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Les X-SYNDICATE repartent au combat ! Leur passage à Aulnoye-Aymeries le 12 octobre 2002 fut l'occasion de voir si elles étaient à la hauteur de leur CD rageur dont un titre, FIGHT, fut happé par la Despentes pour Baise-Moi. Armé de cette référence, X-SYNDICATE ne pouvait absolument pas faire dans le gentil ou le peace and love. Si love il y a, on trouve aussi sex, drugs and… Trois jolies filles accompagnées ce soir là de deux mâles cachés au fond et s'occupant de charpenter les morceaux qui se succèdent à une cadence infernale, occupaient une vaste scène bien éclairée. Devenues les Minetos Desperados de Cromwell/Gratien (chez Glénat) dans un article sur leur dernier album*, elle pourraient se transformer en deux temps et trois tempos en Guérilleros du futur juste en troquant les grattes par des kalach, le micro par des grenades. Bob Denart du Rock and Roll aux courbes attrayantes, fer de lance d'une culture underground refusant la musique sans saveur et sans odeur, nos X-SYNDICATE sont au punk-métal ce que les GIRLSCHOOL sont au hard. et tous (tes) deux se sont fait aspiré(es) par MOTORHEAD drivé par LEMMY, un fin connaisseur.
Musicalement, c'est carré malgré les belles courbes du trio du premier plan. Deux guitares, une chanteuse, (plus un batteur (Alex) et un bassiste (X) de sexe masculin au fond) fondent de courts morceaux qui s'affranchissent très largement du 3 mn/3 accords habituels chez keupons. Le duo masculin ouvre avec facilité à nos Che Guevara féminines de larges boulevards où se coursent des bolides aux couleurs de BLACK SABBATH ou des STOOGES. D'ailleurs, la chanteuse, Pascale, a tout d'un IGGY féminin, voix apprivoisée ou caverneuse, mélodieuse ou trash, mimiques et postures mais jamais elle ne déchira son tee shirt ! Les refrains ravageurs sont maintenus fermement à bout de manche par des riffs collant au oreilles comme un Hollywood usagé (ça c'est pour faire punk) et surtout, imprègnent nos cases mémoires de refrains imparables, " Come on boys and giirls/Havin fun/Beer and drugs "…. A la guitare solo, Livia, donne avec ses envolées la touche féminine à ce maelström musical à fort taux de testostérones. Tout en finesse, ses arpèges viennent harmoniser et humaniser les roulements fous de la voix et de la basse/batterie tandis que la rythmique, Christine, et j'ai un faible pour cette Christine brune, conduisait tout ce monde à un train d'enfer noircissant l'asphalte de gomme (logique pour Christine) malgré son air presque angélique. Arrgh, je n'en pouvais plus surtout qu'au rappel elle s'empara vigoureusement du manche de son Epiphone au look seventies pour nous achever à coup de riffs que Tony Iommi n'aurait pas reniés…
Et c'est avec un tee shirt au look " université américaine " et un CD** sous le bras, des images plein les yeux et le boitier, du son débordant des oreilles que comme un Kérouac, je repris la route sous les riffs entêtants de Welcome to the Party. Qui sait ? Je les recroiserai peut-être dans ma quête d'énergie sur la highway du rock… J'espère ! Je veux être invité à la Party !
Frédéric Loridant
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