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El Coup du cri andalou
De Sophie Perez et Xavier Boussiron,

avec Gilles Gaston-Dreyfus,
Françoise Klein, Sophie Lenoir,
Stéphane Roger, Les Kellers.
 à 20h30, dimanche à 15h, relâche lundi

Théâtre National de Chaillot, Salle Gémier,
place du Trocadéro, Paris 16e


Une petite bouffe entre amis, une petite soirée entre amis et tout va à veau l'eau dans l'esprit d'un cabaret et d'horror pictures show. Une bouffonnerie délurée avec masques, paillettes et mystification, la désillusion se décale frontale. Bienvenu dans la gueule du loup !
 

Plateau nu avec castelet intégré qui s'ouvrira plus tard sur une forêt, issue incertaine d'un cadre qui se plaît à typer des traits et autres flèches de caractère. Les acteurs débouchent avec l'air gaiement fausset et s'égayent machinalement à l'embrayage de la première scène, comme un bug informatique ou un replay qui reviendrait chaque fois à l'instant premier et qui n'en démordrait pas. Ils s'étalent de tout leur long et de diverses manières dans cette compulsion de bribes dialoguées. Le mouvement jusqu'au gesticulé se détache de la couronne textuel de mots et nous raconte entre deux souffles des anecdotes savantes ou ridicules : on parle d'Avignon, de Néron et de Hieronymus Bosch, par l'allusion d'un crapaud. Une petite bouffe entre amis, une petite soirée entre amis et tout va à veau l'eau dans l'esprit d'un cabaret et d'horror pictures show. Une bouffonnerie délurée avec masques, paillettes et mystification, la désillusion se décale frontale.

L'intelligence de cette gentille mascarade donne champ à l'improvisation sur canevas commedia dell'arte. Spectacle de baraque foraine où nous pouvons entrevoir des choses extraordinaires et monstrueuses, la tenue serait plutôt " peccable " et froissée, tout en s'amusant à la remettre en faisant semblant de rien. Beaucoup de grotesques et de chichis avec tout l'attirail de l'extravagance et de l'exhibition costumée nourrissent les moments tortueux glamour. A lire le programme du spectacle, on nous présente quatre portraits dessinés à la main, et un texte de Francis Picabia (un des acteurs) à propos du carton-pâte et de la lâcheté : « Les pauvretés que l'on nous propose sous l'étiquette de l'art valent exactement le silence. Il faut s'exprimer uniquement à travers soi-même, ce qui nous vient des autres est encombrant, incertain et surtout inutile. La Nature se charge de tout ; il n'y a qu'à la laisser faire, elle fait bien ce qu'elle fait. Les idées pourrissent comme les fleurs et les gens. » Ces joyeux drilles nous font aussi sentir cette angoisse du " trou noir " qu'est la scène et la salle, en d'autres mots le théâtre ou le vide, ingénieux et fracassant les pauvres hères sentimentaux. Le spectacle fonctionne comme une toupie remontée plusieurs fois et finalement la fait mourir dans un dernier tour extenué. Bienvenu dans la gueule du loup !

 

Dimitri Jageneau

 

 Site du Théâtre de Chaillot : www.theatre-chaillot.fr

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