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HarpaTruc, le duo comédien formé
par Fabienne Boucard et Agnès Pommier, se présente actuellement dans La
Comedia à Paris pour divertir les petits et tout petits enfants et leurs
parents.
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Le Coquillage Magique
de Fabienne Boucard et Agnès
Pommier
La Comedia, Paris 11e |
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Selon la plaquette, un conte musical vivant avec
harpe celtique, mime, chant, danse et humour,
Le Coquillage Magique réunit un concept assez simple
consistant d'une histoire parfaitement adaptée aux
enfants ainsi qu'un accompagnement musical, qui peut
même émouvoir les adultes.
Le texte n'entoure pas beaucoup plus qu'une scène sobre
dans une chambre d'enfant imaginaire d'où se trouve un
coquillage magnifique (rapporté d'un après-midi sur une
plage également imaginaire) qui fait du bruit… Autour de
cette carcasse s'engage le corpus entier du conte où une
chanson demeure le leitmotiv répétitif, accompagnée par
Agnès Pommier et sa harpe. Les " personnages magiques "
n'existant que dans un monde fictif, se constituent
d'une petite fille, d'une princesse - qui se trouvent
être incarnées par la seule actrice Fabienne Boucard -
et, plus détaché, la narratrice. Le sujet de la pièce,
un objet qui " parle ", rappelle un des contes des Mille
et une nuits : Aladin et la lampe merveilleuse.
Le plateau minimaliste évoque tout à fait la Commedia
dell'arte avec, au centre, un espace petit qui est
entouré d'un rideau rouge où " habitent " les
instruments et la narratrice, à la manière des contes
orientaux. Au devant, le " lit " de la petite fille est
signifié par un matelas en mousse bleue. On peut se
demander, si les petits ne sont pas légèrement perdus en
associant cette scène statique avec si peu d'objets
d'orientation, pour animer leur imagination. En même
temps, la pièce permet d'appréhender un univers sonore
avec des instruments originaux : harpe, tambour,
maracas, bongos. Par rapport à la danse, la chorégraphie
fait penser au guignol classique qui fait rire les
enfants, puis plus tard, leur fait peur quand ils sont
gentiment appelés à participer.
Les performances toute en improvisation avec une brise
d'illusion vivent évidemment grâce au charme personnel
des acteurs et probablement à la simplicité de matériel.
Peut-être un peu trop simplifié, certainement pour un
adulte après une demi heure, mais aussi pour les petits
? Le public enfantin demande de temps en temps du
contenu déjà plus sophistiqué. Tel ne serait seulement
possible qu'avec un budget plus vaste, et également avec
un texte plus riche.
Le Coquillage Magique était initialement arrangé
comme un petit divertissement dans les hôpitaux pour des
enfants malades en permettant l'évasion, d'échapper à la
réalité. Encouragé par un succès inattendu, HarpaTruc
se trouve enfin sur scène avec un matériel plus apte
pour un petit spectacle dans la rue que dans une salle
de théâtre. Le champ visuel dépouillé ne suggère pas
seulement un creux gênant dans le monde des contes de
fées, mais aussi un manque de moyens. En effet, la
stratégie fausse et intellectuelle de la mise en scène
peine à séduire le public, qui apprécierait peut-être
beaucoup plus une histoire garnie avec une belle
décoration qui dominerait les sensations des tout
petits.
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