous éprouvons l'image, nous jouissons du spectacle, nous nous emportons avec lui, nous redécouvrons le monde. Et c'est justement parce que nous aimons cette photographie là que nous ne souhaitons pas la voir disparaître : ni sur la scène du marché de l'art, expulsée au profit d'une autre (ce n'est jamais arrivé, et le danger n'a jamais semblé aussi éloigné), ni sous une profusion d'expositions souvent "bas de gamme" mais édifiées  pour contenter les caprices d'un marché qui a décidé, il y a quelques mois de cela, "d'exposer cette photographie parce que l'image est directe et qu'elle plait". Voici ce qu'on en dit. Voici pourquoi on la choisit : la photographie est l'instrument par lequel le marché de l'art contemporain pense échapper à l'impasse dans laquelle se trouve, depuis un petit moment déjà,  l'art contemporain. 

La photographie est l'instrument par lequel marchands, galeristes, critiques, acteurs divers et variés espèrent rétablir un dialogue avec un public en mal de compréhension.

Flattée la photographie ? Pensez ce que bon vous semble. Nous, nous la trouvons bien malmenée...

La photographie est devenue, doucement, au fil du siècle dernier (le XXème, précisons-le), à force de luttes d'idées et de combats théoriques,  un art. Ce ne fut pas si facile, on aurait tendance à l'oublier. Et ce qui participa à la hisser au rang d'art, c'est justement sa capacité de dialogue avec l'art contemporain, qui, poussée à son paroxysme, donna naissance à la photographie plasticienne, celle précisément  que l'on a décroché des cimaises depuis quelques mois. A ses côtés, une photographie dite "classique" se maintenait, indispensable : photographie réaliste, photojournalisme, reportage photographique. Pérenne et nécessaire. Dans le même temps l'image glissait du côté de la vidéo, du numérique. Entre-deux riche, expérimental et dense.

Mais, entre expérimentation justement et art, le public a tendance à se perdre, et se manifeste -faute de manifestes, peut être, justement. Le problème n'est cependant pas uniquement dans ces nouveaux champs de l'art, ni dans les nouvelles créations marquées par une recherche de transversalité entre les arts. Il n'est pas non plus seulement dans l'art photographique. Il est propre à l'art contemporain, auquel appartenait (vous nous voyez bien obligés de mettre tout cela au passé) la photographie, et englobe l'Art dans son ensemble, tous supports confondus (il existe de remarquables ouvrages sur la question, et il ne  nous revient pas ici d'en traiter).

Or, plutôt que de chercher une issue, d'expérimenter des pistes et des "connivences" (pour reprendre le thème de la biennale lyonnaise qui ne s'y était pas trompée mais qui arrive, visiblement, un peu tard), le marché semble préférer laisser ce travail fastidieux aux chercheurs (pas même aux critiques qui se rangent, pour la plupart, derrière leurs galeristes) et faire de la photographie le porte-drapeau d'une communication perdue. On se croirait à Borgo.

Quid de la photographie comme Oeuvre d'Art ? Et de l'Art Photographique ? Jouons avec les mots... Devant cette "régression pure et simple" si bien dénoncée par Régis Durand (Directeur du Centre national de la photographie - in Journal des arts n°130), on en perd quand même un peu son latin.

Que les acteurs du marché de l'art contemporain se réjouissent de cet extraordinaire tour de passe-passe dont beaucoup semblent être dupes, grand bien leur fasse. Nous n'espérons peut être pas tous le même salut pour l'art contemporain, mais qu'importe après tout, il en fut toujours ainsi, et ainsi va la critique. Mais que les photographes se com-plaisent dans cette nouvelle affectation qui n'est autre qu'une forme de soumission à l'art contemporain -qui les éloigne bien de ce pour lequel ils se sont battus depuis l'invention de la photographie, en 38 (non, pas le siècle dernier, le précédent), à savoir être reconnus comme des artistes qui donnaient naissance à de l'Art et voir leur oeuvre, produite en partie par un instrument mécanique, accéder à une reconnaissance certaine sur le marché de l'art (qu'elle soit reconnue comme oeuvre d'art  à part entière, au même titre que toute autre oeuvre d'art, c'est à dire que sa valeur marchande égale ou surpasse une peinture contemporaine)-, ça, permettez-nous, mais ça nous laisse perplexe.

L'évolution de la photographie semble être arrêtée en plein vol. Instrumentalisée par les arts plastiques, elle se trouve arbitrairement et absurdement écartée de l'art contemporain qui semble avoir décidé de la replacer du côté du moyen et non de la fin, d'un art au service d'un autre et non d'un art en soi.

Vous avez dit pérenne, l'art photographique ?

Elsa Olu
Ingénieur culturel, Historienne d'art
 web : http://pro.wanadoo.fr/elsa.olu

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