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PEEP SHOW
(première en France),
de Marie Brassard (Canada),
dans le cadre de Big Bang FFF

Maison des Arts de Créteil
Place Salvador Allende,

vendredi 24 et samedi 25 mars
à 19h30

Peepshow de Marie Brassard - photo : David Clermont-Béique

 


Micro de performer, un petit conte cruel revisite la nudité rouge du chaperon. Que de travers nous sont livrés dans la course poursuite de l' obscur désir entre monstres et innocences. La boite de pandore est ouverte, est-ce que l'héroïne Lulu sera tué par Mr Hyde ? Avec un titre aussi racoleur, on s'attendait à du conséquent et du substantiel, on en est presque déçu qu'il n'y ait rien d'illustratif. Déshabiller nourrit les distorsions fantasmatiques de l'autre corps. On s'attache à décrire et à deviner la poignante exaltation du sexe. Une jeune fille raconte le regard d'un pervers et la perversion d'un regard dans une journée d'ennui. La même jeune fille revient sur le lieu, et revoit un pouilleux pilier de comptoir, mais elle se laisse faire avec ce lot frustré et assoiffé d'une prise et d'un piège victimaire. La confession de la petite fille choisit la dénomination d'animal pour son papa au lieu de personne. L'ambiance est glauque, comme si on n'avait jamais assez de reluquer la chair vivace qui se vend et s'achète, mais ne se donne jamais assez, se retire toujours trop tôt. Le fusionnel est marqué du sceau séparateur et de l'asymétrie dévoyée.

Narration d'une actrice qui passe d'une voix grave d'homme à une voix enfantine ou à une voix de femme mature ou de jeune femme désabusée par la Chose, la performance de Marie Brassard rappelle le jeu des voix du marionnettiste qui change allègrement dans le détachement incarné et non simplement l'art du conteur. Alléché par l'odeur suave des corps, la neutralité avec touches d'accent canadien vibre dans l'accord caché des mots. A l'image du récit du photographe pornographe de la scène S-M de Los Angeles, avec la voisine qui lui rapporte son chien égaré, tout pourrait mal se tourner et ça arrive. Les attifements donne l'extase d'un acte refoulé, hagard, différé ou blessé dans la plaie de la transgression taboue. La vidéo s'enfonce dans la forêt onirique. La solitude couchée retrouve la nuit nourricière. Les quelques images sont larvaires. Le récit nous fait penser au génialissime livre Orlando de Virginia Woolf et par association à la mise en scène de Bob Wilson avec l'incontournable Isabelle Huppert (1996). Mais les moyens sont autres. La scène est bizarrement absente, l'espace est tellement feutré que le spectacle est bizarrement vacance.

 

Dimitri Jageneau
mars 2006

 

Festival international exit  - jusqu'au 2 avril 2006
Maison des Arts de Créteil - Place Salvador Allende
Téléphone : 01 45 13 19 19 - Fax : 01 43 99 48 08
Contact :contact@maccreteil.com

Notre article sur le Festival International EXIT

Notre compte rendu de la soirée du 25 mars

Notre article sur le spectacle Opening Night, mis en scène par Ivo van Hove

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