Saint Roch côté Jardin ...

Nous pouvons croire sur parole le père Thierry de l'Epine, curé de l'Eglise Saint-Roch (située au n° 296 de le rue Saint Honoré, à Paris) s'agissant de l'ancienneté de la réputation de sa paroisse. Celle qui en fait le lieu des artistes et des écrivains. Cela remonterait en effet au 17°Siècle. Pour ne citer qu'eux, Corneille et Diderot y furent notamment inhumés. Pareillement le grand André Le Notre, en Septembre 1700. Et d'ailleurs, l'heure est quasiment à sa "résurrection". Notamment en cette période de la Sainte Fleurs, moment qui participe de la démarche esthétique et culturelle de cette Eglise. 

Étant entendu, que l'artiste paroissien que fût André Le Notre, né à deux pas de cet édifice, aura aussi excellé sous Louis 14 en tant que Maître Jardinier. 

Jusqu'a devenir précisément le créateur des fameux " Jardins à la Française ". Sans doute n'est ce pas le fruit du hasard, un cadeau du Ciel sans doute, qui vaut à l'Abbé de l'Epine d'officier aujourd'hui à Saint Roch. Puisque l'art du jardinage est aussi sa passion. Alors que le buste du Maître en la matière trône avec bienveillance dans l'église Saint Roch ( comme à l'entrée du jardin, des Tuileries . . ). L'authentique " offensive verte " qui débutait le 15 Septembre dernier par une grand-messe en hommage à André le Notre n'est donc pas une totale surprise.

Mais ce moment très solennel constituait en fait le coup d'envoi d'une initiative à long terme. Qui n'est pas sans beaucoup de romanesque à sa source. Dans ce jour là qui conduisait le père de l'Epine à découvrir soudain dans un recoin de son Eglise, les traces d'une porte rougeâtre cachée dans les veines des pierres et du temps. Le prêtre des artistes allait alors tenter de rassembler toutes les clés afférentes à sa paroisse. Une bonne cinquantaine selon l'aveu même d'une aimable dame qui assure l'accueil et les visites guidées. Loin de toute vision ou apparition, l'Abbé Thierry de l'Epine découvre ainsi un immense espace dont l'agencement et la décoration s'apparentent à l'évidence à un magnifique atelier d'artiste. Il ne fait aucun doute pour lui à cet instant là, que ce lieu fût un jour occupé par André Le Notre. Sans hésitation aucune, le nom de cet espace découvert dans la muraille, sera donc "Atelier André Le Nostre" . .

L'Association internationale Saint Roch, que l'Abbé préside en compagnie de l'Académicien Erik Orsenna, aura ainsi pour mission première de restaurer au mieux cet ancien atelier.

Mais, autant en souvenir du créateur des Jardins à la Française que guidé par sa passion plus personnelle, l'initiative du maître actuel de Saint Roch n'en est ici qu'a ses premiers pas. Puisque en compagnie du même académicien Erik Orsenna (" Portrait d'un homme heureux, André Le Notre 1613-1700")  et du décorateur Jacques Garcia, cet espace (dont l'inauguration est prévue à la mi-décembre) est voué à un grand avenir. En vert et contre tout. S'y dérouleront en effet le 21 Septembre 2001, les Lauréats du Grand prix de la Création Paysagère. Une fois rénovée, cette superbe enclave constituera aussi la résidence du Club des Jardiniers d'art. Et des conférences et expositions s'y tiendront. Dans le cadre d'un Centre de Documentation en gestation. Voué à cette renaissance d'une authentique expression artistique. Noble et beau projet que ce retour au Jardin.

 

Finalement, cette évolution peut relever d'une certaine logique. Toute spirituelle. Dans la suite du jardin d'Eden. Même si, au delà du jeu sur les mots, le parallèle n'est pas sans risque sur le plan théologique. Bien que toute transgression de la loi divine soit ici pour le moins écartée. La Bible et le Ciel y retrouveront donc leurs enfants. Ecologistes, jardiniers, artistes, et autres . .

 Guillaume Boucard

 

SITE INTERNET : http://www.saint-roch.org