@xé libre - Rubrique SCENES -                                                      .

  plan du site | forum | partenaires | information | publicité | web design | annuaire | partenaires | on parle de nouscontact

@xé libre - Dernier articles mis en ligne

Derniers articles en lignes
   Tribune libre - Obama-Clinton : les clones démocrates - 08/01/2008
   Portofolio - Technoparade 2007, les photos - 23/09/2007
   Films - 4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu. - 28/08/2007
   Films - DELICE PALOMA de Nadir Moknèche - 02/08/2007
   Films - El Camino de San Diego, de Carlos Sorin - 15/06/2007
   Télé / DVD - NETWORK de Sydney Lumet - 12/06/2007
   Télé / DVD - MARTIN SCORSESE, coffret DVD - 12/06/2007

  Rechercher sur @xé libre :

 

  Marie-Caroline Burnat

  Béatrice Blanchard

   Benoît Izard

   Clyde Chabot

   Cyril Mercury

   Robert Voisin

   Isabelle Chalhoub

   Les archives

  

  •   Le Coquillage Magique
  •   sx.rx.RX, Patricia Allio
  •   M. #10 Marseille
  •   L'Art de la Comédie
  •   Le Cas de Sophie K.
  •   A la Renverse de Michel Vinaver
  •   Opening Night - Ivo van Hove
  •   Projet Shônagon/acte 1
  •   Festival EXIT 2006
  •   Peep Show de Marie Brassard
  •   El Coup du cri andalou
  •    Les archives

     

  •   La notation de la Danse
  •   Langage de la danse ?
  •   D’un soir un jour
  •   Pieze, unité de pression
  •   Ballets Preljocag - Empty Moves
  •   Noémie LaFrance, interview
  •   Benoît Izard, interview
  •    Les archives

     

       Le festival EXIT : Super soirée !

       Le Point-Virgule

      L'atelier Théâtre...

       Le F.I.E.A.L.D.

       Les Falaises

       De quel cirque

       Les archives

     

       Candy Trash

       Eva Perón

       Gilles Détroit

       Jean-Claude Gallotta

       Le festival d'humour

       Fest. de l'Imaginaire

      La crevette d'acier

       Les archives

       La Toison Noire

       L'homme qui...

       4.48 Psychose

       En bref...

     


     

    print

    Imprimer     Agrandir


    LA NOTATION DE LA DANSE

    Rencontre avec
    Nathalia Naidich et
    Eliane Mirzabekiantz, deux notatrices du système Benesh...

    Une formation de notateur du mouvement est enseignée au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris depuis 1995. Eliane Mirzabekiantz en est la principale pédagogue du système Benesh, Nathalia Naidich a été son élève et travaille désormais en tant que notatrice dans le monde entier afin de remonter des pièces du répertoire chorégraphiques.

    Pourquoi avez-vous désiré apprendre la notation Benesh ?

    Nathalia Naidich : Je dansais dans une compagnie à Buenos Aires et le directeur était au courant de la formation et désireux que quelqu'un apprenne la notation. Sachant que j'avais vécu à l'étranger, il m'en parla et c'est ainsi que je suis allée passer l'audition à Paris au Conservatoire pour suivre la formation de notateur Benesh. J'avais alors 23ans et l'enseignement se faisait et se fait encore sur 4 ans. C'est donc par curiosité et par espoir en l'avenir d'un tel système que je me suis lancée dans l'aventure, sans avoir peur du tems, car comme tout langage, l'assimilation ne se fait pas en deux jours.

    Eliane Mirzabekiantz : D'origine arménienne j'ai fait une carrière de danse classique et néo-classique, et arrivée un moment dans une compagnie qui ne me plaisait plus vraiment, le maître de ballet m'a conseillé d'arrêter la danse pour apprendre la notation Benesh. Il me disait : tu te mettras ensuite avec un chorégraphe en compagnie et tu travailleras à ses côtés pour noter ses chorégraphies. , et maintenant que je fais ce métier depuis une quinzaine d'années je ne pense pas avoir jamais arrêter la danse. Au contraire cela m'a ouvert des portes que je n'aurais pas put ouvrir en tant que danseuse. A la suite d'un an d'enseignement à Londres j'ai été dirigée vers Robert North, un chorégraphe classique, contemporain, jazz. En tant qu'assistante j'ai remonté ses ballets, bénéficiant ainsi de tout ce que le chorégraphe disait aux danseurs. Une réelle complicité se crée lorsqu'on travail en relation directe avec le chorégraphe. Il s'agit de rentrer dans son univers, ce qui est moins évident pour un notateur qui remonte des pièces de façon autonome. Dans ce cas un travail de documentation sur le chorégraphe précède systématiquement la lecture de la partition.

    Nathalia : La première fois que j'ai dû remonter une pièce de Bagouet je ne connaissait rien sur lui, j'ai fait des recherches, une danseuse des Carnets Bagouet est venue voir le travail et depuis, non seulement je suis restée en contact avec elle, mais plusieurs demandes m'ont ensuite été faites pour la compagnie. Un rapport de confiance s'installe, la place du notateur est en fait privilégiée car comme les danseurs il va devoir s'imprégner de la technique du chorégraphe et arriver à bien la faire passer dans son corps et sur ses papiers pour pouvoir ensuite la transmettre. Le notateur, en général danseur notateur, est donc tout aussi interprète que les membres de la compagnie et de même il doit être capable de s'adapter aussi bien à du Preljocaj qu'à du Bagouet ou autres.

    Il faut donc nécessairement être danseur pour être un notateur à même de transmettre une chorégraphie ?

    Nathalia : Il faut au moins avoir une maîtrise du mouvement du corps car il est impossible de transmettre si on ne comprend pas un mouvement dans son propre corps et sentir ce qui est important dans un geste ou dans un chemin entre deux positions. Une fois qu'on ressent ce qui est essentiel il s'agit de trouver les mots pour expliquer ce qu'il faut faire passer.

    Eliane : Un maître de ballet peut parfois transmettre un enchaînement alors qu'il ne danse plus ; c'est l'énergie de corps qui est la source principale pour une juste transmission et interprétation, c'est-à-dire savoir ce qui est important dans le corps pour chaque personnalité de chorégraphe (si ce sont les lignes, les cambrés, les levés de jambes ou les spirales…). Ensuite lorsque Nathalia par exemple transmet une pièce après l'avoir déchiffrée et intégrée, c'est physiquement qu'elle apprend la danse aux interprètes, elle ne porte pas d'étiquette avec écrit notateur sur son front. C'est tout un travail préparatoire qu'elle a fait : aller du papier dans le corps.

    Et selon vous quel langage colle le mieux avec la danse ?

    Eliane : Il y a tellement de façon de communiquer la danse ! Je suis notatrice mais pédagogue également et je me rends compte qu'il existe plusieurs moyens de décrire la danse. Les mots complètent les dessins codés. Et il n'y a qu'à voir les différents systèmes de notations existants, les langages sont totalement différents et se complètent dans leurs analyses. Il faut se servir de la capacité d'utiliser le langage f

    rançais pour traduire un autre langage qui est celui de la danse et créer une grammaire qui lui est propre. On ne va pas chercher à faire du mot à mot mais à exprimer ce que le chorégraphe a voulu faire ressortir, à rentrer dans son univers et par conséquent on suscite notre imaginaire. De plus les images ou indications du chorégraphe peuvent apparaîtrent sur la partition. S'il pense par exemple à un envol d'oiseau pour un saut cela peut être écrit en toutes lettres sur le document. Ainsi dans Hélicoptère d'Angelin Preljocaj la partition est pleine d'indications de ce genre.

    Pourquoi ne pas filmer ?

    Eliane : Le problème est qu'avec le support vidéo on film une interprétation d'un danseur mais on ne montre pas la chorégraphie initiale du créateur. C'est la captation, le témoignage d'un spectacle à telle date, fait par telle personne. La notation traduit la parole du chorégraphe et elle tient compte du danseur en même temps. La partition reflète, témoigne, de toute la procédure de la transmission du chorégraphe au danseur. Écrire ramène à la source des choses. Le regard sur la vidéo est complémentaire, elle prend en compte toute la subjectivité du danseur à un moment précis, on ne sait pas s'il se sentait bien sur la représentation, on ne sait parfois pas s'il s'agissait d'une répétition générale ou d'une fin de tournée …tous ces paramètres entrent en ligne de compte.

    Pensez vous que la notation du mouvement devrait être un enseignement rendu obligatoire à certains stades pondérés du développement du danseur ? N'est-ce pas l'avenir ?

    Eliane : (regardant sa main évaluer la taille d'un enfant lui arrivant à hauteur des hanches…) Depuis le plus jeune âge, dès que possible il faudrait enseigner ce savoir aux jeunes élèves danseurs. C'est comme pour apprendre une langue, tout le monde sait que le plus tôt est le mieux et surtout le plus rapide et efficace. Cela pourrait même faire parti du diplôme pédagogique des professeurs de danse, je veux dire par là qu'un minimum de notions serait obligatoire. En ce sens une progression dans l'élargissement du nombre d'apprentis notateurs est envisageable et souhaitable, mais cela nécessite de médiatiser la formation, de la faire connaître davantage et d'en montrer un enseignement progressif et attractif pour toutes les portes qu'elle ouvre.

    Vous le conseilleriez donc pour la reconversion des danseurs, qui est une grande questions depuis longtemps concernant cette profession artistique de courte durée en général ?

    Eliane : Effectivement la notation est une excellente alternative professionnelle à la carrière du danseur car elle a besoin de l'expérience corporelle du danseur pour comprendre le mouvement et de plus cela permet au danseur de rester dans le milieu qu'il connaît et qu'il aime.

    Nathalia : Savoir écrire la danse est un très bon moyen de voyager, parfois plus facilement qu'en tant que danseur d'une compagnie où on ne fait que quelques tournées ; là on est sollicité et bien venu partout, c'est vraiment réjouissant. Moi qui suis encore jeune j'en profite un maximum et je danse toujours pour transmettre les pièces que je note ou les partitions que je déchiffre. Donc je confirme qu'il y a réellement un avenir intéressant dans ce domaine.

    Et cette formation a-t-elle changé votre regard sur la danse ainsi que sur votre façon de composer ou d'interpréter ?

    Nathalia : Complètement. Ça n'a absolument plus rien à voir, surtout au niveau de la précision car la notation donne une autre conscience du corps et du mouvement. Quand je lis une partition je vois ce que fait chaque partie du corps, comment le mouvement est constitué, donc il y a une conscience très forte et complète qui se développe et que je n'avais pas quand j'étais danseuse.

    Arrive-t-on à garder une liberté d'improvisation avec cet état de conscience extrême, sans bloquer la spontanéité du geste ?

    Nathalia : C'est un travail différent pour moi car je suis dans la transmission et non dans l'improvisation mais au niveau de la liberté je la trouve au fil d'une démarche par étapes, c'est-à-dire que je lis d'abord, j'intègre et enfin je m'en affranchie en quelque sorte pour retrouver la liberté dans le mouvement tout en gardant sa justesse initiale.

    Eliane : Je pense que la spontanéité passe par la conscience du mouvement. C'est comme avoir conscience de ce que l'on dit dans un discours, c'est peut être plus mesuré mais aussi plus pertinent. Réfléchir beaucoup à l'avance à ce que l'on va dire permet ensuite d'oublier les mots au moment de prendre la parole. Moi j'ai appris la notation par correspondance alors que j'étais encore danseuse et je me suis rendu compte que je pensais faire certaine choses dans mon corps, dans mon imaginaire je croyais réaliser certaines postures, alors que finalement en les lisant sur la partition je voyais que je n'allais pas au bout. C'est de voir un signe sur papier qui m'a fait prendre conscience de vraiment courber le dos par exemple, et petit à petit on trouve les chemins entre les signes et on les encre dans la mémoire corporelle.

    Nathalia : Depuis que j'ai commencé la notation j'ai travaillé avec tellement de chorégraphes différents que ça a ressourcé mon imaginaire, donc ça a élargi mon vocabulaire dans l'improvisation alors qu'avant mon imaginaire était beaucoup plus limité. Je me suis enrichie des différents univers de chorégraphes comme si j'avais dansé dans de nombreuses compagnies, carrière rêvée du danseur en fait (rire)…Et puis comme lorsque je transmet une pièce je dois être en quelque sorte la représentante de tel ou tel chorégraphe je ne suis pas investie de la même technique quand je danse Alshton ou Bagouet.

    Finalement peut-on parler de l'art du notateur ?

    Eliane : Ce matin encore je donnais par exemple à mes élèves une partition d'Alvin Ailey et je leur demandais ce qu'ils ressentaient en la lisant…travail intéressant au niveau de l'interprétation à partir d'un papier. Une étudiante a trouvé qu'il en ressortait beaucoup de minutie . Le notateur transmet dans son écriture un aspect de la danse qu'il a aimé. En ce sens il est un interprète comme le danseur qui va regarder l'exemple de son chorégraphe et se l'approprier selon ce qu'il en aura perçu. L'art du notateur peut donc être vu sous cet angle. Ensuite on peut faire des études comparatives des notations d'un même ballet car il y a forcément des variantes intéressantes pour voir où va la modernité de ces chorégraphies.

    Nathalia : C'est assez proche du travail du chef d'orchestre en musique, il fait inévitablement passer sa sensibilité dans ses gestes qui vont diriger l'interprétation des musiciens. Comme le notateur il transmet la lecture d'une partition à un groupe homogène ; mais la différence est que chaque musicien sait lire une partition, ce qui n'est pas le cas du danseur malheureusement.

    Qu'est-ce qui différencie principalement la notation Benesh de la notation Laban et pourquoi l'avez-vous choisi ?

    Eliane : Le système Benesh cherche à suivre le mouvement, sans analyse kinesthésique. Je me sens plus proche de la danse mais c'est une impression très personnelle. C'est une syntaxe et une grammaire qui me parle plus que le coté géométrique, avec les figures en rectangles ou triangles de Laban. J'aime l'art, la littérature en fait partie, donc je vois le système Benesh comme une littérature de la danse qui me touche plus que l'aspect analytique et scientifique de Laban. Mais encore une fois c'est très subjectif.

    Nathalia : Lorsque j'ouvre une partition Benesh je trouve le graphisme très beau la disposition des portées de cinq lignes comme en musique, l'écriture linéaire et non verticale comme la notation Laban. Je suis tombée amoureuse du carnet Benesh. Et certaines autres écritures sont très belles aussi mais elles ne sont pas utilisées ni enseignées ; seules celles de Benesh et de Laban le sont. J'aime également la simplicité de cet outil, c'est une façon de décrire le mouvement que dans la notation Laban. Par exemple sur la partition au lieu de dire comme en Laban qu'il y a une rotation des bras et coudes vers le haut, on dira en Benesh que les coudes montent…Mais la grande force réside malgré tout dans la complétude des deux systèmes, ce sont deux vocabulaires qui enrichissent l'histoire des ballets et le répertoire de cet art.

    Enfin quel reproche pourriez-vous faire au système de notation Benesh ?

    Nathalia : C'est moins par rapport au système qu'à la façon de l'utiliser car quand j'ai commencé la formation je voyais beaucoup de réticences, de craintes dans la confiance de la transmission, une peur de la, l'appréhension de l'incompétence…Je suis allée en Argentine, personne n'avait déjà travaillé avec des partitions et mes supérieurs ont bien insisté sur le fait que je ne devais vraiment pas laisser de partition là bas. Aujourd'hui je pense que grâce au développement de l'enseignement la communication est plus libre.

    Eliane : L'institut Benesh a un esprit plus centralisateur , plus protecteur, plus conservateur mais avec de plus en plus d'ouverture, tout en faisant attention à ne pas s'éloigner de la chorégraphie notée, codée.

    Caroline Savi

    1 commentaire

    Inscription à la NewsLetter

    Tissons nos liens...

     
    FORUM

    Tous les autres sujets...

     
     
    NEWSLETTER

    Votre mail :   

    Vos intérêts :  Concerts & soirées  magazine   photos

    Vos commentaires

        

       
     


    Galeries Photos


    Les Vieilles Charrues


    Teknival Marigny

     
    Summer Breeze


    Sziget Fesztival

     
     

    copyright© 1999 - 2006 - @xé libre / Open Yür Mind (association loi 1901)

     Bureau : 21 avenue Secrétan - 75019 PARIS