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Le but c'était que les gens devaient être engagés sur un sujet, un
mélange de professionnels, d'amateurs et de gens de Créteil. Cette
exposition est un débat de société. L'idée de fond c'était de faire
circuler les idées et de créer un lien social.
Pourquoi le choix de la ville de Créteil ?
Car c'est la ville où je vis. J'appartiens au Comité du quartier. Je
suis président aussi de la MJC village. Le travail s'effectue
toujours en partenariat, les gens se connaissent tous et pour créer
cet évènement, un réseau existait déjà.
Il y avait des pôles importants : l'Université de Paris XII, la
faculté de Médecine, de Droit, de Science Economique…
Au début, j'avais peur des réactions mais toutes les portes se sont
ouvertes.
Cette aventure a un côté très généreux. On a bénéficié de peu
d'aide, personne ne voulait financer ce projet. La municipalité a
apporté un fort appui sur le plan matériel. Le reste c'est fait avec
le bénévolat. Six stagiaires avec beaucoup d'entrain et de
détermination se sont énormément investis. L'affiche a été faite par
une amie photographe. Les gens se sont tous mis à travailler.
Comment s'est passé le choix des photographes ?
C'était des personnes dont j'aimais le travail. J'ai fait le tour
des photographes basés à Créteil et aux alentours. Le fil conducteur
était l'engagement.
Parler nous de votre travail photographique.
En 2003, c'était l'année à Créteil consacrée à l'Afrique Noire. On
m'avait demandé si je voulais y participer. Pendant plus de deux
ans, je suis entré en contact avec des familles originaires de
l'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Bénin, Cameroun, Congo) et une
famille Egyptienne. L'idée était de partager pendant plusieurs mois
avec eux, leur vie quotidienne, leur travail… J'ai essayé d'être le
plus présent à leurs côtés. En plus des photographies, il y a des
textes où je leur ai donné la possibilité d'écrire, de raconter leur
vie en France.
A l'origine c'était un travail sur l'intégration, puis c'est devenu
un travail sur la joie de vivre ensemble, au-delà de toutes les
difficultés.
Pouvoir construire quelque chose…Et être heureux de le faire.
Quelle est votre technique de travail ?
Je travaille toujours en noir et blanc et en argentique. Puis,
j'effectue un travail en laboratoire de tirage classique.
Au sujet de la photographie…
La photographie, je la pratique par plaisir. J'exprime des choses
qui me tiennent à cœur.
Avez-vous réalisé d'autres travaux photographiques ?
J'ai travaillé sur la mémoire de Créteil. J'ai rencontré des anciens
de la ville pour parler du Créteil du siècle dernier. Avant les
congés payés, les parisiens venaient dans le petit village de
Créteil. On venait à la campagne. J'ai retrouvé des Carriers, des
Maraîchers.
C'était un travail sur la mémoire photographique. J'ai interviewé
toutes ces personnes, et des cassettes, des publications ont été
réalisées.
J'ai beaucoup de projets. J'aimerais plus tard faire le Tour de
France à pied et photographier. Marcher de Paris à Saint-Jacques de
Compostelle…
Un projet sur l'apiculture m'intéresserait en photographie. Un
apiculteur de Créteil essaie d'installer un rucher dont ce serait
uniquement des jeunes qui s'en occuperaient. J'ai lu qu'un
professeur travaille dans la même optique, il tente de les aider
grâce à la danse, au tango. Ces sujets éducatifs me plairaient.
Quelques temps forts des Rencontres…
Des liens se tissent. Le sujet des SDF me tient particulièrement à
cœur. Le fait d'essayer de casser un petit peu le regard sur les
communautés asiatiques, africaines, les SDF…Voir différemment,
ouvrir la porte à autre chose, même si c'est infime…
Le travail d'Olivier Pasquiers est remarquable. Je voudrais
féliciter aussi Pedro Meca pour son association : les enfants de
la lune. Il est également à l'origine de la Moquette, qui est
un centre où les S.D.F viennent parler. Il y a également des
ateliers. De plus, il y a un échange de partage avec les A.D.F (Avec
Domicile Fixe).
C'est un engagement fort. Dans le dernier débat, il y aura la
présence de gens d'Emmaüs.
Le débat sur l'Ethnomédecine m'a également tenu à cœur.
L'Ethnomédecine c'est la médecine traditionnelle Africaine : les
Marabouts. A l'hôpital Saint-Antoine et à Thonon, des médecins du
service font appel à eux. Je trouve cela courageux de leur part.
Cette rencontre eut lieu à l'école de Médecine de Créteil, elle fut
animée. Je pense que les étudiants ont aimé. Un grand moment !
Mais il ne faut pas croire que les autres manifestations n'étaient
pas aussi importantes !
Une seconde rencontre photographique est-elle prévue ?
Si le bilan de la première est positif. Elle ne sera pas annuelle en
tout cas mais bi-annuelle. Espérons que les sponsors soient plus
présents ainsi que le financement.
La presse a-t-elle parlé de cet évènement ?
Dans le Monde 2, il y a eu un papier ainsi que dans Chasseur
d'image. On a essayé sur internet de mettre le maximum
d'informations. On a eu des partenariats avec le métro, 800
affiches, la RATP : 200 affichettes sur les autobus de Créteil et de
Saint-Maur.
Puis, les réseaux photographiques en ont parlé. Aussi, au Forum
argentique, il y avait des représentants de différents laboratoires
parisiens.
Anne Cartier-Bresson a accepté de participer (…). En tout ils
étaient quatorze, et nous ont fait de la publicité.
Ce fut un débat très optimiste sur l'avenir de la photographie.
Il y avait aussi l'idée que les adhérents de la l'atelier de
photographie de la MJC Village fassent leur exposition. Un travail
sur l'engagement de la ville de Créteil : le sport, l'urbanisme… Ces
neuf adhérents sont devenus un vrai collectif.
Ce n'était pas évident pour eux d'aller vers les gens. Des
photographes professionnels se sont joints à eux et les ont soutenus
et coachés.
C'était une belle exposition. Quatre-vingt personnes pour un
vernissage. Il y avait même la présence d'officiels : l'adjoint au
Maire …J'étais très content pour eux.
Après chaque vernissage on se retrouve tous ensemble dans les locaux
de la MJC Village, l'association SoniKara (Médiation, entraide
et accompagnement des femmes Africaines à la Maison de la
Solidarité)) est sollicitée, elle nous prépare un repas.
Oui, c'est vraiment une belle aventure !
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Propos recueillis par Juliette Couderc
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Exposition ," Africains, ici, là-bas " de Jean-Pierre Cardin
Jusqu'au 12 Mars 2006, Maison de la Solidarité, 1 rue
Albert-Doyen, 94 CRETEIL
«1ères Rencontres photographiques de
Créteil :
www.ville-creteil.fr/actu/actueven.htm
Maison de la Solidarité de la Ville
de Créteil :
maison.de.la.solidarite@wanadoo.fr
«Au sujet de la MJC Village de la
ville de Créteil :
57 avenue du général Leclerc - 94000 CRETEIL, les
appeler au 01 48 99 38 03
En savoir plus sur la Moquette :
la Moquette se trouve au 15 de la rue Gay Lussac, Paris
5ème
A ne pas louper ces derniers jours :
-l'exposition Serge, Denise, François… d'Olivier
Pasquiers, le Vendredi 10 Mars à 18h au Centre social
Kennedy, 36 Boulevard J.F KENNEDY, 94000 CRETEIL.
Suivie d'un débat : SDF : Vivre Ensemble.
-Le Marché de la photographie et de l'image, le 11 Mars.
- Et les expositions : En savoir plus sur le programme :
http://rphotocreteil.free.fr/
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