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Beyrouth,
capitale de la douleur |
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L'horreur, de
nouveau au Liban. Champ de bataille des puissances occidentales et du
Moyen-Orient. Un état fragile qui cherchait désespérément son équilibre
va maintenant basculer dans le moyen-âge... et peut-être dans la guerre
civile.
Les centaines de milliers de civils sont maintenant lancés sur les
routes et remontent vers le nord du pays comme ils peuvent, le désespoir
et la peur au ventre. Ils ont tout laissé derrière eux, leurs maisons,
leurs travail, leur projets d'avenir... leurs morts aussi.
« Cela va exercer les pressions
nécessaires sur le Hezbollah », a
affirmé le ministre de la sécurité intérieure israélien, Avi Dichter.
Ces déclarations sont d'autant plus irresponsables et intolérables
quelles montrent les dessous de la guerre sale mise en œuvre par l'armée
israélienne. Abjection sans nom qui, froidement, chosifie des
populations sans défense, les réduisant à un simple capital stratégique.
Ce à quoi nous assistons aujourd'hui est d'une barbarie sans nom ! Cette
invasion d'un pays non belliqueux se déroule avec l'accord tacite des
puissances occidentales qui, réunies en Russie pour le G8, ce 16 juillet
2006, n'ont dénoncé que du bout des lèvres la réaction disproportionnée
des Israéliens quand elles ne l'ont pas approuvée (les Etats-Unis et
l'Angleterre en tête). Pendant ce temps, de nombreux civils meurent tous
les jours et le blocus des Etats-Unis et de l'Europe contre le peuple
palestinien se durcit.
Le souvenir des massacres de Sabra et Chatila, hante de nouveau les
populations palestiniennes des camps de réfugiés au Liban lorsqu'elles
entendent les autorités israéliennes employer les termes de nettoyage
des frontières.
Mais au delà du Hezbollah, du Hamas, de la Syrie et de l'Iran, il y a
les réfugiés palestiniens -auxquels viennent se joindre aujourd'hui les
Libanais- qui, pour la plupart vivent au-dessous du seuil de pauvreté.
« Les camps de réfugiés [...] sont régulièrement présentés par la presse
nationale et internationale comme des zones de non-droit qui
abriteraient des criminels et des extrémistes islamistes,
déclare Khadda,
une réfugié du camp Aïn Héloué. Mais le camp, c'est nous : plus de
quarante-cinq mille personnes, attachées à leur identité et à leur
histoire : et non quelques incontrôlables, tout au plus deux cents, qui
sont aussi le produit d'une précarisation et d'une impasse politique
».
Ces centaines de milliers de personnes sont maintenant
virtuellement la proie de la machine de guerre israélienne. Et nous le
savons depuis les récentes déclarations du G8, les forces
internationales ne les protégeront pas et si elles le font, elles
attendront que l'armée israélienne ait fini sa besogne.
Les plans de conquête les plus osés de l'extrême droite israélienne sont
en train de prendre corps sous nos yeux et avec eux, la déstabilisation
de tout le Proche-Orient. C'est un rude coup porté par l'Occident
chrétien au monde musulman qui décidément, se voit réaffirmé dans son
rôle de "variable ajustable" sur l'échiquier international.
Le fossé se creuse entre nos cultures et les limites du non retour
s'approchent de nous à une vitesse inégalée jusqu'à présent. L'Europe et
ses alliés doivent s'attendre à de sanglantes représailles.
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