Du
5 septembre au 13 octobre, Mona Bismarck Fondation accueille trente six
toiles et sept mosaïques de Massimo Campigli. Ainsi, l’élégance de
l’hôtel particulier très parisien s’offre-t-elle à la beauté douce
et raffinée des œuvres de l’un des derniers avant-gardistes italiens.
Les
débuts artistiques de Massimo Campigli (de 1919 à 1927, alors qu’il
est correspondant du Corriere Sera à Paris) manifestent déjà ce
que deviendra une obsession thématique de son œuvre, la présence féminine.
La découverte de l’art étrusque qu’il fait à son retour en Italie
en 1928 et la vogue du muralisme qui se répand dans les Amériques des
années trente, le dirigent sur une voie tout à fait particulière
qu’il va suivre pendant les vingt années à venir. Ses œuvres
ressemblent désormais à des fresques, du point de vue technique, thématique
et compositionnel. Sur un
fond qui prend les apparences d'un mur, Massimo Campigli peint des visages
délicats et des silhouettes mélancoliques féminins. Seules, en paire ou
en groupe, ses femmes portent la marque de la rêverie et de la nostalgie
que le vocabulaire pictural de l’artiste accentue par ses tons pastels
de blanc cassé, jaune, bleu pâle, rouge terre cuite. En même temps, le
travail sur l’ornement au niveau du fond donne un sens d’équilibre et
d’harmonie à ses tableaux (huile sur toile), touchés inévitablement
par le cubisme. L’exposition actuelle rend compte aussi de
l’attachement de Massimo Campigli à l’art du portrait et en
particulier, à la représentation en médaillon. Après la Deuxième
Guerre mondiale, le peintre italien s’installe en France, d’abord à
Paris, rue Delambre, et ensuite à Saint Tropez. Son œuvre subit un
changement en s’ouvrant à l’influence des arts primitifs. Des détails
ornementaux, provenant de l’art des aborigènes d’Australie,
envahissent alors la partie figurative de ses tableaux en la transformant
en un ensemble de figurines, d’idoles.
La
dernière exposition de Massimo Campigli en France date de 1971, l’année
de sa disparition. Depuis, l’oubli regagne petit à petit l’œuvre de
cet artiste, célèbre de son vivant. L’exposition organisée par Mona
Bismarck Fondation représente ainsi une découverte pour les amateurs
d’art de l’entre-deux guerres, tandis que les connaisseurs y
retrouveront sans doute des belles échantillons de l’œuvre du peintre
italien et contempleront les originaux de ses mosaïques, exposées pour
la première fois.
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