« Ma
peinture est, dit-on, riche en couleurs.
C'est la, je crois sa principale originalité. Mes rêves et mes rêveries en sont la base et je serais très heureuse que vous tous
qui la verrez puissiez, ne serait-ce qu'un instant, vous évader du monde terne et quotidien pour entrevoir, deviner un autre meilleur
et beaucoup plus lumineux.»
Ainsi Michelle
MARCHAND nous présente sa peinture. Et force est de constater que le
foisonnement de couleurs, qui ne doit pourtant rien à une disposition
hasardeuse, constitue le premier appel visuel de cette œuvre. Sa
technique repose sur une distribution également réfléchie d'une mixité
d'acrylique et d'aérographe. Michelle MARCHAND construit ses toiles de
manière quasi-automatique. Cette méthode liée à une maîtrise certaine de ses brosses assure en
conséquence la meilleure connexion
possible entre son imaginaire et un résultat plastique probant.
Confrontés à cette peinture nous sommes donc réellement face à
certains segments de l'onirisme mental d'une artiste qui, manifestement,
se trouve dotée d'un capital parfaitement significatif en ce domaine.
La sémantique habituelle de désignation d'une œuvre devient donc désuète
car il ne s'agit pas d'une vague "invitation au voyage" mais
de photographies faites à la main de voyages intérieurs personnels.
Cette nuance assure l'entière probité de
cette artiste. Comme preuve supplémentaire à ces assertions, il
convient également de considérer la dominante de "lignes"
ressortant de ses compositions qui rappelle une certaine peinture
Japonaise traditionnelle. Celle-ci, pour l'œil occidental, ne suggère pas immédiatement la
perspective classique tant elle semble ne représenter que deux
dimensions. Mais il est évident que ceci ne contient rien de fortuit.
Il est question de passage perspectif vers d'autres dimensions et Michèle
Marchand nous fait effectivement le plaisir d'assumer avec grâce sa
fonction d'intermédiaire vers ces contrées merveilleuses.
Thibaud
Moinard |