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SUPER...
La soirée du 25 mars, soirée phare, ou après deux spectacles, ou un
spectacle et un projection filmée du Théâtre brûlée, (voir notre
rubrique scènes), au croisement de Laurence Lapierre et de ses
invités en direct de Créteil pour son émission
“Alternative” sur
France Inter (23h-1h chaque samedi),
Sébastien Tellier va rencontrer
le scénographe et plasticien Xavier Veilhan dans la grande salle du
MAC de Créteil. De nombreux régisseurs réquisitionnés viennent
ajouter un début de lumières par des torches de bambou. Un vrai
cheval, vrai de vrai, vient ajouter la touche animale sur la surface
lissée. La lancinante et hypnotique musique de la “Ritournelle”
sur piano d'abord prend tout l'espace jusqu'à ce que Tellier laisse
sa place à un de ses comparses pour jouer de la guitare et continuer
le morceau. Ritournelle, un air qu'on a dû mal à se sortir de la
tête, mais qui n'en est pas rengaine, puisque la ritournelle évolue
dans le jeu mélodique et sonore de variations rhapsodiques. Cette
notion de `beauté´ pourrait déterminer ces moments. Le cheval a du
mal à tenir sur place, de peur et peut-être de rythme. Mais la
musique de Sébastien Tellier est méditative dans ses puissants
flots. Dix minutes de Ritournelle nous ont plongé dans un autre
état, vague ou d'acuité. Pause champagne. Chacun des spectateurs
reçoit un petit verre, avant de reprendre le mini concert évènement
de Tellier. Le musicien habillé de blanc a un physique de mage
beatnik.
La suite de la soirée nous promet un peu de danse avec les musiciens
labellisés indépendants. La faune est agréable, tous artistes
plasticiens ou musiciens de la scène parisienne. Dans la mondanité
artistique, les femmes ne sont plus que désirables, peut-être un peu
blasées ou inconditionnelles, tout le charme parisien à Créteil.
Avant le concert de Sébastien Tellier, nous avions pu voir et
écouter Phormazero. Musique déjantée et graphique, le son
punk allie l'intuitif de fortes `vibes´. Son concert méritait mieux qu'une
forme d'amuse-gueules de soirées. Le dialogue avec la vidéo
réarrange un échantillonnage d'images selon les techniques de la
musique électronique. A la sortie de la grande salle, Hypnolove
lance « Mademoiselle, voulez-vous danser ? » sur des beats techno
teinté d'esprit variété. Cette techno mixée à une texture années
quatre-vingt remue nos corps dans la surprise-party organisé de main
de maître, ce samedi soir. Les cannettes de bière, pas chère (2,5
euros pour une Heineken) s'enfilent allègrement. Le champagne est
presque démocratique (6 euros, la coupe). On ne se regarde pas trop
en chien de faïence. Mais on a du mal à briser la glace du
spectateur averti. Arrive enfin Romain Turzi et son groupe IV Organs qui déploient une puissance sonore et lourde d'un rock
décharné. On quitte vite Créteil pour la navette jusqu'à Bastille,
en espérant ne pas rester sur le carreau d'une foule trop compacte
et attendre encore une heure pour un hypothétique retour. Peut-on
revenir de Créteil sera sûrement une question obsédante de certains
happy few ? La “sélection naturelle” ou l'aléatoire des poussées
collectives. A vous de choisir.
Dimitri Jageneau
mars 2006
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