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« Il n'y a pas d'amour heureux » dit la chanson en fin de spectacle alors autant s'intéresser aux amoureux et il y en a sur le plateau. JC GALLOTTA puise dans le réservoir de la rencontre amoureuse, du deux, du un et un, du côte à côte, du face à face pour donner saveur, rondeur et puissance à sa création. Le chorégraphe, en résidence à Chaillot, convoque pour une participation originale Philippe CHAMBON, acteur-lecteur-danseur, lequel lit un texte de l'Ancien Testament. Fait rare, JC GALLOTTA redevient danseur et s'invite à partager l'expérience dans quelques apparitions scéniques avec sa fidèle partenaire Mathilde ALTARAZ, rappelant des souvenirs chorégraphiques des années 80.
Début et fin du spectacle mettent en scène des couples formés de personnes de tous âges, non professionnels de la danse et habillées civilement. Elles se regardent, se touchent, se frôlent, s'enlacent, cultivant ainsi le duo et ses formes. Chaque couple circule dans un espace chorégraphique minimal, imprimant lentement, langoureusement sa propre chorégraphie. En même temps, une vidéo de portraits de couples que l'on dirait saisis au coin de la rue défile sur un écran. La scène est nue, sans décor.
Puis c'est le déferlement. Les danseurs professionnels entament, eux aussi mais à leur manière le parcours du " deux ". Le spectateur, happé, forme un nouveau duo avec l'événement chorégraphique. Une image vidéo de forêt avec au loin un pont sur lequel on voit parfois passer un train, pose le décor. Le rythme change et bientôt les accélérations, les heurts, les repoussés, les projections, les sauts prennent de la puissance. Les dépenses énergétiques des interprètes ne laissent pas de répit. L'excellent accompagnement sonore du groupe STRIGALE donne le ton. Avec une lumière de feu, la chorégraphie collective prend une allure de chevauchée fantastique telle une recherche de l'autre, d'une moitié perdue, celle qui manque à l'équilibre du duo. Alors, le corps parcourt la scène, échange avec l'autre, repousse l'un, se colle et rebondit sur celui là, s'agrippe ou s'allonge finalement au sol pour mieux impulser son élan vers l'autre. Accélération et tumulte ordonnent la partie.
Duos d'hommes, de femmes ou mixtes, la déclinaison est multiple et le résultat non moins riche en émotions pour ces corps déclinés sur le mode " deux ". Notons que le duo se conjugue aussi pour les interprètes car la troupe est mi-occidentale, mi-asiatique (le chorégraphe a effectué un séjour au JAPON à SHIZUOKA afin de former les danseurs à la danse contemporaine). Ces corps, déambulent ensemble, roulent, chutent au sol ou se relèvent, laissant la place dans une atmosphère bleutée à un duo final très sensuel, entre Thierry VERGER et Hee-JIN-KIM.
Thème usité s'il en est, le chorégraphe manie pertinemment le genre duo avec brio et en conquérant. Du deux en un à l'un des deux, il n'est de duel que le duo amoureux et JC GALLOTTA en offre une version unique.
Pascale
Orellana
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