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El Camino de San Diego, de Carlos Sorin

Revolutionary Road
(Les Noces Rebelles)

de Sam Mendes

Dramatique, USA, 2008, 2h05
avec Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Michael Shannon…

Dans l'Amérique des années 50, Frank et April Wheeler se considèrent comme des êtres à part, des gens spéciaux, différents des autres. Ils ont toujours voulu fonder leur existence sur des idéaux élevés. .

J

e me souviens d'une année de lycée, quand mon frère devait lire Madame Bovary pour son cours de français et que, n'avançant pas très rapidement (mais qui lit Madame Bovary rapidement ?), ma mère lui demandait pour vérifier : "Et elle fait quoi Madame Bovary, maintenant ?".
Et mon frère qui répondait, sans changer un mot toutes les nombreuses fois où on lui posa la question : "Elle regarde par la fenêtre et il pleut...".

Ce résumé de génie s'appliquerait bien au dernier film de Sam Mendès, le réalisateur britannique très inspiré depuis son coup d'éclat avec American Beauty, puis The Road to Perdition, Jarhead et cette année le puissant Revolutionary Road.

S'il ne pleut, il me semble, qu'au début du film, avant l'accalmie dans la relation du couple quand ils décident de partir à Paris, ils regardent de nombreuses fois par la fenêtre. Ils lancent des regards désespérés vers la maison voisine ; l'herbe y est peut-être plus belle ?
Non, c'est le même gazon vert, bien tondu. Et ils ne veulent que fuir.

Revolutionary Road est un peu comme une version longue du "segment Julianne Moore" du film The Hours d'un autre anglais, Stephen Daldry (le père de Billy Elliot), où une mère de famille des 50's était bouleversée par les mots de Virginia Woolf, au point d'envisager de se suicider comme elle.

Laura (Moore) et April (Winslet) sont des Bovary modernes.
Ne finissent-elles pas toutes trois par quitter leur famille, chacune à leur manière ? Haïssant ce qu'elles sont devenues, haïssant leur époux modèle, haïssant leurs enfants, ou ce qu'ils représentent.
April ne couche-t-elle pas avec son voisin dans une voiture, comme autrefois Madame Bovary dans la calèche ?
Changement des temps cependant : cette fois-ci, la caméra est dans la voiture.
Mais si elles sont "héroïnes" de la moitié du siècle dernier, elles évoquent bien entendu notre époque qui n'a pas vraiment changé. Les rêves comptent toujours autant dans la vie, et finissent souvent brisés comme ceux d'Emma ; une ancêtre, en somme.
.

Camille de Rouville

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