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Wissam Hojeij (chant, guitare), Soft Panic, photo © P.Herrmann

Wissam Hojeij (chant, guitare), Soft Panic, photo © P.Herrmann

Guillaume Robin (claviers), Soft Panic, photo © P.Herrmann

 

  Arnaud Colinart (batterie), Soft Panic, photo © P.Herrmann Hovig Ter Minassian (basse), Soft Panic, photo © P.Herrmann

ENTRETIEN AVEC SOFT PANIC - Les membres du groupe : Arnaud Colinart, Wissam Hojeij, Guillaume Robin, Hovig Ter  Minassian

Depuis sa création en 2004, le groupe Soft Panic s'affirme remarquablement sur la scène parisienne rock-indépendante. Avec un premier album intitulé Safer in the Fridge, les quatre parisiens nous présentent une création musicale captivante, essentiellement influencée par l'étendard varié du pop-rock anglo-saxon. Parmi l'univers alternatif parisien, Soft Panic apparaît comme un groupe qui sait se faire entendre avec des mélodies à la fois feutrées et électriques. En vue d'une prochaine date très (très !) prometteuse à La Maroquinerie le 19 mars, l'année 2006 ne peut être que favorable aux membres du groupe. Pour cette occasion, ils offrent à @xé libre leur première interview en nous révélant l'origine du groupe, leurs convictions musicales et les prémices de leur création artistique.

 

Comment est né le groupe Soft Panic ?

Wissam : Le groupe est né en 2004. Arnaud, Guillaume et moi, on avait déjà collaboré sur d'autres projets et Hovig nous a rejoint en 2004. Arnaud et moi, on se connaissait de la fac, suite à ça, on commencé à répéter ensemble. Mais d'une manière générale, on peut dire que le groupe a vraiment démarré en 2004.

Qu'est ce qui vous rapprochait musicalement ?

Arnaud : On écoute tous des trucs très différents, donc on tire nos influences d'un peu partout. Après, on a réellement mûri le projet de Soft Panic après l'arrivée d'Hovig.

Hovig : Oui, je suis arrivé à un moment où le groupe avait envie de changer de cap. Et notamment d'aller vers une direction avec un projet plus abouti, plus mûr. Ca correspondait donc à un moment fort pour Soft Panic. Ils avaient d'abord décidé de changer le line-up et aussi la façon de travailler.

Quelle est l'origine du nom du groupe ?

Wissam : On se faisait des brainstormings par email. On avait cherché plusieurs possibilités avant, pour finalement rester sur le nom Soft Panic. La combinaison antinomique nous plaisait pas mal.

Arnaud : Surtout, le nom a été trouvé quand on a commencé à enregistrer le disque (le six-titres Safer in the Fridge) en mars 2005. C'était intéressant comme démarche, parce que finalement, le nom du groupe colle très bien à nos tempéraments.

Quelles sont vos influences musicales ?

Arnaud : On a énormément d'influences. C'est difficile de citer des noms de groupes. Mais on pourrait citer, les Smith, Radiohead. Ca dépend beaucoup d'où on se situe. Moi, par exemple, ce que j'aime beaucoup chez Radiohead, en l'occurrence parce que je suis à la batterie, c'est qu'ils ne vont jamais créer un truc complètement bateau. Ce que j'avais envie d'être en tant que musicien, c'est d'apporter une touche originale, même si la batterie n'est pas forcément l'instrument qui va être en premier plan. C'est pour ça que je me suis bien entendu avec Wissam ; parce qu'il nous laissait cette possibilité. Tu peux travailler avec des groupes, tu es batteur, au fond, tu tapes et c'est voilà, c'est tout.

Wissam : Il y a aussi un élément fondamental, c'est qu'on a été tous attiré par l'idée que dans une pop-song, on peut mettre beaucoup d'influences venant de tous les horizons. C'est à dire qu'on ne conçoit pas de limites dans les influences. Aujourd'hui, ce qu'on peut mettre dans une chanson est énorme. La palette de sons contemporains est très vaste. On peut travailler dessus tout en gardant un aspect mélodique et rythmique qui fait de ce qu'on fait du pop-rock. Et je crois que c'est ce qui guide fondamentalement notre travail.

Vous définissez votre musique comme du pop-rock ?

Wissam : Oui, rock-indépendant ou pop-rock.

Arnaud : Après des groupes ont commencé sous l'étiquette rock-indépendant, comme Placébo, et à partir du moment où ils ont vendus des millions disques, ils sont passé au rayon pop-rock. Quand on nous demande quel est notre style de musique, on répond rock, rock-indé, ou pop-rock.

Wissam : En revanche, ce qu'on peut dire c'est que notre travail est fondamentalement anglo-saxon. Dans notre album, In the Fridge, c'est une texture électro-rock. Ten is too much, c'est plus du rock-contemporain, mais plus classique.

Arnaud : Et puis on doit beaucoup à François Chevalier, notre producteur artistique pour le six-titres. C'est quelqu'un qui a amené notre musique vers des orientations où on voulait aller, mais où on n'osait pas forcément. C'est pour ça que nous sommes très fiers de notre collaboration avec lui.

Wissam : Et concernant notre démarche, on essaie à chaque fois de construire un univers. François y a contribué du point de vue du son et nous quatre du point de vue de la composition. J'écris toujours des paroles un peu barrées qui créent un univers, notamment sur la collaboration que j'ai eue avec Arnaud sur In the Fridge. A chaque fois, une chanson est un univers qui dure entre trois et cinq minutes.

Que vous pensez du paysage rock-indépendant en France ? Le rock-indépendant est-il essentiellement anglo-saxon ?

Hovig : Il y a du rock en France, mais le rock-indépendant, c'est vrai que ça reste une scène assez limitée. Il faut voir aussi que la tradition en France, c'est plutôt de la chanson française, de la musique à textes, avec une prédominance de la voix du chanteur et pas tellement des instruments ou de la rythmique.

Wissam : Le reste, c'est de l'accompagnement, tandis que la tradition anglo-saxonne, c'est un tout qui va englober une mélodie et des arrangements qui donnent toute la texture au morceau. Le texte va être plus ou moins intéressant, effectivement, après c'est à débattre… On dit que le texte est moins important dans la culture anglo-saxonne, sans doute qu'ils n'ont pas la même tradition poétique qu'en France.

Arnaud : Oui et sur Paris, tout un tas de groupes de rock font pas mal de choses intéressantes. Après, la grande difficulté reste de s'ouvrir sur tout le reste de la France. C'est un microcosme, un petit bouillon parisien. Un des enjeux pour les groupes de rock en particulier est de s'ouvrir sur la France entière, au-delà du Paris intra-muros.

Qui écrit les textes ?

Wissam : C'est moi pour la plupart et on a eu quelques collaborations avec Arnaud.

Arnaud : J'avais eu une idée précise, une phrase en anglais qui m'avait pas mal interpellé, alors je l'ai proposé. Après, on prend toute liberté de soumettre l'idée à Wissam. C'est lui qui chante, il faut qu'il ait le dernier accord dans la mesure où la voix est un instrument à part entière.

Comment vous définissez la ligne artistique de votre dernier album ?

Wissam: Je n'aime pas trop donner une ligne de lecture pour l'album. Les textes parlent d'eux même et il y a plusieurs niveaux d'interprétations. D'une manière générale, j'y mets mes angoisses, mes obsessions. Il y a des thèmes récurrents, mais ce n'est pas non plus redondant.

Arnaud : Et puis surtout c'est souvent assez personnel, il y a une part de pudeur et une part de secret, si on explique de quoi parle la chanson, ça casse un peu l'âme de la chanson. Les personnes qui ont lu les paroles et regarder la pochette, son graphisme, comprennent qu'il y a tout un univers.

Comment avez-vous procédez pour le choix des chansons dans l'album ?

Guillaume : Depuis l'enregistrement, il y avait certains morceaux pour lesquels on n'était pas assez à l'aise. Pour un morceau, on aime bien retravailler dessus, rajouter un petit truc. Il faut que le morceau arrive à maturité et même si c'est déjà composé, ce n'est jamais vraiment terminé. Pour le six-titres, des morceaux avaient été composés il y a plusieurs années. On avait voulu enregistrer des morceaux jamais enregistrés auparavant et surtout des morceaux mûris. L'objectif était de faire un six-titres qui nous permettrait de démarcher les maisons de disques et aussi, ça nous arrangeait financièrement. C'est le passage obligé aujourd'hui, avoir un support solide à proposer.

Quels sont vos prochains projets ?

Wissam : Aujourd'hui, l'idée c'est de faire un vrai format album parce qu'on a un certain nombre de chansons à révéler. On a été vraiment content du six titres, vraiment content. Et dans l'immédiat, c'est de jouer sur scène, continuer à faire des concerts dans différentes salles parisiennes.

 

Propos recueillis par Bérengère Decroux,
mars 2006

 

Le site officiel de Soft Panic : www.softpanic.com

L'album (six titres) : Safer in the Fridge

Dates de concerts :
- le 19 mars 2006 à La Maroquinerie, 23 rue Boyer, Paris 20e à l'occasion de la soirée " LOADED 6 " - entrée : 12 €
- le 18 avril 2006 au POP IN, 105, rue Amelot, Paris 11e

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