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Grande première à Marseille, les deux chorégraphes
Nirmala et Patrick Gleyse revêtues de leurs plus belles
tenues, nous ont donné un spectacle de danse indienne (Bharata
Natyam) des plus remarquables.
En effet dans le parc de Campagne Pastré, entre
la plage et les calanques, sous un doux climat, nous
avons assisté à un spectacle montrant que la danse et la
tradition ont su d’adapter pour se fondre en un art
universel et intemporel. Sans doute avez-vous déjà
assisté à une représentation de danse indienne, mais
avez-vous déjà vu la compagnie Arabesque et Mudras ?
Cette troupe fut fondée en 1991 de la rencontre de
Nirmala, danseuse classique indienne, et Patrick,
danseur classique occidentale.
Nirmala est née à Marseille, d’origine indienne. A l’âge
de 17 ans, elle demande la permission à ses parents pour
partir étudier seul à Madras en Inde le Bharata Natyam
auprès du très célèbre maître V.S.Muthuswamy Pillai.
Elle passera toute sa jeunesse à apprendre les
techniques de cette danse subtile et divine. Nirmala
franchit les degrés un à un, affine sa gestuelle et sa
grâce pour devenir à son tour maître de danse indienne.
Patrick est formé à l’Opéra de Paris avec Daniel Franck.
Il commencera sa carrière chez Joseph Russillo puis
voyage avec la compagnie «Théâtre et silence» dirigé par
Brigitte Lefèvre. Par la suite Maurice Béjart l’engage
dans «Les Ballets du XXème siècle» où il danse les
principales créations un peu partout dans le monde.
La suite s’enchaîne très vite. Nirmala initie Patrick au
Bharata Natyam. En 1991 ils fondent la compagnie
Arabesque et Mudras et parallèlement ils partent en
Inde. Là bas Nirmala présente Patrick à Maître V.S.
Muthuswamy Pillai qui continue sa formation. De ce
résultat découle un couple de danseurs chorégraphes
unissant leurs arts, leurs styles pour arriver à une
parfaite symbiose entre deux cultures, deux êtres, deux
mondes.
Leur spectacle étant tellement prenant, que j’ai
souhaité les interviewer.

Quel aspect positif retenez-vous de cette première en
public et en plein air ?
P : Tout d’abord nous avons été très enjoués par
l’harmonie entre le lieu et le public. Mais c’est une
première en pleine air en France car en Inde nous jouons
dans les temples.
N : Le plein air donne une dimension beaucoup plus
spirituel qu’une salle sans décoration approprié. Cela
ma rappelé l’atmosphère qu’il y à lorsque nous dansons
dans le temple de Chidambaram.
Pouvez-vous nous expliquer l’art du Baratha Natyam ?
N : Le Baratha Natyam est un art millénaire, c’est la
danse classique indienne qui vient des temples du sud de
l’Inde utilisant 108 karanas (poses de danse sculptée à
l’entrée des temples) ainsi que des mudras (langage des
mains) Nous faisons traduire du sanscrit et du tamoul
les textes sacrés, par Dominique Vitalyos (indianiste et
écrivain), et nous décrivons avec des gestes, des
regards, des situations bien précises reprenant des
poses typiques des dieux de la mythologie indoue.
Quel rôle joue la musique au sein de vos spectacles ?
P : Nous utilisons des bandes sons de musique
traditionnelle du sud de l’Inde utilisant des
percussions et des bols en l’honneur des dieux.
N : En fait ce que Patrick décrit et un moyen de
substitution car nous préférons danser avec nos
musiciens. Malheureusement ces derniers sont souvent en
Inde et de ce fait seul les grandes infrastructures
peuvent ce permettent de prendre en charge le
déplacement de la troupe car nous sommes tous des
artistes indépendants. D’ailleurs si tout ce passe bien,
les musiciens doivent revenir début de l’été 2002 en
France.
Patrick, comment avez-vous vécu le tournant de votre
carrière ?
P : Grâce à la danse indienne je suis devenue
chorégraphe, et mon champ de créativité trouve sa place
dans une culture ou la danse fait parti de la vie de
tous les jours. Je m’épanouis au-delà de la danse, cela
me permet de mieux gérer les angoisses qu’un artiste
peut habituellement ressentir dans son parcourt.
Et vous, Nirmala, comment avez-vous géré la fusion
entre la danse classique indienne et occidentale ?
N : Le Baratha Natyam décrit les détails d’une
situation. Pour faire passer le messages nous utilisons
beaucoup les mains et les mouvements du visage ainsi que
différents regards. Patrick apporte un style aérien dans
les déplacements ainsi qu’à l’utilisation de l’espace.
C’est pour cela également que Patrick défini les jeux
d’éclairage qui est très important pour le rendu du
spectacle aussi bien en salle qu’en pleine aire.
Quelle est la spécificité de la danse du sud de
l’Inde ?
N : La technique du Bharata Natyam s’appuie sur la
musique carnatique, traduisant les expressions musicales
du raga (ou mode mélodique) Les gestes des mains (hastas)
sont codifiés et stylisés pour décrire une situation.
C’est pour cela que nous travaillons beaucoup les
mouvement du visage et des yeux. C’est également un
culte de Shiva.
P : Le danseur doit développer ses facultés de
visualisation concentrée qui donne le pouvoir au visage,
aux yeux et à son corps de transmettre la dimension
poétique au public. Nous dansons et symbolisons les
épopées mythologiques indiennes, en faisant ressentir
les sentiments d’adoration, d’héroïsme, de colère ou de
merveilleux décrit dans les livres sacrés.
Dansez-vous toujours ensemble ?
P : Non, car dans la compagnie Arabesque et Mudras
il y a d’autres danseuses et danseurs ainsi que des
musiciens. Nous dispensons des cours de danse tous les
jours, à tous public, cela va des enfants aux adultes.
Nirmala fait également des interventions dans des écoles
pour expliquer l’art de la danse indienne et fait des
démonstrations.
N : En fait, tout dépend du budget des organisateurs.
Nous avons des créations où nous dansons seul, d’autres
à deux, et des spectacles un peu plus conséquents avec
la toute la troupe et les musiciens. Par exemple Patrick
à crée et interprète seul un très beau spectacles
s’appelant «Fils de Shiva» Quant à moi cette année, j’ai
crée «Danse de la tradition Hindoue» et je crée
actuellement un nouveau spectacle avec 4 ou 5 musiciens,
qui sera prêt début 2002. Je pense qu’il s’appellera
«Bhakti»
Quelle évolution envisagez-vous après le succès du
spectacle à « Campagne Pastré » ?
N : Nous souhaitons partager avec notre public l’âme de
notre art car nous y mettons tous les jours toute notre
vie.
P : Chaque jour nous travaillons à rendre la symbolique
de notre danse la plus universelle possible.
Vous avez joué vos spectacles un peu partout en Europe
ainsi qu’en Inde. Allez vous le réitérer?
P : Oui nous participons au festival de Madras en Inde
et nous faisons des tournées dans les Bouches du Rhône,
et partout où nous sommes sollicités.
N : Nous sommes ouvert à toutes suggestions et nos
spectacles s’adaptent à tous les budgets. Il est vrai
que nous aimerions d’avantage tourner dans le Nord de la
France, même si le climat ne permet pas de danser au
grand air. La positivité ce partage quelque soit le
lieu.
Justement comment peut-on vous contacter pour avoir
vos dates de tournée, vous faire venir ou tout
simplement avoir plus de renseignement vous concernant ?
P : Nous apportons un soin particulier à notre présence
sur
internet avec notre site où vous trouverez tous les
renseignements concernant la troupe ainsi que des bandes
vidéo de nos spectacles.
N : Il y a également de magnifiques photos de Richard
Mas qui nous à suivi en Inde lors d’une tournée pour
faire un reportage. Vous pouvez nous laisser vos
coordonnés sur notre répondeur au 04.91.70.70.03 ou par
Internet sur
gleyse.patrick@wanadoo.fr et nous nous ferons un
plaisir de vous répondre car nous aimons avoir l’avis de
notre public..
Angélik
Paulin
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