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L'action se déroule à la fin des années 60. Après 20 siècles mêlant anarchiquement christianisme et discipline, l'idéologie commune se ressent soudain d'un incroyable malaise, permettant à une autre d'éclore, celle de la liberté individuelle.
Trente ans après, la mode subit un extraordinaire retour de manivelle, si bien qu'au détriment du "laissé faire", une majorité s'élève pour réclamer le "laisser en prison".
Hier, les flics étaient mal vus. Aujourd'hui, on regrette de ne pas en voir davantage.
Hier, l'ordre et la sécurité étaient des thèmes tellement ringards, ascendant fasciste, qu'il était de mauvais ton de les évoquer. Aujourd'hui, même la gauche libertaire en vient à les louer, parfois même à vil prix.
Tout le problème est là. Notre démocratie, encore jeune et balbutiante au regard de l'Histoire, vacille d'un extrême à l'autre.
Nul ne peut nier que l'insécurité est un cancer, mais n'y a-t-il d'autre moyen, pour notre survie, que l'ablation de nos libertés ?
Les médias, face à cette interrogation, sont majoritairement exemplaires. Devançant l'analyse des enjeux et l'inéluctable apparition des écueils, ils savent, parfois à contre courant, nous prévenir du désastre que provoquerait un trop plein sécuritaire.
Pourtant, qui peut encore nier que la violence citadine, s'étendant maintenant au rural, ne saurait perdurer sans placer toute notre société sur une pente menant directement à nulle part ?
Pour les jeunes délinquants, la rhétorique du crime est aisée :
- Quand c'est pas vu, c'est pas vrai. Quand c'est vrai, c'est pas grave. Quand c'est grave, c'est pas moi. Quand c'est moi, c'est pas de ma faute.
Pour eux encore, le choix est simple :
- Si je ne me fais pas choper, je suis un vrai caïd. Si je me fais avoir, je suis un héros.
Si je ne me fais pas arrêter, j'ai tout gagné. Si je me fais coincer, je n'ai rien perdu.
D'où une interrogation récurrente, concernant les juges qui relâchent aussitôt ceux que la police a arrêtés, parfois à ses risques et surtout périls.
Dans un même temps, les fictions, films, téléfilms, séries, prouvent à longueur d'antenne que la violence ne mène à rien, que le bien finit toujours par l'emporter et qu'il est donc inutile d'espérer emporter le bien d'autrui sans avoir à en subir les terribles conséquences.
Vous avez dit terribles ? Oui ! Enfin, sur nos écrans.
Récemment, lors d'un débat, une victime s'emportait un peu naïvement, reprochant aux scénaristes de ne rien comprendre à rien et de mentir à leurs concitoyens en affirmant que tout allait au plus mal, dans le pire des mondes, pour qui ne respectait pas son prochain.
Cette histoire de prochain, loin de créer un précédent, a rapidement été enterrée. Du présentateur aux invités, chacun y allait d'un sourire vaguement perplexe, exprimant on ne peut mieux une certaine condescendance.
Ce témoin avait raison et tort à la fois. Bien sûr que les fictions mentent ! Mais qu'adviendrait-il si, elles aussi, nous offraient la vision - et donc la preuve pour les esprits faibles - d'une impunité régnante ? A n'en point douter, cela créerait de nouvelles vocations.
Finalement, nous vivons une période de cohabitation médiatique assez saine.
Les fictions font la morale aux délinquants, et les journalistes aux législateurs.
Et c'est ça la démocratie : l'équilibre des forces.
A n'en point douter, il reste mille raisons d'être confiants en l'avenir et en notre devenir.
Enfin… tant qu'on ne me volera pas mon scooter.
Jean-Marie
ROTH
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