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Dans le paysage du théâtre
français, Jean-François Peyret peut être considéré comme un atypique
de la forme. Il nous propose dans ce spectacle de faire une
rencontre aléatoire : Sophie Kolaveskaïa, mathématicienne et poète,
femme hors norme qui a défié et défie toute attente convenue. |
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© Pascal Gely Agence Enguerand |
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Le Cas de Sophie K.
spectacle de Jean-François Peyret et Luc Steels,
Théâtre National de Chaillot, du 26 avril au 27 mai, à 20h30,
dimanche à 15h, relâche lundi et dimanche 7 mai.
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Dans le paysage du théâtre français, Jean-françois
Peyret peut être considéré comme un atypique de la forme. Il nous
propose dans ce spectacle de faire une rencontre aléatoire sous les
différentes scansions d'un texte porté par des voix. Aspect choral
ou plutôt successif de fractions, le didactique de la scène nous
invite à décloisonner la fameuse boite dramatique. La toupie est
signe, comme l'enfantillage de tramer les bouts d'une vie et pas
n'importe laquelle la vie de la première mathématicienne de
l'histoire.
Sophie Kovalevskaïa, ou Sophie K., contrecarre toutes les
perspectives attendues sur le sexisme de l'intelligence et même la
catégorisation des disciplines, puisqu'elle n'est pas contentée
d'être une chair universitaire à Stockholm, mais aussi une écrivain.
Cette femme visionnaire pour son époque a connu les plus grands
esprits, et notamment son fameux maître de mathématiques
Weierstrass, à une époque de 1870-90, où les mathématiques
traversaient la crise de ces fondements pour aboutir à la fameuse
théorie des ensembles. Non seulement, cette femme a travaillé les
intégrales du génial Abel, mais elle était aussi animée par le désir
de poésie. On comprend mieux l'intérêt du metteur en scène
iconoclaste du genre qui ne pouvait mieux rêver de meilleure
héroïne.
Caméra au centre sur des panneaux - écrans blancs, vidéaste,
pianiste qui s'amuse à se fondre dans le tissu sonore, comédiennes
en partition de langues russes, françaises et anglaises pour tinter
de ces flèches spéculatives, la neutralité du dispositif condense
cette rétention de la phrase. Récitatif plutôt que monologique, le
maquillage des comédiennes exhibe la bonne parole, mais l'héroïne
n'est que de passage dans les coupures désincarnées de chacune de
ces représentantes. Un narrateur traîne aussi par là à l'instigation
des temps projetés. Que dire que Peyret est un des rares metteurs en
scène qui réfléchit à chacune de ces créations à l'hybride technique
du montrer. La caméra n'est pas surexposée, ni les écrans et
moniteurs sur scène, laissant champ libre l'action des propos.
L'image s'accroche fixe sur le cadre géométrique. Ombrelle des
stances, le feuilleté du livre biographique reporte la séance à
l'effleurement d'un discours fugace.
Dimitri
Jageneau
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Jean-François Peyret est metteur en scène, auteur,
traducteur et universitaire (Sorbonne Nouvelle, Paris-III).
Connu pour avoir dirigé avec Jean Jourdheuil le Sapajou
Théâtre et ses mises en scène et ses traductions du
dramaturge allemand Heiner Müller. |
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