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Paradoxalement,
la lumière nous plonge dans les ténèbres. La lueur des visages
moribonds n’offre guère d’issue à l’obscurité menaçante. La nuit
devient l’alibi d’un voyeurisme tacite. Dissimulations,
perceptions, déformations.
Le
flou suggère l’instant d’avant et celui qui va suivre ; un flou
qui dynamise en même qu’il perturbe, l’ambivalence du flou figé, un
instant qui dure, un malaise qui s’éternise, et s’immobilise dans une
image qui appelle son contexte ; une image tirée d’une histoire
bloquée qui n’aurait ni commencement ni fin.
Ces
personnages sont comme des spectres qui flottent, des corps sans formes,
dont les visages fuient hors du champs, hors du cadre.
Et
le photographe ? Qui est-il ? Puisse-t-il être un homme parmi
ces entités ? Ou bien est-il un des leurs, un fantôme, une sorte
d’ « highlander » qui se fait connaître de ses
semblables pour mieux
capturer leurs images.
Là,
au point de rencontre entre intention et inattention le rideau se referme
sur un monde troublant mais fascinant.
Mickaël
Ackerman joue de cette confusion et nous laisse seul, face à des images
dans lesquelles s’émissent nos propres représentations. Devant ses
photos, nous sommes spectateurs de nos propres angoisses.
Lucie
Bruley |