@xé libre > Côté Jardin >

Commenter, partager, conserver... :        Commenter     Flux RSS Envoyer Imprimer     Réduire le texte   Agrandir le texte     Partager sur Facebook   Partager sur MySpace !      

 
 

Angelin Preljocaj, Ballet Preljocaj,
Empty moves (part I) (2004)/ Noces (1989),
du 4 au 15 avril 20h30, dim. 9 avril, 2 prog., 15h et 20h30,
au Théâtre de la Ville, 2 place du Châtelet, 75004 Paris
Le 12 mai au Théâtre de Sartrouville.

Audace ingénieuse et conceptuelle de mouvements sur les pas d'Empty Words de Cage. Dans Noces de Stravinsky, les mannequins (de plumes sans doute) en robe blanche de mariée nous chantent d'autres airs sur l'objet désir. La matérialité se débat sous les formes de l'essence conflictuelle.

 

Lent détachement des phonèmes, par processus aléatoire de coupes et de collages sur le texte de David Thoreau, Du devoir de la désobéissance civique, John Cage fournit, sur bande son enregistré au Teatrico Lirico Milan (1977), la texture sonore d'un poème. Un quatuor de danseurs esquisse “au ralenti” cette mise à distance du signifié. Le dialogue crée des courants d'incidence fluide qui ne se décale que pour concilier des systématiques de résonances. Audace d'un plaisir entrepris, les corps sont accrochés au sol et sont loin de complaire à l'attirail chorégraphique des effets. Le minimal prône juste des mouvements et inquiète la profération orale à la durée confidentielle de petites formes, comme un double de l'espace littéral qui scande la prosodie d'un rythme déconnecté. Cette audace est véritablement ingénieuse dans ce refus même de chorégraphier l'espace pour noter des retranchements hasardeux. Moins que le moins, les mains se tendent souvent pour faire ensemble. Empty Words de Cage présentait cette spécificité d'un compositeur en recherche analytique de particules vocales. Preljocaj trame la poésie sonore des embûches obsessionnelles du corps. Les réactions du public italien désamorcent les intuitions communes de l'attente spectaculaire Le public lutte et s'abstrait tout de même. Un véritable tour de force.
.
Noces est une reprise d'une pièce créée il y a plus de 15 ans et est par contre narrative à souhait. Mais une même interrogation agite ces dualités de corps. Est-ce la plongée de ce que pourrait être la cérémonie sacrale du mariage et des festivités folkloriques qui ne lésinent pas à plonger dans les réminiscences de la culture populaire slave ? Autre manière de penser la danse dans ce décalage ancestral, lorsque la danse signifiait avant tout exubérance de joie et nuitée blanche jusqu'aux petites aurores qui déchantent. Mais la collusion des partenaires interchangeables est plus franche et radical dans le module des deux qui se rejettent incomplet l'un à l'autre. Mais le néoclassicisme et les voix russes de l'œuvre de Stravinski donnent le change au trouble des bans d'école sur lesquels les émois ludiques apprennent l'étreinte de l'objet désir. Des mannequins (de plumes sans doute) en robe blanche de mariée sont ces symboles que l'on s'échange dans la blancheur idéale. Les jeunes femmes sont toutes drapées de ces étoffes robustes et de belle matière résistante. L'image est une duperie nécessaire qui expose chacun des partenaires à ce qu'ils en ont fait dans la prise consentie d'un soulagement. La matérialité se débat sous les formes de l'essence conflictuelle. A chaque chorégraphie, même reprise, Angelin Prejlocaj affirme son statut incontournable de fer de lance de la chorégraphie française.

 

Dimitri Jageneau

 

Préventes et réservations disponibles sur FNAC.COM

Le site de lu Théâtre de la Ville / Théâtre des Abbesses

Le site des Ballets Preljocag

En savoir plus sur Angelin Preljocag

Régir sur le forum

Sommaire de la rubrique

 


COTÉ JARDIN

 Voir tous les articles  Performances / body art

  • ...
  • ...
  • ...

  • TOUS LES ARTICLES

  •  Voir tous les articles  Café-théâtre

  • Isabelle Chalhoub
  • ...

  • TOUS LES ARTICLES

  •  Voir tous les articles  Cirque

  • Cirque EloiZe

  • TOUS LES ARTICLES

  • IMAGES ALEATOIRES

    PARTENARIAT

    PUB